DESCRIPTION DES SOLS
Boue végétale et tourbe.
Les sols de boue végétale et de tourbe se composent surtout de matières organiques à différents degrés de décomposition et varient en profondeur de 1 à 20 pieds et plus. La boue végétale diffère de la tourbe en ce qu'elle contient une plus forte proportion de sol minéral et en ce que les matières organiques qui en composent une partie considérable sont plus décomposées. Ces sels occupent des aires marécageuses dont l'assèchement est insuffisant er qui demandent à être artificiellement assainies pour devenir utilisables. Les aires marécageuses sont généralement bien boisées, sauf dans leur parties centrales et plus profondes, qui forment des tourbières ordinairement privées d'arbres. Les matières dont se forme la tourbe contiennent comparativement peu de sol minéral et les matières organiques qui en font partie ne sont que partiellement décomposées. Il en est ainsi particulièrement dans de 1 à 3 pieds de la partie la plus externe, où les matériaux sont encore fibreux et ligneux. L'état de décomposition de la tourbe brute tient au rapprochement près de la surface des eaux d'infiltration. Le drainage, en abaissant le niveau des eaux, favorise l'oxydation atmosphérique et la décomposition, et tend à produire un sol vaseux. On à constaté que la tourbe disparaît en grande partie après le drainage dans les terrains couverts de 1 à 2 pieds de matériaux tourbeux, car la grande masse de la tourbe est fortement réduite par l'oxydation et peut être transformée en sous-sol. Près des bords des aires marécageuses, le sol est généralement d’un caractère vaseux et ne requiert que le drainage pour devenir productif. L'épaisseur moyenne de la tourbe et de la boue végétale de ces aires n'excède pas beaucoup 3 pieds et il est probable qu'une partie consid{r:ble en sera tôt ou tard desséchée et deviendra propre à la culture. Jusqu'ici on a tenté peu d'efforts pour utiliser les terrains marécageux. En certaines localités du district, cependant, on a observé de petites étendues de terres en culture et produisant de bonnes récoltes de fléole et de trèfle.
Le sous-sol de la boue végétale et de la tourbe est souvent une marne argileuse calcarifère et on rencontre aussi des sous-sols sablonneux. Là où ceux-ci se présentent et où la tourbe ou la boue végétale ont peu d'épaisseur, la surface est généralement recouverte de cèdres, de bouleaux et d'épinettes. Les parties plus profondes des marais sont, tantôt parcimonieusement semées de tamaracs ou d'épinettes, et tantôt privées d'arbres et recouvertes d'herbes et de mousses. La nature calcarifère d'une proportion du sous-sol tend à neutraliser l'acidité de la tourbe et de la boue végétale, mais là où la tourbe est épaisse, son acidité est souvent indiquée par la couleur café de l'eäü.
Dans les tentatives d'utilisation des sols de boue végétale et de tourbe là où les matières ont de l'épaisseur, il importe de tenir compte de l'effet d'un drainage trop radical. Les sols de composition largement organique ont une faible capillarité et ne sont productifs que si les eaux d'infiltration sont rapprochée. de la surface. Un drainage trop complet aurait aussi l'effet de créer le danger des incendies de forêt.
Il paraît aussi avéré que les sols de tourbe composés en forte proportion de matières organiques exigent l'addition d'au moins une petite quantité de sol minéral, pour devenir propres à la culture.
Sable de dune et sable de grève.
Les dépôts de sable de dune et de sable de grève d'origine récente n'occupent que de faibles étendues le long de barres et des îles, près de l'embouchure de la rivière à la Pluie et le long du rivage principal du lac, sur quelque distance au nord-est de cette embouchure. Ils constituent des sols sans valeur pour l'agriculture.
Marne d'argile limoneuse des alluvions fluviales.
Le sol superficiel consiste en une marne d'argile limoneuse passant du brun au noir, jusqu'à une profondeur de 6 à 8 pouces, et contient une proportion considérable de matières organiques. Le sous-sol est ordinairement de couleur un peu plus claire, mais il offre presque la même texture. Le sol se développe en bandes étroites sur les basses terrasses sujettes à l'inondation des cours d'eau et son drainage de surface est presque partout insuffisant.
Marne graveleuse-sableuse des anciennes grèves de lac.
