LES CHINOIS
A l'ouest des Montagnes Rochenses la popu- \ation chinoise est estimée à plus de 125,000
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individus, et à chaque steamer-poste dela Chine; il en arrive un grand nombre. 1} nesera pas hors de propos de donner quelques détails sur les habitudes de ce peuple. Depuis le dignitaire jusqu'au journalier, tous portent le même costume: la calotte, le collet, le long pardessus bleu, la ceinture, les pantalons bleus, les bas blancs, enfin les souliers d’étoffe bleue montés sur des sémelles de papier. Pour compléter ce costume, imaginez-vous une tête rasée, sur laquelle il ne reste qu'un touffe de cheveux, d'où tembe le long du dos jusqu'aux talons une . espèce de queue, maintenue par une trésse de sole, et vous aurez une idée exacte de lamanière donts’habillent les chinois. Soit dit en passant. c'est une offense digne du pénitencier pour tout américain de couper la tresse d’un chinois. la raison en est que celui-ci ne‘peut plus rentrer en Chine, pendant la vie, et qu'après la mort, ses os ne peuvent être transportés dans la terre du Céleste Empire. L'étiquette chinoise vent que l’on aït la tête couverte et compagnie. La calotte a ses pans relevés de broderies d’or, quelquefois de pierreries et ne matique pas d’une certaine élégance. Toutefois, les Chinois, pendant les dernières années, ont commencé à porter des bottes, puis des: chapeaux, ensuite des pantälons à la façon moderne. Le nombre des femmes chinoises est assez restreint par ici. Elles s’habillent dé la manière la plus simple du monde. Au lieu: d’un chapeau où d’un bonnet, un petit bandeau de velours ou un petit mouchoir retient la chevelure, qui est bien séparée au milieu, aussi lisse que FE satin, et
toute rassemblée sur le derrière de la tête. Une aiguille d’argent.la traverse; comme ornement, on y-fixe aussi une fleur naturelle ou artificielle. Le pardessus des femmes n’est guère plus long que'celui des hommes, et l’étoffe est.de coton invor"blement teint en bleu. Le pantalon des femines est deux fois plus large que celui des hommes. Le complément indispensable de la parure d’une chinoise est dans les petits pieds. Aussi leurs souliers, fabriqués par elles-mêmes, ne ‘coûtent pas plus de 15 à 20 sous. Les dépenses générales pour l'habillement d’une femme ne dépassent point.5 piastres par an.
Mais quelle mode bizarre, dira-t-on, que cette compression des picds, faite, semble-t-il, pour les empêcher de marcher ? Il est bien des modes, autrement désastreuses, inventées par le démon, poux ruiner les familles et perdre les Ames!
Un proverbe chinois dit, querles. cérézonies sont le parfum de l'amitié. . La plus vulgaire de leurs salutations consiste à dire : astu mangé ton riz? Entre amis, s’échange le mot : je vous salue, je vous salue. Un salut plus solennel consiste à s'inclinet profondément.
Les Chinois tout paiens. qu'ils soient (jen.:ai rencontré cependant qui avaient été, -baptisés en Chine), ne peuvent imaginer comment le respect peut se, concilier avec-l’absence. des cérémonies. La plus solennelle de toutes: les salutations est de faire trois génuflexions et de frapper neuf fois le sol. avec la tête. Ce: salut se fait au cimetière, à l'enterrement des monis.
