SD
Aoftraiie. Bornéo.
SivOTM»
Iridium.... 77,90 43,28 64,50 43,94 70^
Rhodiom... 0,50 5,73 7^ 1,65 4.7S
Platiie 1,10 0,02 2,80 0,14 0,41
Rathéniam.. 0,90 8,40 > 4,68 >
Osmium.... 21,00 40,11 22,90 48,85 93,01
CuIyw > 0,78 0,90 0,H 0,21
Fer > 0,99 1,40 0,63 1,29
Observation. — Dans ces analyses, l'osmium a été évalaé par différence , excepté pour le second échantillon provenant de la Colombie. Ainsi que nous l'avons déjà dit, le dosage de l'osmium ne peut donner qu'une approximation un peu douteuse ; on obtient certainement une plus grande exactitude en évaluant ce métal par différence.
Réswus de platine. — On obtient des résidus de natures différentes dans le traitement en grand des minerais du platine. On doit distinguer principalement les résidus insolubles et les résidus précipités.
Les premiers sont la partie qui demeure inattaquée par l'eau régale ; ils sont composés presque exclusivement d'osmiure d'iridium, de quartz, de fer chromé, de fer titane, de zircons.
Les seconds proviennent du traitement par le fer des liqueurs acides dont on a séparé le platine : ils renferment de l'oxyde *de fer, du cuiVre, de l'iridium, du rhodium, un peu de palladium et de platine.
Dans quelques ateliers, les deux espèces de résidus sont mélangées : c'est à ce mélange qu'il faut attribuer la présence d'un peu d'osmiure d'iridium dans quelques résidus qui sont soumis à l'analyse avec la désignation de résidus précipités.
Nous citerons quelques exemples numériques de la composition des résidus.
RtfsiDvs nsownLBs.
Traitement des minerais de Sibérie.
Osmiore d'iridiam 12,35.... 34,00.... 29,15 ...
Palladium 0,18.... » .... traces....
Platine et iridium 0,53. . . . » .... 0,90. . . .
Rhodium 0,15.... i .... 0,15....
Quarts, fer chromé, etc. . . 86,79.... 66,00.... 69,82....
Monoaie de Rusie. Alalien de M. Malhef à Londres.
PtUadium 0,80 1 ,Î0
Platine 0,80 0^
Iridium > 23,30
Bbodiom 2,40 6,40
Osmiurc dlridium. . . . 21,80 2,20
Oxyde de fer, cuivre. . 74,20 66,40
Observation. — Dans l'analyse du premier échantillon, on a pesé ensemble l'iridium et Tosmiure d'iridium : il est à présumer que la proportion de l'iridium est trop forte.
AHALTSE.
Nous citerons comme exemples l'analyse des grains de platine et des grains d'iridium^ l'analyse des grains d'osmiure d'iridium et enfin celle des résidus.
CIrftiMs de plailne* — On doit déterminer :
1*" La proportion du quartz, du fer chromé, du fer titane, etc. ;
2^ La proportion de l'osmiure d'iridium ;
3"" Les proportions des métaux solubles dans l'eau régale, platine, iridium, palladium, rhodium, or, fer, cuivre.
La quantité d'osmium attaquable par les acides est tellement faible qu'on la néglige presque toujours ; nous indiquerons cependant de quelle manière il convient d'opérer pour constater la présence de l'osmium attaquable par les acides.
Nous admettons, pour toutes les opérations que nous allons d écrire, que Y échantillon moyen, représentant un lot un peu important d'un minerai de platine, a été prélevé avec des précautions telles, qu'en prenant de 2 à 3 grammes du minerai on puisse obtenir des résultats applicables au lot tout entier.
Les difficultés que présente l'analyse deviennent presque insurmontables lorsqu'on opère sur 4 ou 5 grammes de minerai : de là vient la nécessité d'effectuer les diverses séries d'opérations sur des poids très-faibles. C'est là une condition très-fàcheuse, car le minerai est composé de grains irréguliers de forme et de composition ; il est à peu près impossible d'espérer que les résul-
ilOÎ MÉTAUX PROPREMENT WTS.
lats obtenus sur 2 ou 3 graPAixtOS de Wfttière représentent la composition moyenne du minerai.
Pour les déterminations du quarts, du fer chromé, du fer titane, etc., et deTosmiure d'irj!(^ium, il est posslM^ d'opérer sur des poids a&^w forts ; mais ces déterminationi iont celles qui offrent le moins d'intérêt ; la partie la plus importante de l'examen analytique d'uA minerai de platine est le dpspge des métaux solubies dans Feau régale.
Quartz, feji çhromië, fer titane, etc. — On fait foudre du borax dans un creuset de terre, de maniera k recouvrir les parois d'un vernis; on introduit dans le creuset do 4 à 5 ^r^mme^ du minerai, 20 grammes d'argent fin et 15 grammes environ de borax fondu.
On fait chauffer lentement, dans une atmosphère non oxydante, un peu au-dessus du point de fusion de l'argent ; on tient le creuset exposé à ce degré de chaleur pendant une demV'heure ; on laisse refroidir.
En cassant le creuset, on y trouve un culot métallique et une scorie^ qu'il est facile de séparer mécaniquement. Le culot contient l'argent ajouté, tous les métaux du minerai, pUtine, iridium, etc., ainsi que l'osmiure d'iridium. La soorie contient le quartz, le fer chromé, le fer titane, etc., dissous par le borax.
En comparant le poids du culot métallique à la somme des poids du minerai mis en expérience et de l'argent fin ajouté, on obtient, par différence, la proportion des minéraux qu'on peut désigner sous le nom de gangues du minerait de platine, le quartz, le fer chromé, le fer titane, les zircons, etc.
On n'obtient ainsi qu'une approximation un peu douteuse. Le minerai renferme une proportion plus ou moins forte de fer et de cuivre combinés avec le platine, l'iridium; etc. Bien qu'on ait l'attention de faire fondre dans une atmosphère non oxydante, le fer et le cuivre combinés, c'est-à-dire faisant partie du minerai lui-même, sont oxydés pendant la fusion avec le borax, et passent dans la scorie.