Le sol superficiel consiste en une marne graveleuse sableuse passant du jaune au brun, jusqu’à de 6 à 10 pouces de profondeur, et repose sur un sable graveleux de couleu, jaunâtre. Il est généralement drainé à l'excès et faiblement productif, si la saison est sèche. Il occupe la surface de collines comparativement longues et étroites autrefois couvertes de pins. Aujourd'hui la végétation forestière se compose surtout de boulcaux et de trembles mêlés de pins blancs et de pins des rochers dispersement semés. Dans certaines localités, les sols de grève sont les premiers que l'on ait cultivés, car le terrain en était facilement défriché, et plus élevé et plus sec que les terres environnantes; mais après le défrichement et l'asséchement du territoire adjacent, on a constaté que les terres des collines étaient asséchées à l'excès, par suite de leur relief et de l'abaissement du niveau des eaux d'infiltratio:, par le drainage.
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Sable fin des dépôts lacustres.
La surface du sol consiste en un sable passant du gris brun pâle sur une profondeur de 6 à 8 pouces, à la partie supérieure duquel les matières organiques donnent, sur une épaisseur de un à 3 pouces, une teinte plus foncée. Le sous-sol consiste en un sable fin gris ou jaune passant à une marne finement sableuse et à une marne argileuse; on y trouve rarement des pierres ou cailloux. Le sous-sol de marne argileuse se rencontre le long des vallées de cours d’eau. Les aires que couvrent le sable lacustre fin sont bien boisées par une futaie de trembles et de peupliers baumiers, de sapins baumiers et de bouleaux, ainsi que d’une dense végétation de brouissailles, de vigne vierge, etc. Le pin blanc et le pin de Norvège existaient autrefois en abondance, mais ils ont été enlevés ou les incendies de forêt les ont détruits.
Sur les aires mal égouttées, les épinettes et les sapins se voient en plus grand nombre et les ‘‘essences mêlées'”’ dominent. Les aires de sable fin ont un faible relief et, par suite du rapprochement de la nappe aquifère près de la surface, elles ne sont pas asséchées à l'excès. Sur quelques-unes des aires médiocrement drainées, la surface est couverte de boue végétale, de tourbe ou de la litière de la forêt jusqu'à la profondeur de quelques pouces à un pied; ces matières disparaîtront en grande partie ou se mélangeront au sol, après le défrichement et le drainage du terrain.
Le tableau suivant indique la composition mécanique, par proportions, de la surface du sol du sable lacustre fin.
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Marne arsileuse et argile des dépôts lacustres. o
Le soi superficiel se compose d'une marne ou argile de couieur brune passant au noir, d'une profondeur de 6 à 8 pouces, couvrant des soussols généralement de même texture, mais de couleur plus claire. Les sols argileux plus compacts occupent des aires de peu d’étendue dans les dépôts des vallées de remplissage et forment par endroits un sol de “gumbo’” gluant, d'un travail difficile lorsqu'il est détrempé. Le sol de marne argileuse est d'une plus grande étendue, mais moins tenace et
d'un travail plus aisé, à cause de la plus grande proportion de sable qu'il contient. Il est très rare qu'on y rencontre des pierres ou des cailloux. Le sous-sol offre quelquefois de minces couches de gravier fin, qui favorisent l'écoulement des eaux d'infiltration. Les aires qu'occupent ces sols sont d’un très faible relief et le drainage, de ce fait et aussi par suite de la nature compacte du sous-sol, est ordinairement défectueux. Certaines localités se caractérisent par leur état marécageux et la surface en est souvent recouverte de quelques pouces de tourbe ou de boue végétale. Le peuplier et le baumier de Gilead, souvent de forte taille, sont les essences qui croissent le plus abondamment dans les aires de glaise argileuse et d'argile. L'épinette et le sapin croissent aussi dans les aires médiocrement drainées. Le long des cours d’eau où le drainage s'opère bien, on observe surtout le chêne et l’orme, de même qu’une dense végétation de brouissailles et de vignes qui souvent forment des massifs impénétrables.
Les sols de marne argileuse et d'argile ont été préparés et utilisés, sur une grande échelle, pour la culture, dans les aires situées le long des cours d’eau ou l'égouttement naturel est bien développé. Il se trouve encore des aires incultes de grande étendue, surtout là où l'égouttement de surface est médiocre. Ces aires sont généralement fortement boisées.
e tableau suivant montre les résultats, par proportions, de: analyses mécaniques du sol superficiel et du sous-sol du sol de marne argileuse lacustre.
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Marne graveleuse et marne argilo-graveleuse des dépôts glacio-lacustres (alluvionnaire.)
