‹ Dix ans sur la côte du Pacifique [microforme]Chapitre 3 sur 23 · PRES. PR · texte numérisé non relu

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l'exception du fleuve Colorado, aucun cours d'eau important ne descend vers l'océan, à travers la barrière rocheuse de ce vaste plateau ; les quelques rivières qui en arrosent la surface vont se décharger dans le bassin du Lac Salé ou disparaissent dans la poussière alcaline du sol.

À l’ouest de cette plaine apparaissent les pics de la Sierra Nevada, comme des pinacles, couverts de neiges éternelles; ïils forment une muraille continue, variant de 10 à 15,000 pieds de hauteur. Cet immense mur de granit—en se prolongeant vers le Norä, porte le nom de Cascades. Il présente aux r°gards du voyageur une perspective d’une grandeur incomparable, pendant qu'il renferme et forme par le versement de ses eaux du côté de l’Onest, ce qu’on appelle le jardin de l'Occident, à savoir : la la Californie et l'Orégon. : |

Ces régions favorisées d’un ciel propice et d'une fertilité étonnante, &'étendant depuis le 30ème degré de latitude N. jusqu’au 47ème (y compris le territoire de Washington), ont une largeur approximative de 250 à 275 milles Leur superficie, de 270,000 milles carrés, excède celle de la Grande Bretagne, avec l'Irlande, l'Ecosse et d’autres petits états de ? Europe. La fenne et l'apparence générale du pays repré-

sentent une immense crèthe; les montagnes -

: della côte du Pacifique à l'ouest, et celles de la Sierra — Nevada et des Cascades à l'Est en forment les parois, et renferment dans leur sein une sérié de: plaines et de vallées d’une fécondité inouïe. Ces plaines- étaient autrefois des bassins d’eau douce ou salée, mais à ‘présent

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elles sont remplies par les éboulis des montagnes accumulés pendant des siècles. Des rivières innombrables, passant par des ravins et des précipices, courent se jeter dans le Sacramento et la Colombie, qui à leur tour vont se verser dans l'Océan.

Quoique la Californie et l'Orégon soieut ‘sur les mêmes latitudes que les Etats de la Nouvelle Angleterre et le Canada, le climat, surtout en Celifornie, est presqu’aussi doux qu'aux Tropiques. Les deux tiers des mois de l’année sont sans pluie ; la neige et la glace sont presqu’inconnues, excepté à une grande élévation. Au Sud et au Midi de la Californie, il y a au moins 200 jours sereins dans l’année ; les rosiers fleurissent en toute saison, le raisin vient en abonudance même à la hauteur de 3,000 pieds au-dessus du niveau du Pacifique ; les oranges, les figues, les olives müûrissent comme des plantes indigènes ; en un mot, toutes les productions et tous les fruits de la zône tempérée et semi-tropicale y réussissent à mer eille.

Au Sud de l'Orégron! la distribution de la chaleur et du froid, du temps sec et du temps pluvieux est presque la même jusqu’au Nord de la Californie; peut-être y atil un peu plus de pluie et de froid. Ordinairement les neiges disparaissent; absorbées par l'air ou par la pôrosité du sol, à mesure qu'elles tombent.

Plus on se dirige vers lé Nord de cette contrée, plus le climat devient humide, étant plus exposé à la brise de la mer. L'Est de l'Orégon a un froid assez rigoureux pendant la saison de l'hiver. ‘Îl en est ainsi de l'Est du Territoire

de Washington, tandis qu’à l'Ouest l'hiver est assez chaud, quoique pluvieux. jo Beft La belle et grande vallée de la rivière Willamette, -celles des Coquins; de lUmpqua et du Grand Rond, en Orégon, et la magnifique plaine de la rivière Cowlitz, dans le territoire ae Washington, sont extrêmement fertiles. Le blé, l’avoine, l'orge, le maïs, les : pommes. de terre, de mil, tous les légnmes des jardins y viennent dans la plus grande perfection. Le blé :produit de 20 à 40 boisseaux par acre; l'avoine de 40 à 70 ; l'orge et le maïs, surtout au Sud, de 25 à 50. Jamais la moisson ne manque ; jemuis la sécheresse; la rouilie et les insectes ne détruisent la récolte. : Seulement, deux fois en 30 ans, la pluie la endommagée. À San Francisco et en Angleterre, le blé de l’Orégon se vend à un. prix supérieur. Tous les fruits s y recueillent en abondance, particulièrement au Sud: de l’Orégon, où le raisin, la pêche, l’abricot et la figue ne sont pas surpassés par ceux de :la Californie. : Horse . Les grandes vallées des rivières Sacramento et de St. Joachim, et une infinité d’autres petites plaines à l’intérieur de la Californie, produisent. 30, 35 et. 49 minots de blé par ‘ere. On à même 60 à 80 boisseaux dans une terre nerivè. La fertilité du sol est eépendant inférieure à la richesse minérale cachée dans le sein de la terre. On peut en dir: autant de l'Orégon, uoique dans un degré beaucoup moindre.

