ACTE TROISIÈME 1G
CYPRIENNE
Oui... hein! crois-tu?
DES PRUNELLES, s' asseyant près celle sur le canapé.
Hein, crcis-tu?... Et qu'il fût le mari et moi l'amar^t!
CYPRIENNE
Oui. — Oh! là là!
ENSEMBLE, avec un geste énergique.
Oh!...
DES PRUNELLES, lui prenant la tail'.e.
Avec un élan mutuel l'un vers l'autre!
CYPRIENNE, lui serrant le bras.
N"est-ce pas ?
DES PRUNELLES, l'abandonnant.
Au lieu de la lassilude qui nous sépare !
CYPRIENNE
Lassitude !.. Tu ne peux pas être fatigué tant que ça pour avoir fait tes viii3t-six jours!
DES PRUNELLES
Je ne parle que de toi !
CYPRIENNE
Moi, je ne suis lasse que d'Adhémar !
Elle passe à gauche du canapé et va s'asscoirau piano, chantont et jouant:
C'n'étiilt pas la peine assurément De cliopr'er de Gouvernement.
DES PRUNELLES, à genoux sur la partie droite du csnapé.
Prends garde. 11 est peut-être à côté qui prend son bouillon !
CYPRIENNE
Avec son parapluie! (Éclatant de rire.) Ah! ah! ah! — Ah ! mon cœur !
Elle tombe hs deux coudjs sur le piano. DES PRUNELLES, assis sur le ranapé.
Qu"est-ce qui te fait rire?
CYPRIENNE, sans le regarder.
Rien, une idée, une folie !.. oa ne peut pas se dire !
Elle joue un air do valse très tendre. DES PRUNELLES, après deux ou trois mesures de Tair, Bans la regarder.
Et puis ce ne serait pas honnête !
CYPRIENNE jouant toujours.
Ce ne serait pas honnête!
DES PRUNELLES
Car enfin, à présent, tu n'es plus à moi!
CYPRIENT^E, alléchée pnr ridée et jouant toujours.
C'est vrai !..
DES PRUNELLES
Ça nous est interdit!..
CYPRIENNE, ne jouant plus que d'une isalo.
Interdit ?
DES PRUNELLES
C'est défendu 1
Défendu ?