La pesée du culot métallique conduit donc à un nombre trop fort pour les gangues du minerai.
OsHiURE n'iRinniM. — Dans la fusion rapide dont nous venons
MINSRAIS DU PIATING. H03
déparier, l'osmiuro d'iridium n eat pas attaqué notablement par l'argent; il est disséminé dans le culot métallique. On aplatit le culot sous le marteau, ou le lamiue eu uu rubau très-miuce* On fait obauflter d'abord daus Taeide azotique uu peu concentré , qui dissout l'argent, le platine, le palladium, et ensuite dans l'eau régale, qui achève de dissoudre tous les métau^i^ du minerai, et laisse insoluble seulement Tosmiure d'iridium» Après avoir lavé la partie insoluble ^ l'eau bouillante a on la reçoit sur un filtre pesé; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau.
L'augmentation de poids du filtre donne, avec une approximation suffisante! I9 poids de Tosmiure d'iridium.
PtiTiHB, IRIDIUM, etc. ^w Ou opèrQ sur 2 grammes, ou tout au pins sur 8 grammes de minerai i les opérations deviennent pé» nibles, les séparations des divers métaux sont moins nettes, les dosages sont plus incertains, lorsqu'on attaque S grammes do minerai.
On introduit le minerai dans une oomue de verre un peu grande 1 on verse dans la cornue, à l'aide d'un entonnoir, de l'eau régale composée de 2 parties d'acide chlorhydrique et de i par-.tie d'acide azotique ; on engage le col de la cornue dans une fiole refroidie à l'extérieur ; on fait chaufTer à 70 ou 7S degrés jusqu'à 06 qu'il ne reste plus que trëa-peu de liqueur dans la cornue .
On introduit une nouvelle quantité d'eau régale, et on recom* menée à chau£Per à 75 degrés. On continue ainsi tant que le mine* rai parait être encore attaqué par les acides.
Il faut ordinairement do douze à quinze heures pour attaquer 2 grammes de minerai . On traite par l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique les matières que contient la cornue ; on lave par décantations, avec de l'eau pure, la partie insoluble.
Ces opérations donnent :
i"" Le liquide acide condensé dans la fiole ;
2'' La dissolution plus ou moins acide qui renferme à l'état de chlorures les métaux attaqués par l'eau régale ;
3"* Le résidu inattaqué par l'eau régale.
Bésidu. — Le résidu contient l'osmiure d'iridium, le quartz, le fer chromé, les zircons, le fer titane, etc. On le reçoit sur un filtre pesé d'avance ; on fait sécher à 100 degrés, et on pèse de nouveau.
L'augmentation de poids du filtre donne la somme des poids de l'osmiure d'iridium et des gangues.
Ces deux matières ont été déterminées dans les deux premières séries d'opérations : il y a bien rarement concordance parEaite entre les nombres ainsi obtenus.
La discordance s'explique très-aisément : dans l'attaque par l'eau régale, quelques-uns des minéraux, tels que le fer oxydulé, le fer titane, sont partiellement dissous ; le poids du résidu comprend le poids de l'osmiure d'iridium, et seulement le poids d'une partie des gangues.
Dans la détermination des gangues par la fusion avec de Fargent et du borax, on obtient au contraire un nombre un peu trop fort pour les gangues. Enfin, le minerai n'étant pas homogène, les trois fractions qui sont employées pour les opérations ne contiennent probablement pas la même proportion d'osminre d'iridium, de quartz, de fer chromé^ de fer titane, etc.
Liqueur acide condensée. — Le liquide condensé dans la fiole contient un peu d'acide osmique, du chlorure de fer et même du chlorure de cuivre, car ces chlorures sont toujours entraînés en partie par les vapeurs acides. On doit seulement chercher à reconnaître si la liqueur contient une quantité appréciable d'osmium.
On étend de beaucoup d'eau ; on sature presque complètement les acides par l'ammoniaque ; on fait agir l'hydrogène sulfuré en grand excès pendant plusieurs jours.
Le fer reste dissous, à l'état de protochlorure ; l'osmium et le cuivre sont précipités à l'état de sulfures ; les sulfures sont mélangés avec une certaine quantité de soufre provenant de la décomposition de l'hydrogène sulfuré. On lave le précipité par décantations, on le fait passer sur un filtre très-petit; on fait se* cher à 100 degrés, on sépare le mieux possible le précipité du papier, et on néglige la fraction du précipité qui reste adhérente au filtre.
On introduit la matière dans un creuset de charbon, et on fait chauffer progressivement au rouge blanc. On pèse, s'il y a lieu, la matière métallique qui reste dans le creuset.
Le poids obtenu ne peut donner qu'une indication très-vague sur la proportion d'osmium, attaquable par l'eau régale, que renferme le minerai proposé.
MINERAIS DU PLATINE. ii05
Aux causes d'incertitude que nous avons fait connaître dans le chapitre précédent, il faut ajouter dans le cas actuel la présence probable d'un peu de cuivre.
En raison de cette incertitude inévitable, on se dispense assez fréquemment de Texamen des liqueurs condensées; on constate l'osmium attaquable par les acides par l'odeur d'acide osmique que répandent les vapeurs d'eau régale pendant l'attaque.
En renonçant à faire les opérations dont nous venons de parler, on se dispense de la nécessité d'employer une cornue pour l'attaque du minerai; on fait agir l'eau régale dans une fiole, en prenant les précautions nécessaires pour ne pas être atteint par les vapeurs acides.
Dissolution chlorhydrique. — Cette dissolution contient un peu d'acide azotique, de l'acide chlorhydrique en certain excès, et des chlorures de platine, d'iridium, de rhodium, de palladium, d'or, de cuivre et de fer.
On concentre la liqueur par évaporation lente. Lorsqu'elle émet encore quelques vapeurs rutilantes après avoir été amenée à la consistance sirupeuse, on ajoute un peu d'acide chlorhydrique ; on évapore ensuite à siccité à la température la plus basse ^possible. On traite le résidu par l'eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique.
