‹ Dix ans au Canada de 1840 à 1850; histoire de l'établissement du gouvernement responsableChapitre 37 sur 45 · CHAPITRE VITSTG^T-TROISIii^ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VITSTG^T-TROISIii^ME

Suite de l'agitation au sujet du bill d'indemnité. — Opinion du Times de Londres. — Voyage de lord Elgiu dans le Haut-Canada. — Il est nommé baron. — Mouvement annexionniste à Montréal et ailleurs. — Pétition à la Reine ; comment elle est reçue. — Ce qu'on en pense aux Etats- Unis. — Changements dans le ministère canadien. — Revue de l'année 1849. — Session de 1850. -- Dépêche de lord Russell au sujet du gouvernement responsable.

Nous avons déjà dit que sir Allan MacNab avait porté à Londres un certain nombre de pétitions demandant le rappel de lord Elgin, la dissolution du parlement provincial et le désaveu par Sa Majesté de l'acte d'indemnité. Le 13 juin, il lui fut répondu, par ordre du ministre colonial, qu'il était impossible d'accéder à la prière des pétitionnaires, parce que les représentants du peuple canadien, en passant cet acte, n'avaient jamais entendu " encourager la rébellion, ni indemniser les personnes coupables du crime odieux de trahison.... Cette déclaration officielle, ajoutait le ministre, devra faire disparaître le blâme et calmer Tindignation auxquels, par suite d'une fausse interprétation de son caractère et de ses objets, cette mesure a donné lieu...." Puis il invite les pétitionnaires " à seconder les efforts du gouvernement de Sa Majesté

pour maintenir la paix publique et l'autorité de la loi, et pour calmer Tagitatiou existante, qui fait tant dé* préjudice au commerce, au crédit public et à tous les intérêts les plus importants du Canada. "

Cette réponse fut loin de satisfaire tous les pétitionnaires. Les plus violents, ceux qui avaient pour organe le Montréal Gazette et le Courier, parurent plus furieux que jamais. " Maintenant, s'écria ce dernier journal, le cri de ralliemsnt de notre peuple anglais (our british people) doit être I'Indépendance Canadienne, obtenue paisiblement et garantie par la métropole. Un gouverneur électif; un Conseil législatif électif; réduction des salaires ; diminution générale des dépenses ; liberté et égalité parfaites en matière de religion; sécularisation de tous les établissements d'éducation qui reçoivent quelque subvention du trésor public ou tirent quelque partie de leur subsistance de biens donnés autrefois par la Couronne de France ou par celle d'Angleterre ; abolition de toutes les corporations religieuses ; destruction de la tenure féodale ; abolition des dîmes forcées, etc.,etc....Tous reconnaissent que le système ne peut fonctionner et que ce qu'il reste à faire c'est d'en concerter un meilleur ; l'ayant concerté, il faudra l'obtenir, paisiblement si nous le pouvons, forcément s'il le faut "

Au commencement d'août, le même journal, parlant d'un projet d'excursion de lord Elgin dans le Haut-Canada, s'exprimait ainsi : " Nous pensons qu'il ne serait pas prudent pour Sa Seigneurie de tenter une telle expédition. Nous ne faisons aucunement cas de son salut, c'est une affaire de peu de conséquence ; mais nous aimons le salut du pays et nous savons que, si lord Elgin va dans le -Haut-Canada, et que la faction radicale semble faire quelque •démonstration en son honneur ou fasse un seul acte qui soit regardé comme un triomphe pour les ministres qui ont passé l'acte payant les rebelles, cette démonstration sera le signal de la convulsion la plus terrible que cette province ait jamais éprouvée. Nous savons qu'on a déjà fait des préparatifs dans plusieurs villes du Haut-

Canada, et nous connaissons l'esprit de notre parti trop bien pour ne pas être certain qu'il exécutera ses promesses à la lettre...."

En dépit des menaces proférées par la presse torye de Montréal, lord Elgin fit, dans le mois de septembre, une promenade dans le Haut-Canada. Il fut reçu avec respect par la grande majorité de la population. Comme on devait s'y attendre, quelques lâches individus, imitant leurs frères de Montréal, ne craignirent pas de l'insulter, surtout à Toronto, où il y eut une tentative de le brûler en effigie. Les orangistes de Brockville et des environs firent des appels passionnés à leurs frères du Haut Canada. Le Statesman de Brockville, organe des orangistes, publia la proclamation suivante, le 3 septembre :

" Maintenant ou jamais.

" Hommes de Leeds, Frères de Grenville !

" Souvenez-vous du jour marqué pour jurer, en présence du ciel.

" Que le Canada n'ira pas à sa ruine,

" Que l'industrie indigène sera protégée,

" Que les hauts salaires seront réduits,

" Que nulles taxes ne seront payées pour les rebelles,

" Que lord Elgin doit nous laisser,

" Que sa faction doit être écrasée,

" Que le peuple soit uni et le pays rendu heureux.

" Eappelez-vous

" Que, samedi, 15 septembre 1849, il faut " Que le jnagasin du marchand et la boutique de l'artisan soient fermés ;

" Que la charrue et la houe, et la bêche du brave et hardi cultivateur jouissent d'un jour de repos ;

" Que le 15 de septembre 1849 soit un grand jour de fête

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