‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 116 sur 131 · SOCIÉTÉS POUR LA PROTECTION LÉGALE DES ALLEMANDS ÉTABLIS A LONDRES · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS POUR LA PROTECTION LÉGALE DES ALLEMANDS ÉTABLIS A LONDRES

5 novembre. "

Une découverte singulière et d'étranges révélations nous sont promises par la société qui s'est formée à Londres pour la protection légale des Allemands établis en Angleterre.

Mes lecteurs connaissent, à l'heure qu'il est, la tragique histoire de Millier; ils savent pourquoi et comment T. 20

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il a été oondanmé à mort. Eh bien, la société dont je parle ne s'est pas ralentie, depuis eette condamnatioD, dans les efforts extraordinaires qu'elle a faits poar mettre Mûller en état de prouver son innocence, dans le cas où il aurait été innocent. Les démarches des cocipatriotes du condamné ont à présent pourebjet d^obtenirun sursis; ils préparent la publication d'une brochure qu'on assnre devoir être curieuse; et, en attendant, voici oe qu'ils annoncent avoir découvert.

On se rappelle, peut-être, que le meurtre fut commis dans la soirée du 9 juillet dernier. Quelques heures après, un M. Poole, résidant dans Edmenton, était dans sa chambre à coucher, lorsqu'un paquet vint frapper et briser une des fenêtres de sa maison. Ce paquet avait été lancé du fond d'une voiture de place qui s'éloignait de Londres. M. Poole se mit à courir après, pour se faire indemniser du dommage; et, au momont où il atteignait la voiture, il y aperçut quatre individus dont la toilette était dans le plus grand désordre. L'un d'eux était tête nue et avait un mouchoir autour du cou. Ils crièrent à M. Poole qu'ils avaient jeté le paquet pour s'amuser, qu'on le payerait... Et fouette cocher !

Que contenait ce paquet jeté par des gens qui ne voulaient que s'amuser? Une paire de pantalons souillés de sang !

Le lendemain, M. Poole, avec qui se trouvaient alors un ou deux habitants du quartier, réputés très respectables, vit revenir vers Londres la voiture de la veille, mais, cette fois, avec deux hommes dans l'intérieur seulement.

Les pantalons ensanglantés sont en Ta possession de ta soci^ allemande, et pourront Faider — elle le croit — à éclaircir le mystère qui couvre encore cette cause celèàrêy ou à démontrer qu'il y a là, môme après la condamnation, un mystère à éclaircir.

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SOCIÉTÉ BB PBOTBGTiaN DBS AiLBllANDB. 351

Le fait est que tous les nuages sont loin d'être dissipés ou, pour parler plus exactement, ils semblent s'épaissir à mesure que le jour de l'exécution approche.

Et, par exemple, aujourd'hui même, un pharmacien d'Hâckney (c'est entre la station de Hackney-Wich et celle de Bow que, le 9 juillet, M. Briggs fut assassiné), un pharmacien d'Hâckney, dis-je, écrit au Daily Telegraph une lettre qui mérite d'être notée.

Le soir de la mort de M. Briggs, entre dix et onze heures, le pharmacien en question vit entrer chez lui un jeune homme que deux autres personnes accompagnaient. L'inconnu avait une blessure à la tête, paraissait être dans un état de surexcitation et se montrait fort inquiet des suites que sa blessure pouvait avoir. Le pharmacien crut que cet homme était ivre, et fut désagréablement frappé de la physionomie de ses compagnons. Impatient de se débarrasser de leur présence, il dit au blessé de regagner sa maison au [dus vite et de se baigner la partie malade avec de l'eau chaude. Averti qu'un meurtre venait d'être commis dans le voisinage, il ût savoir à la police qu'il avait une communicatiou à lui faire. Deux agents, de ceux qu'on nomme ici détectives , lui furent envoyés. Il leur raconta ce qui venait de se passer. € Mais, dit-il, camme le signalement que je donnais de l'individu ne se rapportait pas à Mùller, et qu'il semblait y avoir parti pris, de la part des agents, de regarder MûUer comme le coupable, ils laissèrent tomber l'affaire* »

Ce n'est pas fout ; dans une autre lettre, signée de leurs noms et datée de Bov^, deux chirurgiens, MH. Brereton et Vincent M. Cooper, déclarent :

Que, lorsqu'ils examinèrent le compartiment, théâtre désigné du meurtre, il n'était pas, ainsi qu'on l'a prétendu, inondé de sang;

Que le sang dont ils purent apercevoir des traces n'aurait pas rempli plus d'un verre à vin;

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Que, des blessures reçues par M. Briggs, la plus sérieuse correspondait à la grosseur d'une pierre qu'on avait trouvée sur le chemin, couverte de sang et de cheveux;

Que l'intérieur du wagon ne suggérait point l'idée d'une lutte ;

Et, enfin, qu'il n'y avait rien dans l'apparence du corps qui fût inconciliable avec l'hypothèse d'une chute, résultant d'un effort fait par l'infortuné M. Briggs pour sortir du wagon.

Évidemment il y a dans tout ceci un problème qui reste encore à résoudre, quoi qu'en disent les journaux anglais, animés Qu'ils sont du désir de faire briller d'un éclat radieux, aux yeux du monde entier, la sagesse des juges d'Angleterre et la haute équité qui préside aux décisions de la justice anglaise.

Ce désir, de leur part, est d'autant plus vif, que chaque Allemand ici proteste avec plus ou moins de véhémence contre l'empressement du public anglais à déclarer Mûller coupable, même avant qu'il fût jugé. A entendre les plus emportés, il a été très mal défendu, ce qui est vrai; il a été accusé avec une vivacité, une insistance, qui ressemblaient quelque peu à la passion, ce qui n'est pas tout à fait faux ; et le c lord chief baron >, au lieu de résumer les débats, a prononcé un réquisitoire, ce qui peut se soutenir.

Les Allemands s'étonnent que le témoignage de Lee en faveur de l'accusé ait été écarté avec colère, et qu'on ait admis comme allant de soi le témoignage de Matthews contre l'accusé, bien que ce Matthews ait été autrefois emprisonné pour vol, qu'on Tait surpris en flagrant délit de mensonge et qu'il soit à la rigueur permis de le croire influencé par l'appât d'une récompense, toutes choses qu'on ne saurait dire de Lee.

Ils s'étonnent que, dans l'importante question de

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