On obtient ainsi une dissolution chlorhydrique très-concentrée faiblement acide, dans laquelle le palladium est certainement à l'état de protochlorure ; on ajoute une dissolution également trèsconcentrée de sel ammoniac , et de l'alcool rectifié en quantité telle, que la liqueur contienne environ les deux tiers de son volume d'alcool. On laisse en repos pendant vingt-quatre heures; on reçoit ensuite le précipité sur un filtre, et on le lave avec de l'alcool peu étendu d'eau.
Le précipité est cristallin, d'une couleur variable du jaune au rouge cinabre; il contient, à l'état de chlorures combinés avec le chlorure d'ammonium , presque tout le platine , la majeure partie de l'iridium, un peu de rhodium et des traces de palladium.
Dans les liqueurs alcooliques se trouvent à l'état de chlorures, avec le sel ammoniac en excès, un peu de platine et d'iridium, la majeure partie du rhodium et du palladium, l'or, le fer et le cuivre. On concentre lejs liqueurs alcooliques jusqu'au moment
où le sel anunoniac commence à cristalliser ; on laisse en repos pendant quelques heures.
Il se forme un précipité cristallin, de couleur violette; on le lave avec de Teau chargée de sel ammoniac, et enfin avec de l'alcool. Ce second précipité est reçu sur un filtre séparé ; il contient, à l'état de chlorures doubles, les dernières parties du platine et de l'iridium, avec une certaine quantité de rhodium et des traces de palladium.
On doit traiter de la même manière et en même temps les deux précipités successifs; ils contiennent tout le platine et tout l'iridium, une fraction seulement du rhodium, et une quantité presque négligeable de palladium.
Traitement ^^ ^^^^ sécher les deux filtres dans un creuset de platine ; op réd**itéi '*^* chauffer au rouge sombre, en ayant l'attention d'élever trèslentement la température, et de tenir le creuset fermé jusqu'à ce que le papier soit entièrement carbonisé ; on découvre ensuite le creuset, et on fait chauffer pendant le temps strictement nécessaire à la combustion du charbon.
On fait passer la matière dans um nacelle de platine préalablement tarée, on l'introduit dans un tube de porcelaine; on fait arriver un courant d'hydrogène pur et sec ; on chauffe au rouge; on pèse après refroidissement dans l'hydrogène.
L'augmentation de poids de la nacelle donne la somme des poids des métaux, platine, iridium, rhodium, palladium.
On traite les métaux par l'eau régale, formée de 3 parties d'a« cide chlorhydrique, et de 1 partie d'acide azotique, étendue de quatre à cinq fois son volume d'eau, Ou fait chauffer entra 40 et SO degrés pendant quelques heures ( on décante la liqueur^ on la remplace par de l'eau régale étendue; ou fait chauffer de nouveau à SO degrés.
On contiuue ainsi tant que la liqueur acide agit d'une inanîère sensible sur les métaui^. I^e platine et le palladium sont alors en* tièrement dissous ; l'iridium et le rhodium ne sont pas notable^ ment attaqués.
On reçoit les deux métaux sur un filtre; on fait sécher ; on calcine au rouge sombre ; on brûle le charbon provenant de la décomposition du papier; on fait chauffer au rouge sombre dans la nacelle de platine et dans un courant d'hydrogène ( on pèse après
refroidissomont. On obtiant ainai le poids de l'iridium et du rhodium, et par différence celui du platine et du palladium,
Plaiine et palladium. «^ La quantité de palladium qui se ti*ûuvc avafi le platine dans la dissolution régale est tellement faible, qu'on peut la négliger lorsque les opérations précédemment indiquées ont été faites avec les soins convenables. On peut considérer comme se rapportant au platine seul le nombre qui est obtenu par difléronce pour les deux métaux.
Il est cependant toujours utile de vérifier que la dissolution régale ne contient qu'une trace de palladium. On procède de la manière suivante à cette vérification.
On sature les acides par le carbonate de soude \ on ajoute un excès de réactif; on évapore à sec, on terminant l'évaporation dans une eapsule de platine ; on fait chauffer la matière jusqu'au rouge.
Après refireidissement, on traite par l'eau bouillante; on lave longtemps la matière métallique insoluble, d'abord par décanta* tiens, ensuite sur un filtre ; on li^ calcine et on la soumet à l'action de l'hydrogène au rouge sombre ; on pèse après refroidissement.
On obtient ainsi directement le poids du palladium et du platine ; mais on doit considérer comme plus exact le nombre qui ^ été précédemu^ent obtenu par différence. La pesée directe donne une vérification du preuûer nombre, en ce sens quiS, si les opérations ont été faites avec soin, la différence entre les deux nom-f bres est très-faible ; la pesée dea deux métaux ensecoble est d'ailleurs indispensable pour l'évaluation du palladium.
On traite les métaux par Tacide azotique, qui dissout seulement le palladium ; on pèse le platine insoluble ; on évalue le palladium par différence .
Le noml»^ obtenu est toujours très«laible; souvent même il est si petit qu'on n*est nullement certain de l'existence d'une trace de palladium dans le platine ; la diminution de poids du platine peut être due seulement à vm» perte faite dans les opibnJiions. Il faut alors, pour constater ]a présence du palladium, évaporer à sec la liqueur azotique, et, 4e plus, examiner qualitativement le résidu, s'il est br quantité i^préeiable.
Iridium eê phséiw^. -^ On fait dwiffisr les deux métaux avec 6 parties de bisulfate de potasse ; en opère dans un creuset de
platine, et on tient les matières en fusion pendant une heure. On traite par l'eau après refroidissement.
On répète la fusion avec le bisulfate jusijn'à ce que, en reprenant par Teau, le liquide soit tout à fait incolore. La partie insoluble est alors l'oxyde d'iridium ; le rhodium se trouve en dissolution dans les liqueurs, qui renferment une proportion très-forte de sulfate alcalin.
L'oxyde d'iridium, reçu sur un filtre, lavé avec de l'eau faiblement acidulée et avec de l'eau pure, est séché, calciné et réduit par l'hydrogène. On pèse l'iridium à l'état métallique.
