‹ Dix ans sur la côte du Pacifique [microforme]Chapitre 11 sur 23 · PORT · texte numérisé non relu

PORT

belle église, digne d’être la cathédrale, digne de la population catholique qui s'accroît tous les jours. Espérons qu'avant peu les vœux d’un chacun seront accomplis à cet égard. Une bâtisse, élevée sur le terrain de l’église paroissiale, sert -d’école pendant le jour, et le soir, c'est le rendez-vous des différentes associations religieuses ou civiques ; il y à ausssi un apartement pour la bibliothèque. Adjoignant l'Eglise se trouve le logement actuel de Mgr. l’Archevêque, qui fait honneur à la paroisse.

On vote des sommes considérables, dans les différents états de l'Union, pour le maintien des écoles publiques: L'Orégon ne reste pas en arrière en ce point: 25 ou 30,000 piastres sont départies annuellement entre les divers comtés ; puis, chaque comté prélève une taxe pour la réparation des maisons d'école et le support des écoles elles-mêmes; de plus, les parents ont à payer l’instituteur trois à quatre piastres, par quartier, pour chaque enfant qu’ils envoient. Les écoles communes, dans les villes, sont de vrais palais ; il n’est pas rare d’en voir qui coùtent depuis quatre jusqu’à vingt mille piastres. Les pupîtres, les planches noires, les cartes de géographie, les globes, etc;, sont en “rapport avec les bâtisses Un excellent salre est alloué aux professeurs aualifiés. Ily à aussi beaucoup d’institutrices. En 1872, les écoles étaient fréquentées, en Orégon, par plus de 34,000 élèves. La discipline est remarquable et l'instruction qu’on y donne, en arithmétique, géographie, histoire moderne et grammaire est parfaite. On ne saurait donner trop d’éloges à

SENS Vu

l'attention qu’on y apporte à la lecture. Voilà tous les compliments qui peuvent être adressés aux écoles publiques. Les jeunes gens, des deux sexes, lorsqu'ils en sortent, n'ont pas Ja plus légère teinte de la Religion. Ils sontremplis d’audace et d'indépendance, à tel point . quils ne respectent: aucunement l'autorité paternelle ; et leurs mœurs, pour le moins, sont assez douteuses. Pour cette raison, les écoles privées sont passablement bien fréqnentées, par les enfants des parents qui attachent du prix à l'éducation morale et religieuse.

La. condition de l'Eglise Catholique et des Institutions Relisg'ieuses, en Orégon, est, suivant mon opinion, tout à fait consolante. L65 catholiques augmentent chaque jour ; sans doute, il y aura encore bien des combats à soutenir, bien des sacrifices à faire ; mais la victoire parait assurée pour l'avenir. Mgr. l'Archevêèque Blanchet, sur ses. vieux jours, doit voir ces beaux fruits ayec bonheur, lui qui a planté et arrosé la tige qui les porte. Sa grâce est, le type du missionnaire, zélé et pieux. Il est humble comme un enfant, vous croiriez voir en lui un séminariste, tant il est rigide observateur de la discipline ecclésiastique. Il honore véritable-

ment sa haute dignité et commande le respect et l'estime, non-seulement de ses co-réligionnaires, mais encore de toutes les dénominations religieuses., À l'occasion de sa cinquantième année de prêtrise, en 1870, la joie fut générale, parmi les protestants comme parmi les eatholiques. Le clergé, fourni par la France, la Belgique, le Canada et l'Irlande, est édifiant et

plein de Fesprit apostolique. Ilseconde puissamment les efforts de son vénérable archevéque. C’est dû au zèle de Sa Grandeur, aidé effectivement par Mgr. Bourget, le pieux et vénéré évêque de Montréal, que l’Orégon jouit des bienfaits de l’éducätion religieuse, donnée avec tant de dévouement par les Sœurs des SS, NN. de Jésus et de Marie. Ces dernières sont au nombre de quarante six. En 1872, elles comptaient au moins 700 filles dans leurs sept ou huit académies. La popularité des Religieuses est extraordinaire: plusieurs dissidents préfèrent se faire chasser de leur église plutôt que de ne‘poïint envoyer leurs enfants à l’école des Sœurs. De plus, les bazars, en faveur de léurs œuvres, on: toujours du succès. Les garcons ont aussi l'avantage de recevoir une bonne éducation, au collége.S. Michel, à Portland, sous la direction de prêtres dévoués, et dé professeurs laïcs, dans d’autres localités.

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