A D H É II A R
Depuis trois mois!...
DES PRUNELLES
Ah ! j'ignorais... Une tante si éloignée!
Il f.iitçigne à Joseph et aux garrons de se retirer. ADHÉMAR, ouvrant son ii;;ra;>Uii.' et le mettant à scclier à gauch'.
Une lieue, aller et relour!... Et pas de voiture!... ni de Cyprienne ! . . . Je suis retourné chez vous, ventre à terre, pour voir si elle n'était pas rentrée!... Et je n'ai trouvé que votre Josépha et votre Bastien qui mangeaient votre dîner et qui sifflaient votre Pomard !... Il va bien, votre Pomard!... Quand ils m'ont vu, ces gredins-là, ils se sont roulés; la caméris te surtout:du délire!... «Madame?... Ah! bien, si vous courez après Madame, vous êtes encore un joli jobard ! »
Oh!
ADHÉMAR
« Jobard ! » Une lueur, ce mot. Je m'élance au Grand Vatel. J'interroge la femme en bas, au pied de l'escalier, celle qui ouvre les huîtres. Elle me connaît bien ! « Vous avez vu entrer M. Des Prunelles?» «Oui, Monsieur.» « Avec une dame? » « Oui. » « Dépeignez-la. » « Petite,
grassouillette, une caille! » (Poussant un en sauvage.) Ah ! (Mouvemnt de Des Prunelles,) « Jobard » s'cxpliquC ! Je SUiS jOUé !
Vous soupez ici ! Elle et vous ! C'est déloyal, vous me l'avez cédée; vous marchez sur nos conventions!...
DES PRUNELLES, bredouillant un peu et légèrement gris.
Mon cher successeur... réfléchissez donc!... Si elle était là!...
ADHÉMAR
Derrière le paravent !
Petit rire do Cyprleane.
DES PRUNELLES
Mais elle serait déjà dans vos bras !
AD II ÉM AU
Oh! Est-ce qu'on sait jamais?. .. Les femmes sont si fantaisistes!... Elle trouf^e peut-être drôle à présont de rae tromper avec vous.
CYPRIENNE, poussant un petit cri involonluiro de proteslalion.
Oh!...
ADHÉMAR
Ce cri!... C'est elle !
U s'élance vers le paravent.
DES PRUNELLES, le rattrapant par le bas de son paletot et le faisant pirouetter.
Pardon, une dame de mes amies...
ADHÉMAR
Montroz-la. . .
DES PRUNELLES
Ça ne se fait pas.
Qu'elle parle