Pour le rhodium, on ajoute du carbonate do soude à la dissolution ; on évapore à sec, on fait chaufferie résidu jusqu'au rouge, on reprend par l'eau pour dissoudre les sels alcalins. L'oxyde de rhodium, bien lavé, séché et calciné, est réduit par l'hydrogène ; le rhodium est pesé à l'état métallique. On n'a, par cette pesée, qu'une fraction du rhodium; une autre partie du métal est restée dans la liqueur alcoolique.
Traitement La liqueur alcoolique, presque saturée de sel ammoniac, alcoolique, contient, à l'état de chlorures, le palladium, une partie du rhodium, l'or, le fer et le cuivre.
On l'étend d'eau, on y fait arriver de l'hydrogène sulfuré jusqu'à saturation ; on bouche la fiole, et on laisse en repos pendant plusieurs jours ; on vérifie de temps en temps que la liqueur émet une odeur très-forte d'hydrogène sulfuré ; lorsque l'odeur devient faible, on fait arriver de nouveau du gaz.
En prolongeant ainsi l'action de l'hydrogène sulfuré, on parvient à précipiter presque complètement, à l'état de sulfures, le palladium, le rhodium, l'or, le cuivre. Le fer seul n'est pas précipité.
On lave les sulfures par décantations, d'abord avec de l'eau chargée d'un peu d'hydrogène sulfuré, ensuite avec de l'eau pure. Les liqueurs décantées contiennent le fer avec un peu d'or et de rhodium.
Liqueurs décantées. — ^^ On fait chauffer ces liqueurs de manière à expulser l'alcool et l'hydrogène sulfuré ; on sépare par filtration le dépôt de soufre ; comme ce dépôt peut contenir une petite quantité de sulfures d'or et de rhodium, on le conserve pour le traiter avec les sulfures précipités par l'hydrogène sulfuré. On ajoute de l'acide azotique à la liqueur filtrée ; on évapore
MINERAIS DU PLATINE. Ii09
lentement à sec, en terminant l'évaporation dans une petite capsule de porcelaine ; on imprègne le résidu d*acide azotique, et on le fait chauffer très-progressivement jusqu'au rouge.
L'évaporation à sec et la calcination font perdre un peu de fer ; cette perte est relativement peu importante, car, de tous les métaux contenus dans le minerai, le fer est celui dont la détermination exacte offre le moins d'intérêt.
Le résidu calciné est traité par l'acide chlorhydriquo concentré, qui dissout seulement le peroxyde de fer et peut-être un peu de rhodium, et laisse insolubles l'or métallique et la majeure partie, sinon la totalité, de l'oxyde de rhodium.
On précipite le fer par l'ammoniaque, et on pèse le peroxyde calciné. Il convient de vérifier que le peroxyde de fer ne contient pas un peu d'oxyde de rhodium. A cet effet, on réduit l'oxyde par l'hydrogène ; on dissout le fer métallique par l'acide chlorhydriquo. Lorsque cet acide laisse un résidu métallique appréciable, on peut le considérer comme du rhodium, et le conserver pour le réunir aux autres fractions du même métal qui se trouvent, l'une avec l'or, l'autre avec les sulfures précipités par l'hydrogène sulfuré.
Il est inutile de corriger le poids du peroxyde de fer du poids du rhodium dissous par l'acide chlorhydriquo, car ce dernier poids est toujours très-faible, et ne peut certainement pas compenser les pertes qui ont été faites sur le fer pendant les diverses opérations.
L'or et l'oxyde de rhodium, indissous par l'acide chlorhydriquo, sont traités par l'eau régale très-faible, qui dissout seulement l'or.
On conserve la dissolution régale et le résidu d'oxyde de rhodium, jusqu'à ce qu'on ait achevé le traitement des sulfures qui ont été précipités par l'hydrogène sulfuré.
Traitement des sulfures. — Les sulfures et le dépôt de soufre produit pendant la concentration de la liqueur sont reçus sur un filtre, et grillés ensuite avec le filtre dans une capsule de porcelaine.
On prend pour le grillage les précautions nécessaires pour expulser à peu près la totalité du soufre à l'état d'acide sulfureux. La matière grillée ne renferme qu'une quantité très-faible d'acide sulfurique; elle contient l'or métallique, et les oxydes de palladium, de rhodium et de cuivre.
Le grillage doit avoit été termibé ao rooge^ c'est^à'^Ure ft lltie température assez élevée pour eoleter à Foxyde de rhodiUiu sa solubilité dans les addess
Ou traite la matière par Taeiâe ohlothydrique eonoeatré, qui dissout le cuivre et le palladium, et laisse insolubles Toî méial^ lique et l'oxyde de rhodium*
La partie insoluble dans Tadde bUôrhydrique eët enduite traitée par l'eau régale faible ; l'oxyde de rhodium reste indissoUs ; l'or passe en dissolution dans l'eau régale.
Pour déterminer l'or, on réunit les deux liqueurs régales qui renferment les fractions de ce métal ; On évapore lentement à sec^ en terminant Tévaporation dans une capsule de porcelaine pi^alablement pesée; on chautTe lentement le résidu jusqu'au rouge; on pèse après refroidissement i L'augmentation de poids de Ift capsule est le poids de l'or métallique:
Pour le dosage du rhodium $ on réunit la petite quantité de rhodium qui a été précipitée avec le peroxyde de fer eux deux fractions de l'oxyde de rhodium qu'oti a ëépatées de l'or pat l'eau régale faible; On réduit l'oxyde par l'hydrogèue ; on pèse le rh6« dium métallique.
On ajoute le poids obtenu à celui du rhodium qui tt été séparé de l'iridium, dans le ttaitemétit du précipité prodiiit par le sel ammoniac et par l'alcooh
D'après la mbrche que nous ëvoné traeée potir l'analyse^ la
Uqueur alcoolique ne renferme pas d'iridium, ou du moins n'en contient qu'une quantité négligeable» D est cependatit pfudfent de rechercher Si la fraction du rhodium qu'on retire de la disso^ lution alcoolique ne contient pas un peu d'iridium: A cet elfbt, on traite le rhodium obtenii par fusioils successiveë avec le bisulfate de potasse, en reprenant chaque fois par l'eaU;
Si, à la suite de ces opérations-, bn obtieUtuil péU d'OXJrde d'iridium, on fait la réduction de l'oxyde par l'hydrogètie \ ôh pèëe l'iridium métallique^ et on ajoute âdh poids à celui de l'itidiulfi qui a été obtenu dans le traitement du précipité produit pair le sel ammoniac et l'alcool.
