DCLIX
In.4^ 90 f. véI.,à2coI., écrit, du 13* siècle; timbre delà BibL nationale.
3ST0IRB DB LA GUBRRI SAINTB.
Commencement :
Qui longue estoire ad â traitier, Mult lui convient estreit guaitier, Qu*il ne conuist, por 8ei grever, De vie qu'il ne peusse achever :
Mais si la face e si Tempraine Q,u*adreit en maint ço qu'il en peine, Et por ço ai comencié briefment Que la matire n'ait griefment :
Vers la materie me voil traire, Dont Testoire est bone à retraire...
Fin:
Si saichent tuit qui sunt ore Et tuit qui en seront encore.
Que l'esloire en tel point fine Qu'afiche por vérité fine.
Que Pan que la croix fut conquise Ot mil ans et cent et huitante Et huit, et Tescrit le créante.
Dés ci qu'en la carnation Que le fils Deu prist nation, Qui od son père vit et rego^
Et qui nos (os uicle en hou rcgne t Amen, Expticit,
Ce romao de la Guerre sainte, qui s*arréle à Tannée 1198, est sans doute celui que l'on trouve indiqué dans la BibL hist. de la France sous le n» 16635, avec le titre de Hist. de la première croisade^ par Raoul Toriaise (il fallait dire Tortaire, en latin Tortarius. Voy. Hist. litt. de la France^ t. x, p. 94).
On lit à fin du roman une chanson notée, plus ancienne de langage, sur la mort du roi Richard.
Et ço dont dei tos jors pleindre en plorant M'avient à dire en chantant Et retraîre Que cil qui est de valur chief et paire Lo trés-valens Richart roi des Engleis est mors... Mort est li roi.<, etsunt passé mil ans Que tan prodom ne ne fus ne jamais n*ert de son semblant.
Dans le même volume, on a réuni un poème de trois mille vers, qui est cité, sous le litre du PériplëCy comme un roman sur la Guerre sainte, dans les catalogues; c'est un débat, c'est-à-dire un peft7p2atd, entre un enfant et un vieillard sur la jeunesse et la vieillesse (attribué à Ghardry, trouvère anglo-normand; voy. les Essais hist. sur les Jongleurs, etc., par M. de la Rue, et les Rapports de M. Francisque Michel au ministre de l'Instruction publique).
Cy commence le peti plée.
Beau duz seygnors, por tous déduire, * Vos contray un enveysure De un veyllart et de un enfant
Ke s'eulrerayltereut tant De ju vente et de veyllesse, De polisce et de peiresse, Che çascun monstra sa grevance , Sa eyse u sa mesestance ; Si fu Tes tri f mol t delitus Del veyllart» e del juventus, Ki est apelé le Petipleet.».
CMXLVI11
Pet. in-^. 200 f. pap. écrit, du 15* siècle.
Intitulé dans le Catalogue :
JOHAlflfJB (AUBILIANEHSIS) IXAMBlf PlDBl, ACTA IN BJUS CAUSA EXHIBBNS. GALLICÈ.
Ce manuscrit, qui De contient que quelques pièces française;! , est copié sur les originaux, et commence a i nsi :in nomine Domini, amen . Examen fidei contra quamdam mulierem vulgariter dictam la Pucelle. On trouve d'abord une déclaration en latin de Pierre Cauchon, évéque de fieauvais, faisant savoir à Tous qu'il est chargé de juger Jeanne , de concert avec les inquisiteurs de la foi. Ensuite sont des lettres de l'Université de Paris, en français, adressées au duc de Bourgogne et à Jean de Luxembourg, commençant: «Nous nous recommandons moult affectueusement à vostre haute noblesse. Vostre noble prudence sçait bien et connoistque tous bons chrestiens catholiques doyvent leur force et puyssance employer , premier au service de Dieu, et emprès au profit de la chose publique, etc.. » Suit une lettre de l'inquisitcur-général au duc de Bourgogne : « Ce que
requiert l'evesque de Betavais, de monseigneur do Bourgogne , et de monseigneur Jehan de Luxembourg et bastard de Vendosme, de par le roy nostre sire..., etc. » Lettre du roi Henri VI d'Angleterre : « Il est notoire et commun comment une Temme qui se fait appeller la Pucelle..., etc. » L'interrogatoire de Jeanne est en latin , et son jugement, longuement motivé , est rédigé en forme d'allocution : « Primo j tu , Johanna, dixisti quod $ub œtate XIII annorum vel cirdier.,, etc.» Dans la relation abrégée du supplice , il est dit que « elle confessa que les esprits^ qu'elle disoil estre apparus à elle souventefois, estoient mauvais et mensongers , et que la promesse que iceux esprits luy avoient plusieurs foys faite de la deslivrer, estoit fausse , et ainsy se confessa par lesdits esprits avoir esté moquée et déçue... » Après, il y a une lettre de l'Université de Paris envoyée au pape , à l'empereur et au collège des cardinaux , avec la réponse des cardinaux , commençant : « Quod audivimus et cognovimus , reverendissimi patres , de condemnatione icandalorum per quamdam mulierculam hoc in régna patratorum, sanclissimo domino nostro summo pontifiai fidei et reîigionis chriAtianœduximus aperire..., »
DCCCXCI
Pet. in-f». 59 f. vél., écrit, du 15* siècle; timbre de la Bibl. nationale.
