MANDATS SPECIAUX, DEPENSES SPECIALES
Dans l'oppositien, les libéraux n'avaient pas de termes assez indignés pour dénoncer ce qu'ils appelaient les iA mandats spéciaux. " Or, pour leurs débuts (Voir procèsverbaux 1888 pp. 221-2) ils dépensaient par mandats spéciaux $180,000.
Le trésorier libéral avait trouvé le truc des " Dépenses spéciales" dont nous avons déjà parlé.
Il mettait dans cet article de sa comptabilité tout ce qui le gênait pour confectionner un budget acceptable, pour mettre les deux bouts ensembles. Aussi, de son temps, plus les gaspillages et les extravagances prenaient de l'ampleur et de l'entrain, plus le fameux chapitre des dépenses spéciales s'arrondissait. Voici un tabîeau de leur progression dans cet heureux temps de '* pigequi-veut."
1888, dépenses ordinaires $3,365,032.36
1888, dépenses spéciales 637,767.76
1889, dépenses ordinaires $3,543,618.64
1889, dépenses spéciales 397,638.40
$3,941,257.04 En 1890, nous trouvons :
Dépenses ordinaires .' $3,881,672.95
spéciales 818,583.51
$4,700,256.46 En 1891, nous trouvons :
Dépenses ordinaires $4.095.520.45
Dépenses spéciales 820,254.15
$4,915,774.60 Dans ces dépenses spéciales, nos rouges mettaient des items de dépenses absolument ordinaires, de sorte que l'addition de leurs dépenses ordinaires n'avait jamais rien que de très acceptable. C'était un grossier trompel'œil qui ne remettait pas dans la cause l'argent qui en était sorti.
Pour arriver à des résultats encore plus imposants et séduisants, ces singuliers financiers faisaient entrer dans les colonnes des recettes ordinaires des sommes provenant de sources occasionnelles, non prévues et très irrégulières, imitant en cela le marchand qui ferait compter parmi ses recettes au comptoir le $10 ou le $100 qu'il aurait gagné dans une loterie.
Y-a-t-il beaucoup d'hommes d'affaires libéraux qui engageraient les services d'un teneur de livres dont les méthodes seraient celles des trésoriers de leur parti !