Il ne reste plue à examinet que la liqueur chlôrhydHqUé eOtttenant le palladium et le cuivre. On ajoute à la liqueur acide du chlorure de potassium on faible excès, c'èst^i-dire en quatitité ua peu plus que suffisante pour que tout le palladium puisse passer
lONESlAIB^ DU PLATINE. 1111
à rétat de chlorare double ; on cherche do plus à transformer le ptotoohlontre en bichlorure.
On verse un peu d'acide azotique, et on évapore trëfiJentement à ftêCi On traite le résidu par Talcool à la denâitô de 0,84. Le chlorure de cuivre et le chlorure de potassium en excès se dissolvent» Le chlorure double de palladium et de potassium reste in dissous.
Oa le reçoit sur un filtre pesé $ on le lave avec de l'alcool, de manière à dissoudre tout le chlorure alcalin non combiné i on fait sécher à 100 degrés et on pèse. On peut admettre que le chlorure double contient S9 pour 100 depalladiumé
Eu opérant ainsi, on peut craindre de laisser un peu de chlorure de potassium avec le chlorure double, et d'obtenir pour le palladium un poids trop forti
On peut vérifier le dosage de deux manières t on dissout le chlorure double dans l'eau bouillante^ et on précipite le palla*dium par le eyatiurd de mercure (chapitre xxiv) ; ou bien on oal^ cine le chlorure double au rouge dans une atmosphère d'hydro-^ gène \ on dissout le chlorure alcalin par l'eau bouillante, et on pèse le palladium métallique.
Ces deux modes de dosage du palladium ne donnent cepon'^ dant pas des résultats beaucoup plus certains que la posée du chlorure double, desséché à 100 degrés.
Nous ferons observer, d'ailleurs^ que dans la plupart des mincirais la proportion du palladium est tellement faible, qu'en opérant sur 2 ou sur 3 grammes de matière il faut se contenter d'une simple approximation.
La détermination du cuivre ne présente aucune difficulté t on acidifie la liqueur par l'aoide chlorhydrique ; on étend d'eau, et on Mi arriver de l'hydrogène sulfuré; on lave le sulfure de cuivre par décantations.
Lorsque le précipité est en quantité un peu notable , on pèse le cuivre à l'état de sulfure Gti^S, calciné au rouge sombre, et à l'abri du contact de l'air, dans un creuset de porcelaine préalablement taré .
Lorsque le précipité est faible, ce qui est le cas le plus ordinairC) on le traite par l'acide azotique faible ; on sépare le soufre indissous ; on ajoute de l'ammoniaque en excès, et on évalue le cuivre d'après l'intensité de la coloration bleue de la liqueur.
Oralns il*oa«iilare <l*iriéittwi« — Les grains d'osmiure d'iridium sont extrêmement durs ; leur pulvérisation présente de sérieuses difficultés.
En se servant d'un mortier d'acier, on n'arrive pas à obtenir une poudre impalpable ; do plus, il faut traiter par l'acide chlorhydrique la poudre plus ou moins fine qui est obtenue, afin d'enlever l'acier qui a été détaché du mortier. . On. réussit à réduire l'osmiure en poudre plus fine en suivant la marche que nous avons tracée précédemment.
On fait fondre l'osmiure avec six fois son poids de zinc pur, en opérant dans un creuset de charbon ; on fait chauffer pendant une heure un peu au-dessous du rouge ; on porte ensuite le creuset au rouge blanc, on le maintient à ce degré de chaleur jusqu'à ce que tout le zinc soit volatilisé.
L'osmiure se trouve dans le creuset sous forme d'une éponge brillante, qui se laisse réduire avec une certaine facilité en poudre impalpable. Les grains les pliis gros ont seuls résisté en partie à l'action du ' zinc ; on les sépare par tamisage.
Ce procédé n'expose pas à des pertes appréciables des métaux contenus dans l'osmiure d'iridium ; il est relativement simple, et n'offre qu'un seul inconvénient: il est possible que le zinc ne soit pas rigoureusement expulsé en totalité; il en résulte une faible incertitude sur le poids du minéral qui est soumis à l'analyse. De plus, lorsque l'osmium est évalué par différence, ce qui est le procédé le plus simple et le moins inexact de détermination pour ce métal, on porte au compte de l'osmium le zinc qui n'a pas éfé expulsé.
Dans l'analyse de l'osmiure d'iridium, on doit évaluer ou doser : l'osmium, riridium,le rhodium, le ruthénium, et même le platine et le palladium. Il y a lieu de rechercher, en outre, le cuivre et le fer.
On opère sur 2 ou 3 grammes d'osmiure réduit en poudre impalpable ; on le mélange aussi intimement que possible avec cinq ou six fois son poids de bioxyde de barium, ou d'un mélange de bioxyde de barium et d'azotate de baryte.
On fait chauffer la matière dans un creuset d'argent fermé par son couvercle, pendant deux heures, à la température la plus élevée que puisse supporter l'argent.
L'osmiure est ordinairement attaqué bien complètement; la
matière contenue [dans ie creuset est plus ou moins a§[glomérée, suivant qu'on a employé le mélange d'azotate de baryte ou le bioxydeseul.
On sépare la matière du creuset, et on nettoie ce dernier en frottant les parois avec un pinceau très-dur et mouillé. On traite cette matière par l'eau d'abord, par l'eau régale ensuite, en opérant dans une cornue ou dans une capsule.
On se sert d'une cornue lorsqu'on a l'intention de doser directement l'osmium, et d'une capsule quand on se décide à évaluer l'osmium par différence.
Nous avons exposé précédemment (chapitre xxviii) les difficultés .que présente le dosage de l'osmium, nous décrirons Tanalyso en admettant que l'osmium est évalué par différence.
