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VINGT-SEPTIÈME LETTRE

Quatre heures.

Lo médecin est un bon et excellent liomnle ; il d compris que dans certaines situations mystérieuses de la vie, l'existence d'une colombe était aussi précieuse que l'existence d'un roi. Il a compris cela en voyant mou désespoir ; il a compris cela en voyant la lettre ensanglantée.

La blessure n'est rien par elle-même ; dans trois jours elle eût été guérie, s'il lui eût coupé l'aile.

Mais je m'y suis opposée ; je suis tombée à genoux devant lui, et je lui ai dit :

— Cette aile que vous voulez abattre, ma vie y est attachée. Il faut qu'elle vole ! il faut qu'elle vole !

— Ceci, m'a-t-il dit, c'est plus dillicile, et je ne saurais en répondre ; mais du moins je ferai tout pour cela. En tout cas, ce ne serait que dans quinze jours ou trois semaine qu'elle volerait.

— Soit, dans quinze jours ou trois semaines ; mais qu'elle vole ! quelle vole 1

Vous comprenez bien, mon ami, tout mon espoir est là.

On lui a attaché l'aile contre le corps; il scrahlo qu'elle comprenne cela, pauwo petite ; elle ne fait aucun mouvement ; seulement, elle me regarde.

J'ai mis à portée de son bec et l'^au et le grain. D'ailleurs, elle a ma main où prendre sa nourriture.

Que taire, en attendant, pour que vous sachiez ce qui est arrivé ? quel messager vous envoyer qui vous trouve ? vers quel point du ciel me tourner, pour taire, comme le laufragé perdu au milieu de l'océan, mon signal de détresse?

Pourquoi n'est-ce pas un de mes bras qui a été brisé, au lieu d'une do ses ailes?

VINGT-HUITIÈME LETTllE.

Oui, tu avais raison, mon bien-aimé ; je le sens, si je n'eusse obtenu la rupture de mes vœux, il y aurait toujours f u un remords au fond de notre bonheur, ou plutôt il u'y aurait pas eu de bonheur, puisque ce bonheur. Dieu ne l'eût pas sanctionné ! Quand je le dis;iis : « Je suis libre, nous fuirons ensemble, nous serons heureux », je m'étourdissais moi-même; je voulais oubi er ; mais, au fond de mon âme, une voix se lamentait, qui, si forte que fût celle do mon amour, la faisait taire parfois.

Aujourd'hui, je suis bien malheureuse, puisque je ne sais comment te retrouver, le revoir; mais ma conscience l'st tranquille ; mais quand je dis, quand je répèle : « Je t'aime, mon fiancé »,. je ne sens plus au cœur cette douleur aiguë que j'y ressentais, môme au moment où je te disais : « Sois tranquille, mou bien-aimé, nous serons heureux. »

J'ai veillé notre pauvre colombe comme j'aurais veillé nue sœur malade. Elle souffre beaucoup, et de temps en temps ferme les yeux de douleur. Je laisse tomber goutte à goutte de l'eau glacée sur son aile, et cela semble lui l'aire du bien. Elle me caresse avec son bec rose comme pour me remercier. Pauvre colombe I elle ne se doute pas de ce qu'il y a d'égoisme dans les soins que je lui donne !

Mais toi, loi, que dois-tu penser, mon Dieul

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