Les.chinois ont trois repas principaux comme
nous, le premier s'aprelle le riz du matin, Île sécond, le riz du midi, et le troisièmé, le riz du soir. À table, on in’a pas de cuillère, pas de fourchéttes, pas de couteau; tout cela esi remplacé par deux bâtons d'ivoire ou de bambüôu ; pas de pain, pas de vin, pas de lait, pas de beurre. Le pain est remplacé par le riz, le vin par le thé ou la bière de riz, le lait et le beurre par l'huile pour assaisonner les mets. Le répas ordinaire consiste en riz ; deux ou trois grandes taëses de riz font un léger dîner. Des deux bâtons féanis dans les doigts de la maïn ‘droite les chinois saisissent assez adroitement les légumes, lé poisson et la viande éoupée d'avance en petits morceaux. Ils ajoutent de temps en temps ces aliments au riz qui est leur principale nourriture. ’ % La masse des Chinois, sur la côte du Pacifique, se nourrit de cette manière. L'entretien d’un homme ne dépüsse guère la somme de 19 à 20 ‘sous par jour; ce n’est pas la moitié de la dépense d’un blanc. Dans les repas solennels, on varie un peu, mais le riz est toujours la bôse indispensable de tout repas: On finit ordinairement par les confitures. Alors on apporte une serviette tremipée dans de l'eau chaude pour que les convives se lavent le visage ; pui:, si vous fumez, oh vous bourre une large pipe de bambou et'on vous l’allume, quand vous avez “pris la tasse de thé qui vous a été présentée sur un platsau vernis. Puis on cause jusqu’à ‘ce que les visiteurs se dispersent après les :cérémonies d'usage." 0 "> “Quand'un chitois menrt on lui fait’ faire un
cereueil selon son rang et il est enterré avec de poémpeuses cérémonies. À la tétr du cortége funéraire marchent plusieurs chinois qui laissent tomber, sur leur passage, de mombrenx morceaux de papier de différentes couleurs (le jaune et le rouge prédominent), sur lesquels sont des inscriptions en caractère de: leur pays. Le terrain assigné à leur inhumation, à Jacksonville, est sur le penchant d’une colline, et äls ont un grand soin de placer les cadavres, la tête vers la base. Ensuite, ils allument de petits bâtons de bambou, répandent ur certain Hiquide et hrülent autour de la fosse tons les objets qui avaient appartenu au défunt ; autrefois, on les laissait sur la tombe elle:même, mais ayant remarqué qu'ils étaient enlevés, ils les ‘brülent toujours depuis. Alors il font trois génuflexions et touchent neuf fois le sol avec la tête, suivant l'interprétation des blancs, en signe d'adieu. Si quelque chinois de la parenté part pour la Chine, en visite où par affaire, on relève alors les corps ; on en graiæ les os parfaitement, puis on les ttansposte en Chine pour y être enterrés avec sdin, autrement, disent les ‘chinois, es âmes w'entreraient-point en Paradis. Dans le cours de année, il ya trois ow quatre fêtes des forts. ÆEncoriséquence, tous les chinois qui ent des parents ou des amis, dont les restes reposeht dans le cimetière, louent plusieurs wagons, les montent et les chargent de petits cochonsrôtis, en entier, de volailles, de biscuits, de gâteaux, de petits ‘barils de liqueur :et de bâtors de bambou: Arrivés sur le ‘berd des fosses, toutes les cérémonies de l'enterrement
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se renouvellent : ils allument les bâtons et - versent le liquide ; puis ils s’inclinent profondément et frappent le sol du pied ou de la tête ; ensuite, ils offrent anx morts toutes les provisions qu'ils déposent et brûlent sur les fosses, à cause des blancs ou des sauvages quiautrement viendraient les enlever. qi Sur la côte du Pacifique, les chinois travaillent pour le plupart dans les mines d’or, soit à leur compte, soit à gages, ou bien encore sur les chemins de fer. On ne saurait dire tous les millions de piastres qui s'em vont en Chine, chaque année. Car, tout l'argent qu'ils gagnent y'est transporté : ils achètent leurs marchandises chinoises dans les grandes villes, où un bon nombre d’entre eux ont des magasins.
Ils en ont plus de mille à San Francisco seulement. Aujourd’hui, dans cette ville, on compte des milliers de chinoisemployés dans les manufactures, surtout dans celles de chaussures et de tabac. Un nombre assez considérable a ‘remplacé les servantes dans les familles, au grand détriment de ces filles et de ceux qui emploient les chinois : il est vraique ceux:ci font bien la cuisine, le lavage et le repassage ; qu'ils scient et fendent le bois aussi, maïs ils sont fins filous. Comme iis couchent rarement là où ils travaillent,:le soir, ex se rendant chez eux, dens un coin écarté de la ville, ils emportent, tantôt une chandelle, tantôt une poignée de sucre, d'autre fois : une pincée de café ete. En ‘énéral,:; lémigration: chinoise provient ;des bäses: 2e ha at la société: ; ‘on: les: envoie ici: comme esclaves, pour amasser ‘de
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l'argent afin de payer leurs dettes en Chine. Beaucoup cépendant savent lire et écrire ; ils caléulent d’une manière si expéditive qu'ils laissent en arrière les plus habiles arithméticiens de la côte, et cela au moyen d’allumettes, de petits bâtons, ou de cert:ins signes tracés sur du papier ou sur une planche. Plusieurs d’entre eux parlent l’anglaïs assez bien pour les affaires ordinaires. J’ajouterai pour . dernier mot que l’on remarque dans la ville dé San Francisco 50 à 60 chimoïs qui sont de très-zélés et de très-fervents catholiques. Oh ! qu’un missionnaire dévoué et qui parlerait leur langue aurrit un vaste champ à cultiver au milieu de cette population si dégradée! .