La matière est mise dans une capsule de porcelaine^ contenant un peu d'eau ; on recouvre la capsule d'un entonnoir ; on introduit peu à peu l'eau régale, composée de 2 parties d'acide chlorhydrique et de 1 partie d'acide azotique ; on porte à l'ébullition jusqu'à ce que les vapeurs acides n'aient plus la plus faible odeur d'acide osmique. Ouest obligé d'ajouter de temps en temps de nouvelle eau régale ; l'expulsion totale de Tosmium à l'état d'acide osmique n'est pas toujours obtenue après quinze ou seize heures d'ébuUition.
Lorsque toute odeur d'acide osmique a disparu, on cesse de chauffer à 100 degrés ; on enlève l'entonnoir, et on fait tomber dans la capsule les matières qui ont été projetées sur les parois. On évapore à sec à température très-basse ; on traite le résidu par de l'eau faiblement acidulée par l'acide chlorhydrique.
Il reste quelquefois un peu d'osmiure d'iridium non attaqué lorsqu'on n'a pas pris les soins nécessaires pour la porphyrisation et pour le mélange de l'osmiure d'iridium avec les réactifs. On reçoit cette matière sur un filtre ; on la pèse, et on retranche son poids de celui de l'osmiure soumis à l'analyse.
On verse dans la liqueur étendue la quantité d'acide sulfurique nécessaire pour précipiter complètement la baryte. On peut procéder de deux manières différentes :
!• Calculer d'avance le volume d'un acide sulfurique titré qui correspond exactement à la baryte du bioxyde do barium et de l'azotate de baryte ;
IHi xMÉTAUX PROPREMENT DITS.
r YerBer Tacide sulftirique trftB-étetida d*6att Jiuqu'à ce qu'il ne se produise plQi de ti'ouble Appréciable!
On fait chauffer pendant plusieurs heures ; on décanté lorsque le précipité est nettement rassemblé \ oii lave le eulf ato de bafjrte par décantations^ avec de l'eau faiblement acidulée par Tadda chlorhydrique»
On ajoute à la liqueur aoide 6 gramfnea environ de sel atnme* niac ; on évapore à sec à une trës-douoe chaleur ; on traite le réaidu par une dissolution un peu concentrée de sel ammoniac \ on dé^ cante ; on lave la partie insoluble avec de l'aloool, d'abord par décantations^ ensuite sur un filtre.
Cette partie insoluble contient^ à l'état de chlorures combinés avec le chlorure d'ammonium, le platine, l'iridium, le ruthénium, et un peu de rhodium. Dans la liqueur alcolique se trouvent la hiajeure partie du rhodium, le fer et le cuivre.
Les chlorures doubles, insolubles dans le sel ammoniac et dans •^**Vbf^ Talcool, renferment une proportion très-faible de rhodium^ : on est obligé de négliger ce métal, et d'opérer comme si leâ seuls métaux contenus dans les chlorures étaient Tiridium^ le ruthénium et le platine.
On fait sécher le filtre ; on ^introduit daiis un creuset de platine, et on fait chauffer trës-lentement au rouge sombre. U est essentiel que la calcination soit conduite avec une lenteur trèsgrande et telle qui^ ia décdmpoisitibti du papier et la Volatilisation du sel ammoniac n*exposent à aucune perte appréciable Aqs métaux.
On découvre le creuset pendant le temps nécessaire à la combustion du charbon ; on fait ôhaûffer la matière métallique dans un courant d'hydrogène ; oh pèse après refroidissement le platine, l'iridium et le ruthénium.
On traite les métaux par l'eau régale faible, qui dissout seulement le platine. Après avoir bieu lavé la partie insoluble^ on la fait chauffer pendant quelques instants dans une atmosphère
1 Le chtoirure double de rhodium et d'ammonium est dtesous ))resq!ie en totalité dans la première partie des lavages, c'est-à-dire loraqu^oti traite par une diisoluttoa uA peli eoncefelrée de sel ammoniac le résidu obtenu par Tévaporation à see de la lifiuenr ehlorhydrique. Il resterait, au contraire, une fraction notable du chlorure double de rbodiom avec les chlorures doubles de platiné. d4ridiùm et de ruthénium, si on traitait de suite par l'aloool le résidu de l'évaporation à sec de la liqueur chlorbydril)ie.
MINEHAIB DU PLATINE» 4ilB
d'hydrogène ; on pèse après refroidifidementi La perte do poids représente le platine i
n convient de vérifier cette évaluation du platine, faite par différenee^ On ajouté du ohloture de petAssium à la dissolution régale \ où évapore lentement jusqu'à siooité i on traite le résidu pat l'aloôoh
La partie insoluble doit être du chloruré double de platine et de potassiuili, nettement ctoactérisé par sa couleur jaunes On rd*çoit le chlorure double sUr tin filtre pesé d*aTance ; onlaVeà TaK cool asses longtemps pour que tout le chlorure de potassium non combiné soit disSous ; on fait séch^ à 100 degrés, et on pèse.
D'après le poids dti chlorure double, on calcule ie platine i ou compare le nombre obteUu par oe dosage à celui qui a été évalué par différence : les deux nombres doivent être presque identi*ques lorsque les opérations otit été bien conduites.
Lorsque Teau régale faible a dissoul un peu d'iridium et de ruthénium^ on en est averti par la coloration du ohorure double de platine et de potassiumi II faut alors calciner ce chlorure jusqu'au rouge dans un courant d'hydrogène et traiter par Teau bouillanti)) afin dé dissoudre le ehlorure alcaliUi On pèse les tuétaux après oaloination dans une atmosphère d'hydrogène ; on les traite de nouveau par l'eau régale très^faible.
