CHAPITRE XIV
ZINC. Zn= 406,59.
Le zinc livré par les usines est rarement d'une pureté parfaite : il contient au moins des traces de carbone et de fer, et souvent des quantités appréciables de soufre, d'arsenic, de plomb^ de cadmium, etc. Dans les fabriques de produits chimiques, on cherche à purifier le zinc du commerce par des distillations lentes, mais ce moyen de purification est très-imparfait. Il n*est possible d'obtenir du zinc rigoureusement pur qu'en réduisant l'oxyde par l'hydrogène au rouge : il faut de plus prendre les précautions les plus minutieuses pour que l'hydrogène soit lui-même d'une pureté parfaite. Ce procédé de préparation ne peut donner que des quantités très-faibles de métal pur : pour les usages des laboratoires, on doit se contenter du zinc distillé.
Le zinc en lingots est d'un blanc bleuâtre : il a un vif éclat au moment où il vient d'être coulé; la surface se ternit trèS'promptement au contact de l'air, elle devient d'un gris blanc terne ; l'oxydation ne pénètre pas dans l'intérieur des lingots.
La texture est cristalline. Lorsque les Ungots ont été refroidis avec une lenteur convenable, ils présentent à la cassure de magnifiques lamelles, très-brillantes. La netteté des lamelles dépend de deux conditions principales : de la pureté du métal, de la rapidité du refroidissement ; elle permet par conséquent de reconndtre le degré de pureté relative de différents lingots coulés dans les mêmes circonstances.
Le zinc est ductile et malléable ; on peut l'étirer on fils assez fins, le laminer en feuilles minces; mais, pour le zinc impur, on doit opérer à une température supérieure à 100 degrés, inférieure au rouge sombre ; souvent même on ne parvient pas à obtenir des feuilles régulières, lorsque le métal renferme une proportion un peu forte de corps étrangers. Le zinc presque pur se laisse étirer et laminer avec facilité, même au-dessous de 100 degrés. La densité du zinc varie entre 6,86 et 7,20.
Le métal est peu sonore ; il est mou et il graisse la lime. Il entre en fusion au rouge sombre; il commence à donner des vapeurs sensibles à une température très-peu plus élevée ; on ne peut le distiller rapidement qu'au rouge yif ; il entraîne dans la distillation rapide à peu près la totalité des corps étrangers qu'il renferme. On ne parvient h purifier <jue trèi^-incomplétement le zinc du commerce par distillation, en opérant avec une grande lenteur, et en fractionnant les produits.
Le zinc est attaqué plus ou moins rapidement par les acides non oxydants, étendus d'eau ; il y a dégagement d'hydrogène, provenant delà décomposition de l'eau. Le dégagement d'hydrogène a lieu même par Faction des acides organiques, tels que l'acide acétique et l'acide citrique : il est beaucoup plus lent que celui auquel donnent lieu les acides minéraux énergiques. L'acide sulfureux, en présence de l'eau, et à Tabri du contact de l'air, dissout lentement le zinc sans dégagement de gaa,aveG formation d'byposulfite et de sulfite. Le zinc s'altère très-promptement dans l'eau, tenant en dissolution de l'air et de l'acide carbonique, sans qu'il y ait décomposition de l'eau.
Lorsqu'on prépare l'hydrogène en traitant le zinc par l'acide sulfurique très-étendu, on observe de grandes différences dans la rapidité du dégagement, suivant l'état plus ou moins rugueux de la surface du métal. Le zinc grenaille dans l'eau donne toujours un dégagement bien plus rapide que le ;inc laminé, coupé à la cisaille, et surtout que le zinc fondu, dont la surfoce est brillante.
L'hydrogène se dégage da suit* avec une rapidité beaucoup plus grande lorsqu'on met en eontact avec le zinc un métal non attaquable par l'acide non oxydant : par exemple, du cuivre, di| platine.
Le dégagement est encore rendu plus rapide quand on ajouta à la liqueur acide une quantité, même très-petite, de différents sels, de chlorure de platine, de sulfate de cuivre, d'arsénites de zinc ou de cuivre, etc...; il est, au contraire, rendu beaucoup plus lent par l'addition d'un peu de chlorure de mercure.
Diverses explicatiiDns de ces faits ont été mises en avant; noua ne les reproduirons pas, car/ leur discussion ne serait pas h sa place dans un traité d'analyse.
L'acide azotique très-étandu attaque rapidement le ziuc, aveo