‹ District de Saint-Joseph: Lettre du R. P. Mac-Guckin [i.e. McGuckin] à Mgr. D'herbomez: Richfield, Colombie Britannique, 13 décembre 1872Chapitre 1 sur 1 · District de Saint-Joseph: Lettre du R. P. Mac-Guckin [i.e. McGuckin] à Mgr. D'herbomez: Richfield, Colombie Britannique, 13 décembre 1872 · texte numérisé non relu

District de Saint-Joseph: Lettre du R. P. Mac-Guckin [i.e. McGuckin] à Mgr. D'herbomez: Richfield, Colombie Britannique, 13 décembre 1872

sera atteint : ealui de vous faire connaitre l'état actuel de ces trois tribus sauvages, qui forment la partie occidentale de la mission de Saint-Charles, et qui ont chacune leur langage propre.

Veuillez agréer, etc.

Ch. MaRgHAL, 0. M

LETTRE DU R. P. MAC-GUCKIN À M D’HERBOYEZ.

Richéeld, Colombie britannique, 13 décembre 1873. MONSEIGNEUR,

Qans ma dernière lettre, obligé de répondre à la hâte aux questions Les plus pressantes que Votre Grandeur m'avait fait l'honneur de m'adresser, je n'ai pu vous présenter le rapport que vous désiriez sur la mission de Saint-Joseph. C’est cette omission que je m'empresse de réparer aujourd’hui en vous fournissant certains détails qui vous permettront de vous former une idée exacla de l'état de çette mission.

Depuis le laç Anderson jusqu'à Quesnelle, y compris les Chilcotens, il y a environ 2 650 Indiens, à savoir, @nviron 4 000 de la tribu de Lillooet, 4 000 de la triby Shus- Wa; 900 Chicoltens, 150 Porteurs. Sur ce nombre totgl noys avons 600 personnes baplisées, et environ 200 mariées. Depuis l’élablissement de la mission, il est mort gaviron 300 personnes qui avaient reçu le baptême.

Les Indiens des tribus Lillocet, Shuswap et Porteur, ont tous reçu les premières notions de L doctrine chré- Henge ; mais, s'ils savent en général çe qui est absolymeut requis pour recevoir les sacrements de baptéma, da

pénitence et de mariage, ils sont loin de posséder le degré d'instruction qu'on est en droit de souhaiter, Leur conduite cependant est bonne et leurs dispositions ne laissent rien à désirer. Pour les Chilcotens, ils ont eu bien peu d’occasions de s’instruire, aussileur connaissince des mystères de notre religion est-elle bien bornée, d’autant plus qu'ils ont moins d'intelligence que les autres Indiens, et qu'il faut une patience et un temps infinis pour leur apprendre quelques questions de catéchisme. Leur conduile aussi laisse à désirer ; il y a parmi eux beaucoup de joueurs de profession : ceux-ci promettent de renoncer à leurs mauvaises habitudes ; mais y retombent facilement. 11 faut espérer que lorsqu'ils seront convenablement organisés, et auront, comme les autres tribus, des æwatchmen pour les surveiller ils se conduiront mieux. Je dois dire néanmoins que dès à présent il y en a qui soni fidèles à leurs promesses el montrent un zèle véritable pour les pratiques de notre sainte religion. Il y a encore environ trente familles de Chilcotens qui n’ont jamais été visitées : leur réputation est assez mauvaise, mais je ne doute pes que le bon exemple des autres ne finisse par les entrainer. Voilà en quelques mots, Monseigneur, l’état actuel des Indiens de cette mission. Maintenant permeltez-moi de dire un mot de nos besoins. Impossible d’exagérer l’importance de l'instruction religieuse, et la nécessité absolue de communiquer à nos néophites une connaissance plus parfaite de leurs devoirs de chrétiens. Déjà je remarque que leur première ferveur diminue : on ne trouve pluaches eux celte soif d'apprendre qu'ils ont montrée au commen cement. Mais le grand obstacle au développement de leur éducation, c'est que nous n'avons qu'une connaissance très-imparfaite de leurs langues ; jamais on ne réussira à les bien instruire au moyen d'interprètes, d'autant plus qu'ua bou interprète est chose bien rare. Le premier be-

soin de êette mission est donc d'appliquer les Pères trèssérieusement à l'étude des langues des Indiens dont ils sont chargés, et pour cela il faut leur en donner le temps et les moyens. Mais à la manière dont nous avons jusqu'ici étudié les langues, il m'est impossible de dire guand il y aura parmi nous quelqu'un capable de faire une instruction passable en langue indienne. Inutile de parler du bien que pourrait faire ici un Père possédant parfaitement la langue des Indiens dont il est chargé : ce Père ferait à lui seul pius de bien et aurait plus d'intluence sur les sauvages, qu’un nombre dix fois plus grand de Pères qui suivraient la méthode actuelle. Nous avons maintenant, je présume, environ trois cents enfants buptisés et assez âgés pour faire leur première communion ; mais cominent les instruire ? comment les interroger, comment les exhorter au tribunal de la pénitence ? et si on les laisse grandir sans se confesser, que deviendront-ils plus tard ?