Le sol superficiel de ces dépôts consiste en une marne passant du brun grisâtre au noir, contenant partois des cailloux et galets, et mesurant en profondeur de 5 à 6 nouces. Le sous-sol consiste en une argile passant du jaune au gris bleuâtre, compacte et gluante, et contenant par places des galets et des concrétions partiellement désagrégées de calcaire dispersement disposés. Le caractère marneux du sol superficiel tient grande-
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ment à la présence à la surface d’un sable fin et d'un limon d'une épaisseur de 1 à 3 pouces, répandus ainsi qu'une mince couverture sur la surface par l’action de la vague, durant l'existence du grand lac qui a une fois embrassé la région. La marne argileuse, ou la phase compacte, ne s'offre que dans de petites aires et là où le relief est faiblement accusé. La surface des aires de la marne graveleuse ondule doucement et dans une grande mesure elle est naturellement drainée. Le sous-sol est souvent formé d'une argile lourde qui, à cause de sa nature presque imperméable, tend à empêcher le libre suintement de l'eau de la surface, et affecte ainsi les qualités utilisables du sol superñciel, lorsqu’eile est détrempée. De petites aires où l'égouttement de surface est médiocre montrent des sols formés d’un ‘“‘gumbo’gluant. Là où le drainage est bien établi, la compacité du sous-sol favorise la rétention de l'humidité, qui est très précieuse durant les saisons de sécheresse. La végétation est semblable à celle des aires qu'occupent les sols lacustres, si ce n'est que les arbres décidus, tels que le tremble, ou le peuplier, se montrent en plus grande abondance. Les aires qu'occupent les sols glacio-lacustres ont aussi été brûlées plus fréquemment, par suite de leur relief plus accusé et de leur caractère de plus grande sécheresse, et une forte proportion de la futaie n’a pas plus de 4 à 20 ans; le défrichement est ainsi rendu plus facile.
Quelques portions de ces sols sont en culture depuis quelque temps, mais es grandes aires sont encore vierges.
e tableau suivant montre le résultat, par porportions, des analyses
me iques du sol superficiel et du sous-sol du sol de la marne glaciolac re.
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Marne graveleuse finement sableuse du till calcarifère (alluvionnaire.)
Le sol superficiel de ce dépôt consiste en une marne finement sableuse d’un gris passant au brun et a de 5 à 6 pouces en profondeur. Le sommet, sur de un à trois pouces, est généralement rendu plus foncé par l'inclusion de matières organiques. Le sous-sol‘consiste en une marne ou une argile jaunes ou grises. On rencontre parfois du gravier et des pierres, à la fois dans le sol superficiel et le sous-sol; en plus grande abon-
dance généralement à la surface, mais rarement en quantité suffisante pour nuire à la culture. Le sol superficiel contient beaucoup de sable fin et de limon en un mince dépôt lacustre lavé par la vague, qui n'est que légèrement plastique ou gluant, lorsqu'il est détrempé, et qui s'effrite facilement une fois sec, produisant ainsi un sol d'un travail facile, peu susceptible de s'agglutiner ou de se former en mottes. La topographie ondule doucement en général et les aires, dans la plupart des cas, sont naturellement drainées. Le sous-sol profond est presque imperméable à l'eau, par suite de sa composition d'argile ferme; il s'ensuit que l'eau reste À la surface et que quelques-unes des portions les plus unies de la superficie demeurent dans un état marécageux. La surface de ces portions est généralement couverte de boue végétale et de tourbe, sur une épaisseur de plusieurs pouces.
Les aires de la marne finement sableuse ont été en grande proportion brflées à plusieurs reprises. Les derniers incendies de forêt d’un développement considérable ont eu lieu durant l'été d'exceptionnelle sécheresse de 1910. Des incendies de forêt désastreux ont aussi sévi en 1886 et 1896. Les vastes marécages du district ont cependant servi à les circonscrire, jusqu'à un certain point, mais, dans la plupart des cas, les aires pourvues d'un égouttement naturel portent les traces des effets du feu. On a signalé des aires fortement boisées en jeunes peupliers, de 4 ans seulement dans quelques cas, et de près de 20 ans à d’autres endroits, couvrant un terrain qui apparemment a été presque complètement dépouillé de toute végétation forestière, par des incendies destructeurs.
Le sol de la marne finement sableuse esi celui que l’on cultive le plus généralement, dans le district, et c'est un des sols les plus productifs. Il a donné quelques-unes des remarquables récoltes de blé que l'on a déjà mentionnées. Une faible partie seulement en est en culture cepsiiclant et les vastes aires du sol vierge, généralement boisées en arbres décidus, tels que le peuplier, le baumier de Gilead et le bouleau, sont encore incultes.
Le tableau suivant donne les résultats, par proportions, des analyses mécaniques du sol superficiel et du sous-sol de la marne finement sableuse du till calcarifère alluvionnaire.
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