‹ Divorçons. comédie en trois actesChapitre 25 sur 117 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

A D II É M A R

Et le bourn^au tire dans le tas, — pif, paf! Allez donc!.. Mais c'est sauvage !.. Ce u'eA plus de notre temps!.. Et pourquoi ce massacre ? — Parce qu'il n'a pas d'autre moyen de se débarrasser de la femme et de l'amant. — Qu'on lui donne le divorce ! . . .

CLAVIGNAC.

Et vous n'avez plus rien à craindre!

Voilà !.. je n'ai plus... (se reprenant.) 11 n'a plus rien!..

Et le mari n"a plus qu'à vous camper sa femme dans les bras pour être vengé ! . . .

ADHÉMAR

Voilà 1. . . Cesl-à-dire ! . . .

CLAVIGNAC.

Sil si! C'est bien ça!

DES PRUNELLES, à part.

Quel idiot!

Adhémar remonle entre le fauteuil de madame de Valfontaine et la table. CYPRIENNE, allant à Clavignac.

Vengé? Pardon, vous dites vengé!... Et vengé de quoi s"il vous plaît ?

DES PRUNELLES, se levant et s'adressant à Cypri nne par-dessus la tête de Clavignac assis.

Mais du crime. Madame, du crime que cette femme a commis!

CÏPRIENNE.

Le crime?

DES PRUNELLESo

La faute, si ce mot vous suffit 1

CYPRIENNE

La faute ! Mais avec le divorce, Monsieur, il n'y a plus de faute, puisqu'il permet de la réparer.

CLAVIGNAC, gêné entre eux doux, se levant et Be dérobant.

Ça, c'est un aspect de la question!..

U replace fa chaise doucement à sa place. DES PRUNELLES, à Cj-prlenne qui descnd, descendant aussi.

Et l'honneur du mari. Madame?

Même jeu.

CYPRIENNE, à Des Pru;. elles, par-dessas la t'te de madame de Brionne.

Eh ! Monsieur, le divorce le lui rend, son honneur, intact et remis à neuf! — De quoi se plaint-il?

ADHÉMAR, appuyant.

Parbleu !

Mmlaiiie de Brionno s'est levée discrètement et est allée rejoindre Clavignao au fond à droite.

CYPRIENNE, prenant le mili j de la scène.

Ah! certes, je comprends qu'une honnête femme, rivée au mariage perpétuel, comprime les élans de son cœur, qu'elle dompte sa passion!... qu'elle dise à celui qu'elle aime : (a radresse d'Adiiémar.) Non ! je ne faillirai pas ! Car, si nous étions découverts, ce serait le scandale, le déshonneur, / la mort peut-être... Mais avec le divorce... (Gaiement.) Eh! bien, quoi, Monsieur, je vous ai trompé. Divorçons, voilà tout, et ncn parlons plus. Ce n'est donc pas loyal, ça?.. Ce n'est pas

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