Gex, pendant que l'Orégon tirait de. ses entrailles uh million de piastres, la Californie en :rétirait. dix ouquinze. En ce moment les mines dimi-

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nüuent de part et d'autre considérablement, et c'est ce qui engage un grand nombre de chercheurs d’or à s'occuper uniquement du sol pour en tirer la seule et véritable richesse. Voilà pour le climat, les productions, l'aspect physique et géologique de la Californie et de l’Orégon. Maintenant un mot concernant leur état religleux. Commençons par la Californie. En 1849, plusieurs milliers d’Irlandais, cherchant fortune pour la plupart, avaient traversé les plaines et s'étaient établis dans ce nouveau Paradis Terrestre. . San Francisco, formé premièrement de quelques rudes cabanes, sur des monticules de sable, se vit bientôt le centre d’une population considérable, quoique flottante, et promettait de devenir avant longtemps une ville riche et importante. Au fait de cette circonstance, le Très Saint Père, Pie IX, ne tarda pas à pourvoir anx besoins spirituels de ses enfants du Pacifique. La ville de San Francisco fut de suite érigée en Archevêché. Le présent titulaire, l'archevêque Alemani, transféré de Monterey monta sur le trône archiépiscopal de San Francisco. Le digne prélat appela à son secours un bon nombre de prêtres d'Irlande, des Pères de la société de Jésus, des Frères de: la doctrine chrétienne et des Religieuses de plusieurs Ordres, et comme nous le verrons plus tard, l'Eglise Catholique est devenue florissante dans cette contrée, grâce au zèle. du vénérable apôtre et au dévouement du clergé et des Reli-

* La mission Ne mr, 7 de YOrégon a été comméncée par le Grand Vicaire de la cathédrale

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de QuéBec, le Révd. Messire F.N. Blanchet, aidé du Révä, Messire Modeste Demers. Tous deux partirent-sous les ordres de l’Archevêque de Québec; donit la juridiction s’étendait alors jusqu’à l'Océan Pacifique: Le second quitta le Canada en 1837 pour la Rivière Rouge, le premier, Montréal, le 5 mai 1838. Le 10 juillet, ils partirent ensemble de la Rivière Rouge, et, malgré des obstacles et des difficultés de tout genre, ils arrivèrent én Orégon, au Fort Vancouver, le 24 novembre suivant. Le Réya. Père de Smet, S. J., qui vient de recevoir la récompense de ses travaux apostoliques, visita en 1840 la tribu sauvage.des Têtes Plates vers les Montagnes Rocheuses, et ayant reconnu leurs bonues dispositions, il reteurna au milieu d’eux l'année suivante, accompaghé de deux autres Missionnaires. Telle fut la fondation des missions sauvages de l'Est de l'Orégon, qui produisirent plus tard tant d’heureux résultats. La mission catholique de l'Orégon s'étend depuis l'Océan Pcaifoute jusqu'aux Montagnes Rocheuses, depuis le 42e degré de latitude . jusqu'à la mer Glaciale-i:Le Pape Grégoire XVI, par un bref du ler Décembre 1843 l'érigea en Vicariat Apostolique, lui donnant pour chef spirituel le Très Révd.. Messire F. N. Blanchet, avec le titre d’évéque de Philadelphie, in partibus, lequel-titre fut changé en celui d’évêque de Drasa, aussi in partibus, le 4 mai 1844, Le Vicariat Ar ostolique de l’Orégon devint une Province Kcclésiastique, le 24 juillet 1846. Mgr. F. N. Blanchet, le métropolitain, siégeant à Orégon City, Mgr. Aug. A. Blanchet,

évèque suffragant, à Walla-Walla, et plus tard à Nesqualy, dans le Territoire de Washington, et Mgr. Modeste Demers, évêque suffragant, dans l'Ile Vancouver. Depuis 1838, -date de l'arrivée des missionaires Canadiens jusqu'en - 1863, l'Eglise avait fait de grands progrès et parmi les blancs et parmi les sauvages. Les catholiques, tant en Orégon, que dans le Territoire de Washington et dans l’Ile Vancouver, ne comptaient pas moins de 25,000 âmes. Déjà on avait une vingtaine d'Eglises ou Chapelles, desservies par autant de Prêtres dont le Canada et la France avaient fourni un bon contingent. Déjà en 1863, le Grand. Vicaire Brouillet, dans le Territoire de Washington, et le Grand Vicaire Delorme, en Orégon, qui avaient suivi de près les premiers pionniers, les Blanchet ét les Demers, commencçaient à grisonner, au milieu de leurs travaux apostoliques. Les jésuites, Les oblats, le clergé et les religieuses de divers Ordres secondaient puissem ment Nos Seigneurs les Evêques dans leurs œuvres de zèle. Telles étaient ia Californie et l'Orégon, au point de vue religieux, lois de mon arrivée en juillet 1863.

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