Le second besoin que je me permettrai de signaler à Votre Grandeur, c’est le besoin d’uniformité dans le caléchisne et la prière. J’ai déjà écrit sur ce sujet et j'attends la réponse pour savoir ce que j'ai à faire. Il y a deux ans on nous donna les cinq premiers chapitres du catéchisme, et on s’est arrêté là, Quelques-uns des Pères croient pouvoir prendre sous leur responsabilité de composer des catéchismes à leur usage ; mais ceci conduira nécessairement à la confusion et à bien des désagréments plus tard. Je prie donc Votre Grandeur de me faire savoir au plus Lôt ce que j'ai à faire dans cet état de choses. Si le gouvernement canadien nous aide à établir des écoles professionnelles pour les garçons et les filles des tribus indiennes, je ne doute pas que Saint-Joseph ne soit jugé un centre convenable pour réaliser ce projet; mais dans ce cas je suis d’avis qu'il faudrait commencer par l’école

des filles, car les jeunes garçons lroutent facilement à +'occuper d'une maaière lucrative dans ces parages et ne consentiraient que difficilement à rester à l'école. Peutêtre le feront-ils plus volontiers quand le succès des filles Jeur aura démontré l’avantage pratique de ce genre d'instruction.

La population blanche, quoique peu nombreuse, mérite cependant d'occuper une place dans ce court rapport. Le nombre de nos catholiques daus le voisinage de William Creek a diminué depuis quelques mois, et rien ne fait supposer qu'il soit sur le point de reprendre quelque importance. Au contraire à Lightning Creek, si les miues réussissent, comme la chose est probable, il y aura l’été prochain une population nombreuse, et nous pouvons nous trouver dans la nécessité d'y établir un poste. Quoi qu’il en soit, je suis persuadé que le Caribou ne me demandera pas l'été prochain autant de temps que les années précédentes. Pour ce qui est des catholiques du district de Saint-Joseph, quoique plusieurs d'entre eux soient incorrigibles, je crois néanmoins que nous devons faire pour eux quelque chose de plus que par le passé. Ils se plaignent souvent d’être négligés et je dois avouer que leur plainte n’est pas totalement dénuée de fondement. ll me semble que lorsqu'un Père fait la visile des sauvages, il devrait se faire un devoir de visiter aussi les blancs du voisinage, et tâcher, autant que possible, de les réunir soit dans une maison particulière, aoit dans une chapelle indienne, pour leur donner une instruction conforme à leurs besoins ; car plusieurs parmi eux sont aussi ignorants en fait de religion que les Indiens euxmêmes. Je crois même que dans certaines localités, comme à Lillooet par exemple, le Missionnaire devrait consacrer quelques jours aux blancs exclusivement. Je” voudrais que Votre Grandeur voulût bien s'exprimer net-

tement sur ce point, car jai lieu de craindre que jusqu'ici vos intentions à cet égard n'aient pas été bien suivies. En témoignant an peu plus d'intérêt pour les blancs, le Missionnaire ne peut manquer d'exercer sar eux une influence utile pour notre sainte religion, et même de ramener dans le giron de l'Eglise plusieurs de nos frères érrants. C’est maintenant, au moment où ce pays commence à se peupler, que nous devons nous efforcer de nous ÿ établir solidement, comme nous en avons le devoir et comme nous en avons la possibilité, si nous savons profiter de nos avantages.

Comme il est à peu près certain que le chemin de fer passera par le district de Saint-Joseph, il est bon de ne pas oublier que les nombreux ouvriers occupés sur cette ligne, entre les côtes de l'Océan et les montagnes Rocheuses, exigeront de nos Missionvnaires un travail eonsidérable, .! . , . . . . . .

Veuillez agréer, Monseigneur, etc.

Mac-GuCKIN, O0. M. I.

DISTRICT DE L'IMMACULÉE CONCEPTION { Lac Okanagan. )

STATISTIQUE ENVOTÉE À M’ D'HEGBOMEZ PAR LE R. P. BAUDRE,

On comte environ 1600 sauvages et uné centaine de bianes dans la Mission du lac Okanagan, placée sous lé wotable dé l'Tisimaëulée Concéption.

” Parmi lés Hadvages, le nombre des chrétiens est de 4 300 ; celui des infidèles de 300,

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