FETiT TRAITÉ PAR MANIERE DE CROifiQCE, Contenant en hrief le siège mis par les Anglais devant la cité dOr~ leans» et les saillies ^ assaulx et escarmouches qui.
durant le siège» y furent (aides de jour en jour ; la venue et vaillans faits d'armes de Jehanne la Pucelle, et comment elle en fit partir les Anglois et en levât le siège par grâce divine et force d'armes.
Commencement :
« Le conte de Salebry, qui estoit bien grand seigneur et le plus rcno.nmé en faits d* a raies de tous les Anglois... »
Fin :
)> Et par le bon service que ont fait les manans et tiabitans de ladite ville d'Orléans , sont et seront en la bonne grâce du roy, lequel leur a de fait monstre et montre de jour en jour, comme il appert par la teneur des beaux privilèges, lesquels leur a donné. »
Suivent ces privilèges, délivrés par le cardinal Guill. d'£stouteville et Thibaut , évêque d'Orléans.
Ce Journal a été imprimé plusieurs fois, mais avec beaucoup d'additions modernes, d'après un MS. qui se conservait à l'Hôlel- de- Ville d'Orléans. La dernière édition est celle de Troyes, Cl. Briden, 1621, pet. in-12 , sous ce titre : L* Histoire ou Discours au vray du siège qui fut mis devant la ville d'Orléans par les Anglois,., contenant toutes les saillies ^ assauts , escarmouches et autres particularités,,, prises mot à mot, sans aucun changement de langage j sur un vieil exemplaire écrit à la main en parchemin,,.
Le manuscrit du Vatican est plus ample que l'imprimé. 11 y a un autre MS. de ce journal, cité dans la Bibl. hisU de la Fr. sous le n" I7200.
MXXII
1q-4^. 509 r. pap. écrit, de la fin du 15* siècle.
IB MTSTBRI DU SIBGB D'ORLBAlfS, fait, COmpOêé et
compilé eti la manière ci-aprè$ déclarée, et premier fement Sallehry commence en Angleterre » et dit ce ({ui s'ensuit :
Très-hauts et très-puissans seigneurs,
Vous remercie des grans honneurs
Dont vous a pieu ainsy me faire»
Quand» vous autres, povres greigneurs
Qui estes les conservateurs
De tout nostre territoire,
Me vouloir faire commissaire
Estre lieutenant exemplaire»
C'est de Henry roy de renom :
Pour le jourd*huy n'est de si noble affaire»
De France est roy, il en est tout notoire...
Le mystère finit par cette allocution de la Piicelle aux habitans d'Orléans :
Si vous en charge faire les processions Et louer Dieu et la vierge Marie, Dont par Anglois n*a point esté ravie Vostre cité ne ses possessions.
Ce mystère , en vers de huit et de dix syllabes y met en scène les principaux personnages diï temps , et se conforme assez exactement aux faits de Fbistoire. L'auteur, qui se inontre attaché au parti français, parait convaincu de la mission divine de Jeanne.
-sa-
Cité dans le Suppl. de la Bibi. hiit. âê la Fr. son» le n« 17180 et omis par Lenglet-DiifreM^y àsms son catalogue des ouvrages imprimés et manuscrits relatifs à Jeanne d'Arc.
MCMXVI
In-4°. 266 f. pap. et vél. entremêlés, écrit, du 15* siècle.
