SCÈNE I
M"'« D'YXIVAL, GERMAINE
Coiiitne sa vière, Germaine est en toilette de diner. Elle parait agitée et souffrante.
M™» D'YXIVAL Oui, tant d'émoi, Germaine, a de quoi m'étonner : Te mettre en cet état pour un simple dîner!.. Ce n'est pas naturel : tu t'es mal défendue... Mais puisque je te dis que c'est chose entendue, Q.ue nous sommes d'accord, qu'il n'est plus question De prendre ce soir même une décision, Et que ton oncle et moi, si c'était nécessaire, Nous te défendrions même contre ton père!. Force m'est de conclure à quelque autre souci Plus capable vraiment de t'agiter ainsi!..
Quelque chose de toi m'échappe... Est-il possible
Qu'à mon affection tu restes insensible
Au point de me cacher ce qui fait ta douleur?..
Germaine, quelqu'un d'autre est entré dans ton cœur!..
GliRMAINE
Oh! ne redoute pas cette joyeuse entrée
Si tendrement, d'ailleurs, par tes soins préparée,
Chère mère!.. En ce cœur, en effet plein d'émoi,
Nul n'entrera jamais qu'un fils digne de toi.
Nul, quel que soit l'élu qui doive y prendre place,
N'empêchera jamais qu'en mes bras je t'enlace
Elh- einbi iusi' sa mère.
Avec le même amour que j'y mets maintenant,
Et qui t'est si bien dû, mère, par ton enfant!
Ne crains rien de cette heure, à l'àme maternelle
Triste et douce à la fois, désirée et cruelle :
Si de toi l'on voulait me détacher un jour,
Je ne comprendrais pas cet égoïste amour...
11 peut venir celui que j'attends éperdue!
Elle peut se lever pour moi l'aube attendue.
Et son rayonnement pour nos deux canirs pareil
Les laissera tous deux inondés de soleil!
M"- D'YXIV.XL
Chère enfant!., mais combien tu connais peu la vie!
GHRMAINH
A qui voudrait d'une âme à lui seul asservie,
Non, jamais, entends-tu, je n'unirai mon sort :
Mon cœur, quoi qu'il arrive, est tien jusqu'à la mort :
Tout amour excluant l'amour de sa famille
Serait par le fait même en horreur à ta fille.
L'un ne peut chasser l'autre; et je fais peu de cas
D'un cœur' où tous les deux ne se logeraient pas.
Je suis donc et serai pour toi toujours la même...