AVERTISSEMENT
officielles des gouverneurs et des ministres anglais, nous livre bien des secrets qui jusqu’à présent étaient restés ignorés, et donne à son récit un intérêt qu’il est facile de comprendre. Gérin-Lajoie termine son histoire au moment où le ministère Lafontaine-Baldwin, connu depuis sous le nom de grand ministère, était à son apogée.
Appuyé sur les deux-tiers de la représentation nationale, il était en mesure de continuer les grandes réformes qu’il avait commencées. Il avait rétabli le crédit des deux provinces, consolidé la paix intérieure et imprimé un essort immense aux entreprises publiques.
Toute l’attention, toutes les énergies étaient tournées du côté du commerce, de l’industrie, de l’agriculture, de la colonisation.
Une ère nouvelle était ouverte pour le Canada. Gérin-Lajoie l’annonce avant de dire adieu à ses lecteurs. Si, dit-il, la gloire en revient avant tout aux hommes d’état de notre pays, une large part en est due aussi aux hommes d’état de l’Angleterre qui l’ont préparée.
Il faut lire le discours de Lord John Russell, et celui de Cobden, dont il cite des extraits :
“ Faisons tout ce qui est en nous, s’écriait Lord John Russell en terminant son discours devant la Chambre des Communes, pour rendre nos colonies aptes à se gouverner elles-mêmes. Donnons leur, autant que possible, la faculté de diriger leurs propres affaires. Qu’elles croissent en nombre et en bien-être, et, quelque chose qui arrive, nous, citoyens de ce grand empire, nous aurons la consolation de dire que nous avons contribué au bonheur du monde. ”
“ Il est impossible, ajoute Gérin-Lajoie avec le grand économiste français, Frédéric Bastiat, d’annoncer de plus grandes choses avec plus de simplicité. ”
C’est l’éternel honneur de l’Angleterre d’avoir enseigné la vraie liberté au monde, et d’être devenue le premier peuple civilisateur du globe.
L’abbé H. -R. Casgrain.
Québec, 15 juillet 1888.