JOHANNiS DICTiB LA PUCBLLI PROCESSUS, JUSSU CALIXTI PAPiS 1N8T1TUTU8.
Ce précieux manuscrit a été copié sur les pièces originales par deux notaires apostoliques, J. Gordier et Mesnard , qui l'ont collationné et signé à toutes les pages. On trouve, à la fin des pièces du procès, f*" 220, une déclaration de ces deux notaires qui annoncent avoir fait cette collation, de verbo ad verbum cum alit^volumine authentico signis manualibus duorum notaiciorum publicorum signato , en foi de quoi, chacun d'çux a apposé son seing et son scel , in majus veriiatis robur.
Le procès de révision s'y trouve complet avec tous les interrogatoires des témoins en français et en latin. Il commence ainsi : « Eûcigit rationis ordo, et recta dispositio œquitatis docet, et prœcipit sacrorum canonum et legum civilium institutio salutaris^ ut quœ solemnibus acta judicis scripturiê annotentur, etc. » Il finit par le jugement qui réhabilite la mémoire de Jeanne d'Arc.
On a ajouté à ce MS. un écrit du temps relatif à la Pucelie, mais entièrement différent du procès.
C'est un faclum d'Hélias de Bourdmlk » de Tordre des Frères-Mineurs, qui fut depuî» ardievéque et cardinal, et que l'on êp^UàtàlùnTévéque de Péri gord. Dans ce factum , il défend U condamnation de Jeanne comme juste selon les lois divines et humaines , en s'efforçant de prouver que l'héroïne était Coupable sur huit chefs , savoir : i« Beoelationum et apparitionum mendosa eonficirix; V perniciosa seduciriœ; 3<» pregumptuosa; 4« leviter credem; 6« êUpersiitiosa ; 6*> divinatrix; 7* blasphematrix in ï>eum, Sanctoê et Sanctas ipsius Deiy in suis êaerdmentis ; 8<> contemptrix legis divinœ»
Ce plaidoyer inédit , qui se trouve aussi à la fin d'an MS. du procès à la Bibl. du Roi , n« 5970 , renferme des particularités curieuses sur Jeanne. Il commence ainsi : « Scriptum est : si difficile et ambiguum apud tejudicium esseperspexeris..,eic, » Il occupe quarante feuillets.
La BibL hist. de la Fr. cite quatre manuscrits de ce procès parmi ceux de la reine de Suède.
Dans un recueil de Mélanges du 1 5« siècle, coté 507 , in-4S on trouve le MS d'une dissertation très-curieuse, intitulée : Disputatio de Sibylla regni et domus Franciœ, libri duo.Cette dissertation, dont l'auteur se nommait Henri de Gorickem, a été publiée, mais incomplètement, par Melch. Goldast dans un mince in-4<>, renfermant plusieurs pièces contemporaines sur Jeanne d'Arc : Sibylla firaneica seu de admirabili puellâ Johannâ^ etc. Yerscllis, toOG.
DCCLIII
In.4^ 106 f. pap. écrit, du 15* siècle.
Intitulé dans le Catalogue :
GALLI^ BISTORIA Al ANNO 1461 AD ANNDM 1467.
G)mmencement :
« Le mercredi 22 du mois de juillet , jour de la feste sainte Marie-M agdelaine , en Tan 1461 , le roy Charles, septiesme de ce nom , alla de vie à trespassèment au chastel de Meung en Berry , lequel délaissa plusieurs enfans, (ils et filles vives : en especial y il délaissa deux fils, c'est à sçavoir , Louys, son amé fils. »
Fin:
« Alors , souvent monseigneur le duc de Bourgogne et monseigneur le duc de Cleves , voire Monseigneur d'Orléans et madame sa femme , sœur dudit seigneur de Cleves, aloient après souper esbattre et passer temps au long et 4cssus les an ciennes murailles de Paris, depuis ledit hostel d'Artoys jusque dedans ledit hostel d'Orléans vers les Halles , sans que ceux de la ville les vissent. »
C'est un journal rempli d'anecdotes dans le genre de la Chronique scandaleuse. L'auteur est nommé Jean Faucbet dans le catalogue d'Alex. Petau. Bibl. manusc. , t. i , p. 82.
Ensuite se trouve une lettre latine inédile de Louis XI , datée de l'an 1471, au pape Pie II, commençant par : Deum solum scientes , etc.