On pesé) s'il y a lieu ^ la quantité très-faible d'iridium et de ru* théniura, qui reetent iâdissous. On calcule une seconde fois le platine par différence ; on réunit l'iridium et le ruthénium à la première nftatière indissoute par l'eaU régale faibloi
Après avoir pesé l'iridium et le ruthénium, on fait chauffer les deux métaux avec un mélange de potasse et d'asotate de potasse (Voir chapitre xxvn) ; oti traite la matière par l'eau, qui dissout la totalité du ruthénium à l'état de ruthéniate de potassé^ et laisse insoluble presque tout l'iridium à l'état d'oxyde»
Ainsi que nous l'avons déjà dit) la sépcJ^btioti de Tiridium et du ruthénium par ce procédé laisse beaucoup à désirer . La liqueur alcaline est presque toujours colorée en vert bleuâtre par une petite quantité d'iridiate alcalin^ Tant que cette coloration verte n'est pas trop prononcée, on peut admettre que la séparation est obte*^ nue avec uUe netteté suffisante i
On précipite lo ruthénium en saturant l'alcali de la liqueur par l'acide aaotique ; après avoir bien lavé lo pi'éoipité^ on le dal-
cine ; on réduit l'oxyde de ruthénium par l'hydrogène ; on pèse le ruthénium à l'état métallique. On évahie l'iridium par différence.
Si, au contraire, la dissolution alcaline est fortement colorée çn vert ou en bleu verdâtre, on est averti qu'il s'est formé une proportion notable d'iridiate alcalin ; il faut traiter encore le ruthénium impur, obtenu à la suite des opérations que nous venons de décrire (précipitation par l'acide azotique, lavage du précipité, calcination et réduction parThydrogène).
On le fait chauffer avec de la potasse et do l'azotate de potasse, en employant une proportion de réactifs moins forte que la première fois ; on reprend par l'eau après refroidissement. 11 faut continuer ces opérations jusqu'à ce qu'on obtienne une liqueur alcaline faiblement colorée en vert.
On en précipite l'oxyde de ruthénium par l'acide azotique, et on pèse le ruthénium métallique.
Dans ces opérations, on n'arrive à obtenir du ruthénium à peu près exempt d'iridium qu'en laissant une partie du ruthénium avec l'iridium.
Il est donc possible d'obtenir avec une exactitude suffisante la somme des poids des deux métaux ; mais on peut à peine espérer une approximation douteuse pour la proportion du ruthéniiun, et par suite pour celle de l'iridium, qui est évalué par différence. Liqaeora ^^^ liqueurs provenant du lavage des chlorures doubles formés alcooliques, p^p l'iridium, le ruthénium et le platine, contiennent beaucoup de sel ammoniac et d'alcool; elles renferment le rhodium, et quelquefois un peu de fer et de cuivre.
On les évapore à sec, en terminant l'évaporation dans une capsule de porcelaine ; on imprègne le résidu avec un peu de suifhydrate d'ammoniaque ; on ajoute un peu de soufre pulvérisé ; on recouvre la capsule avec le couvercle d'un creuset de porcelaine ; on fait chauffer très-lentement jusqu'au rouge dans une atmosphère non oxydante.
On parvient ainsi à obtenir les métaux à l'état de sulfures. On les soumet à un grillage un peu lent, commencé dans une atmosphère peu oxydante, et terminé à une température assez élevée pour que l'oxyde de rhodium perde entièrement sa solubilité dans les acides.
On traite les oxydes par l'acide chlorhydrique un peu concen*
tré. Le fer et le cuivre se dissolvent ; Toxyde de rhodium reste insoluble. On réduit l'oxyde de rhodium par Thydrogène ; on pèse le rhodium métallique.
On cixerche enfin le fer et le cuivre dans la liqueur chlorhydrique ; on ajoute un peu d*acido azotique ; on concentre les liqueurs par évaporation ; on sature peu à peu les acides par Tammoniaque étendue.
Sans chercher à obtenir une séparation plus nette du fer et du cuivre, on pèse, s'il y a lieu, le peroxyde de fer après calcination ; on évalue le cuivre d'après l'intensité de la coloration bleue do la liqueur ammoniacale.
Toutes les opérations étant terminées, on évalue l'osmium par différence.
Grfttns d*lridiuni. — Nous avons donné dans les tableaux précédents la composition de deux échantillons de minerais de platine, provenant du Brésil et de la Sibérie, contenant une proportion très-forte d'iridium. Ces minerais diffèrent notablement des minerais ordinaires, pour la densité, qui est de 22,60 et 23,00, et pour la résistance qu'ils opposent à l'action de l'eau régale. Nous pouvons les caractériser en les désignant sous le nom de grains d iridium.
Leur analyse ne peut pas être faite comme celle des grains de platine, car l'eau régale ne les attaque que partiellement; il faut procéder comme pour les grains d'osmiure d'iridium, ou bien encore adopter le procédé suivant :
On fait chauffer, dans un creuset de charbon, 2 grammes du minerai avec 10 grammes de zinc pur; on maintient le creuset au rouge pendant une heure, et au rouge blanc pendant deux heures. La matière métallique agglomérée qu'on retire du creuset retient une certaine quantité de zinc, mais elle est rendue attaquable par l'eau régale concentrée.
On ramène ainsi l'analyse aux conditions précédemment considérées, c'est-à-dire qu'on peut opérer de la même manière que pour les grains de platine. La présence du zinc n'apporte dans les diverses opérations que des difficultés faciles & surmonter.
Bësidu*. — Nous prendrons pour exemple l'examen des résidus insolubles et précipités, mélangés, contenant par consé-
quent du for chromé, du fer titane, des zireons, de Toxyde de fer, du cuivre, de Tosiniure d'Iridium, des grains d'iridium, et de faibles quantités de platine, de palladium, d'iridium et de rhodium . Les résidus ne contiennent une proportion un peu forte do platine, d'iridium et de rhodium que dans quelques circonstances particulières, par exemple lorsque les minernis traités contiennent des grains d'iridium.
On n'a aucun intérêt à faire une analyse exacte de oes résidus; on doit s'attacher principalement à déterminer la proportion de l'osmiure d'iridium et celle du platine, à reconnaître si la matière proposée contient une quantité appréciable d'iridium, de palladium et de rhodium.
Nous conseillons de faire deux séries d'opérations :
Dans la première, on évalue avec une e;i^^ctitude assez grande le poids de l'osmiure d'iridium, du platinej de J'iridiutn, du palladium et du rhodium.
