ACTE IRlMIER
B ASTI EN, remontant la scène.
Cette idée aussi de faire servir le café dans ce petit salon, au lieu de le prendre à table, pour simplifier le service. est-ce qu'ils ont encore fourré leurs tasses ?
JOSEPH A, s'asscyanl sur le pouf et parcourant un lïTre du paquet.
Celle de Madame, sur la cheminée à droite, et celle de Monsieur, à gauche, sur la petite table.
B ASTI EN, allant à la petite table qui se trouye devant la fenêtre.
Je vois... Pas commode pour trinquer.
Il se verse un petit verre de liqueur.
JOSÉPHA, même jeu.
Si Monsieur vous pinçait, vous, à boire son kûmmel !...
BASTIEN, montrant la porte du fond.
Il n'y a pas de danger I II est là, chez lui, à faire ronfler son tour et à fabriquer des billes de billard et des ronds de serviette... Je vous demande un peu. Un des plus riches propriétaires de Reims 1 (Buvant et allant à josépha.) C'est vous qui allez vous faire pincer, à fourrer votre nez dans les livres de Madame ! *
JOSÉPHA
Bah I elle est chez elle, comme lui chez lui !
BASTIEN
Elle ronfle aussi ?
JOSÉPHA
Cestbien possible. Elle s'ennuie assez pour ça.
io«*pha, Bastien.
BASTIEN
Je le crois, avec un mari pareil, toujours à tripoter ses serrures, ses pendules, ses sonnettes. . . Un joli ménage !
Il Ta poser son Terre sur la petite table.
JOSEPH A, même jeu.
Tous conmie ça I
B ASTI EN, redescendant près d'elle.
Josépha, pas le nôtre !... Si vous vouliez de moi pour époux !... Tout le temps à trinquer, nous autres, jamais à ronfler I *
JOSÉPHA
Ouif pendant six mois, et encore I
BASTIEN
Un an, Josépha. Garanti un an !
JOSÉPHA, se tournant vers liii.
Et après ?
BASTIEN
Après ?
JOSÉPHA
Oui.
BASTIEN, descendant en seèna.
Ah! bien, ma foi, après?...
JOSÉPHA, se levant.
Cestça... Voilà le vice du mariage. C'est trop long, toutes ces machines-là. On devrait se marier pour un an,
* Bastien, Josépha.