Ce MS. est cité dans la BibL hisi, de la Fr., sous Ien*i7î97, Supp.
MCMXXIII
In-4'*. 250f. environ, pap., écrit, du 15* siècle; manquent les i'" feuillets.
Intitulé dans le Catalogue :
GALLIJS HISTORIA AB ANNO 1408 AD AHMUIf 1449.
C'est le fameux Journal d*un bourgeois de Pariây et le même manuscrit sur lequel aurait été faite, disait-on , la copie que Dupuy remit au père Labbe, qui en imprima des extraits dans le l'' vol. de VAlliance chronologique, et à Denis Godefroy, qui Finséra modernisée dans Tédition in-fol. des historiens de Charles VI.
G>mmencçment :
« Dont il leur print mal , car il en mourut là ( à la bataille du Liège , dit une note) plus de vingt-six mille, et fut le vingt-troisiesme jour de septembre 1408, et en tant que la guerre dura , par feu , par faim, par froid et l'espée , plus de quatorze mille ; OF sont bien quarante mille. ( £n note : « L'histoire d'Allemagne dit 36,000. » ) Leseiziesmejour de novembre, à un samedy, les devant-dis seigneurs , c'est à scavoir : Navarre , Loys , remenerent le roy à Tours, dont le peuple fut moult troublé, et disoient bien que le duc de Bourgogne eust esté ici, qu'ils ne Teussent pas fait... »
Fin :
« Et rat fait en la rae Saint-Martin... un bel eschafaut où on fit une très-belle histoire de paix et de guerre, qui longue chose seroit à raconter , que pour ce on délaissera. »
Cette copie , à la fin de laquelle on lit la signature de Maciot , est semée de notes écrites à la marge par Dopuy ou Paul Petau; entre autres celle-ci, qui a trait à un passage du journal, daté du 17 mars 1440 et manquant dans l'imprimé : Il semble que l'auteur ait été homme d'église ou docteur de quelque faculté, pour le moins de robbe longue.
Ce MS. diffère entièrement de l'extrait tronqué donné par Godefroy, dans VHist. de Charles FI , et aussi de l'édition prétendue complète publiée par La Barre de Beaumarchais. Cette dernière , qui finit de même, en effet, est beaucoup moins ample, et commence par un article qu'il faut rapporter à l'an l \05, d'où l'on peut conclure que la copie n'a pas été faite sur le MS. du Vatican.
DCGCLXVIII
In-4<». 51 f. vél., écrit, du 16* siècle; avec lettres dorées et en couleurs, timbre de la Bibl, nationale.
BAmTHOLOM JBI (HICOLAI) L0CH1BN8IS YITA LUDOYICI DUCI8 AUMLIAHBNSI8.
L'auteur débute par un Endecasyllabum en l'honneur de son sujet, et ensuite par cet exorde pom-
peux : « Quod in terris mortalium gênera^ ui alia pro remulta omittamus^ quibus licenlerimponerejus est, hactenus impuné degeruni, . . etc. » La Vie ne commence pas moins emphatiquement : « Mihi verà^ clarissimi, invictissimique principis Ludovici Aurelii vitam atque ideô historiam, testium non indignam, contexturo, tam eximatur aut mentiendi per errorem aut errandi per gratiam facultas pro tobis (rex, reginaque^ humanissimorum, nobilissimorum,pr^i' dentissimorumque mortalium par)...» Il finit ainsi : « Ludovicus in regnum adductus (ne in messem, aiunt, alienam falcem immittam) regiis celebrandus historiographicis relinquitur, qud in r» forsan minus benê audiam. »
Cette histoire, quoique trop décbmatoire et trop fleurie de style, ofl're des détails intéressans: on peut inférer, de divers passages, que l'auteur, qui n'était pas historiographe pensionné du roi, offrit son ouvrage (et sans doute ce manuscrit original) à Louis XII et à Anne de Bretagne. Il y avait parmi les manuscrits de Duchesne une copie de cette Vie, citée dans la BibL hist, de la Fr,y sous le n» I747i . Théodore Godefroy en a inséré un fragment dans son Recueil des historiens de Charles VIII, Paris, 1617, în-4'' ; et son fils Denis Fa réimprimé dans l'édition in-f» du même Recueil, pag. 253 à 277.
DCLXXI
Pet. in-4**. 160 f. pap., écriture courante du temps, chargée de ratures.
Intitulé dans le Catalogue :