Dans la seconda, on pèse d'abord exactement l'osmiure d'iridium seul. f!n comparant son poids au poi43 obtenu dans la première série d'opérations, on a, par différenpo, la quantité des autres métaux^ platine, p^ladium, etc, et on voit s'il pst réellement utile d'en faire les séparations et les dosages.
pREMiÈRis OPÉRATION. — On fait fondre au creuset de terre 10 grammes des résidus avec 20 grammes d'argent fin et avec 30 grammes de borax ; on opère comme nous l'ayons indiqué précédemment pour l'analyse des grains de platine ; on pèse le culot métallique ; en en retranchant le poids de l'argent employé, on a, par différence, la somme des poids, P, de l'osmiure d'iridium, dn platine, du palladiuip, du rhodium et de l'iridinm.
Seconde série d'opérations. — On doit opérer sur un poids très-fort, afin de pouvoir déterminer, si cela est nécessaire, des quantités très-faibles des divers métaux.
On mélange aussi intimement que possible SO grammes des résidus ^vec 150 grammes de litharge et SO grammes de borax, On met au fond d'un creuset de terre de 80 à 100 grammes de plomb ; on place au-dessus le mélange des résidus avec la litharge ; on recouvre le tout d'une couche de litharge de quelques millimètres d'épaisseur. On fait chauffer lentement jusqu'à
fusion parfaite do la scorie. On retire le creuset du feu, et on laisse refroidir.
Eu causant le creuset, on obtient un culot métallique qui contient : l'osmiure d'iridium non combiné avec le plomb, et les autres métaux, platine, iridium, palladium, rhodium, combinés avec le plomb.
On aplatit le culot sous le marteau, en évitant toute perte de matière métallique; on l'attaque par l'acide azotique peu concentré, en faisant chauffer 4 iOO degrés.
Lorsque l'action de Tacide paraît épuisée, on ajoute de l'eau bouillante ; on laisse la partie indissoute se rassembler ; on décante la liqueur claire ; on la remplace par de l'acide axotique, et on continue l'attaque.
On arrive un peu péniblement à dissoudre la totalité du plomb. Lorsque ce résultat est atteint, on lave la partie insoluble avec de l'eau bouillante. On a dans les liqueurs acides, avec le plomb , le palladium et un peu de platine. La partie insoluble renferme Tosmiure d'iridium, le reste du platine, l'iridium et le rhodium,
On attaque cett^ matière par Teau régale concentrée ; on renouvelle les acides jusqu'à ce qu'on soit bien certain qu'ils n'exercent plus aucune action. On décante alors la liqueur acide ; on lave la partie insoluble par décantations, et on la pèse. Cette partie insoluble est l'osmiure d^ridium contenu dans les résidus : soitp son poids,
La différencPi P-^p, donne la somma des poids du platine, du palladium, du rhodium et de llridium.
Nous admettons que cette différence est assez grande pour qu'il y ait Ueu de rechercher les métaux dans les liqueurs azotiques et dans la dissolution régale.
IAqwur$ Motiqw», -^ On verse dans oes liqueurs étendues un faible excès d'acide sulfurique : il se forme un précipité très-volumineux de sulfate de plomb ; on attend qu'il soit nettement rassemblé» et on le lave par décantations. On évapore lentement la liqueur acide de manière à expulser complètement l'acide azotique ; lorsque ce résultat est atteint, on étend d'un peu d'eau ; on ajoute du carbonate de soude en excès ; on évapore à sec^ «en terminant l'évaporatian dans une capsule de platine. On fait chauffer le résidu au rouge sombre, dans une atmo*
sphère oxydante. Après refroidissement, on traite la matière par Teau bouillante, afin de dissoudre les sels alcalins.
La matière insoluble contient un peu d'oxyde de plomb, l'oxyde de palladium , le piétine métallique , peut-être même un peu d'oxyde de platine.
On ti*aite cette matière par Tacido azotique étendu, qui dissout le plomb et laisse insolubles le platine et le palladium.
Après avoir lavé la partie insoluble, on la calcine dans une atmosphère d'hydrogène. On pèse ensemble les deux métaux. On les sépare en traitant par l'acide azotique un peu concentré ; le palladium seul est dissous ; on pèse le platine însotuble et on évalue par différence le palladium.
On peut vérifier cette évaluation en précipitant 4e palladium par le cyanure de mercure, et en pesant le palladium métallique avec les précautions précédemment indiquées. '
Ces opérations ne peuvent donner, pour le platine et le palladium, que des indications peu exactes : le sulfate de plomb doit entraîner une fraction notable des deux métaux. On perd encore un peu de palladium, peut-être même de platine, dans le traitement par l'acide azotique étendu, qui a pour but d'enlever les dernières parties de l'oxyde de plomb.
DissohUion régale. — On doit chercher dans cette dissolution le platine, l'iridium et le rhodium. On suit une marche analogue à celle que nous avons tracée pour l'analyse des grains de platine. On évapore lentement à sec; on traite le résidu par l'eau très-faiblement acidulée par l'acide chlorhydriqne ; on ajoute du sel ammoniac et de l'alcool. On lave le précipité avec de l'eau presque saturée de sel ammoniac et avec de l'alcool.
On concentre les liqueurs par évaporation très-lente. H se forme un nouveau précipité qu'on réunit au premier.
La liqueur ne renferme plus que du rhodium ; les deux précipités réunis contiennent le platine et l'iridium à l'état de chlorures combinés avec le chlorure d'ammonium ; on négUge la petite quantité de chlorure double de rhodium que retiennent ces précipités.
On calcine les précipités ; on les fait chauffer pendant quelque temps dans un courant d'hydrogène ; on pèse l'iridium et Je platine métalliques. On traite les métaux par l'eau régale faible, qui dissout seulement le platine ; on pèse l'iridium après calci-
MINERAIS DU PLATINE. il2i
nation dans l'hydrogène ; on évalue le platine par différence, et on ajoute au poids obtenu celui du platine qui a été séparé du palladium.
Pour obtenir le rhodium, on évapore très-lentement à sec la liqueur alcoolique qui est presque saturée de sel ammoniac ; on fait chauffer le résidu jusqu'au rouge ; on termine la calcination dans une nacelle de platine et dans un courant d'hydrogène ; on pèse le rhodium métallique.