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Docteur A. Joseph Rivière

Cette idée magnifique et féconde pour la paix, de la création de tribunaux Internationaux associés à une Police Internationale comme sanction, chemine dans les esprits.

Le conflit sino-japonais en confirme l’impérieuse nécessité.

La Société des Nations, le Pacte de Genève, apparaissent comme insuffisants s’ils ne sont pas appuyés par une force armée internationale.

Les beaux discours, les sermons religieux, les grands mots de devoir, d’humanité, de concessions mutuelles d’entente, de parole d’honneur, ne suffisent pas a empêcher les conflits.

« Pour assurer la paix dans le monde, a dit le docteur A. Joseph Rivière, il faut la coopération internationale , une coopération effective , seule opérante. »

Cette idée unique, forte, s’impose ainsi par les faits.

Avec l’admiration que nous avons pour le grand humanitaire et distingué savant qu’est le docteur Joseph Rivière, nous avons tenu à rappeler qu’il a été le créateur et le promoteur de l’idée d’une Police Internationale, comme de la constitution d’Organes recteurs qu’il appelait Tribunal International et Tribunal Humanitaire.

Le 21 mars 1905, à la première assemblée Générale de l’Association Médicale Internationale pour aider à la suppression de la guerre, le docteur Rivière, Président Fondateur de l’Œuvre, formulait déjà les propositions suivantes qui furent votées à l’unanimité et communiquées à la Presse Mondiale puis adressées le 27 juin 1907 à M.

Léon Bourgeois, Président de la Commission d’ Arbitrage à la Haye.

« En attendant que tous les peuples

« aient compris les bienfaits du libre- « échange, qui, lui seul, ferait dispa- « raître les causes des guerres moder- « nés, nous sommes d’avis que, pour « supprimer la guerre, il suffirait d’ap- « pliquer aux nations les lois qui ré- « gissent les individus.

« Chaque profession, chaque corpo- « ration de chaque pays devraient être « représentées devant un Haut Tribu- « nal, qui prendrait le nom de Tribunal « International. Au-dessus de lui une « juridiction suprême s’appellerait Tri- « bunal Humanitaire.

« La sanction de ces tribunaux ne « serait pas plus difficile à appliquer « que celle des Tribunaux ordinaires, « une Police Internationale remplaçant « la Police Nationale. »

Ceci exposé, nous constatons que cette idée fut reprise en 1912 par Van Vollenhoven, et en 1919 par Léon Bourgeois et par Clémenceau.

En 1924, le doctejur Rivière revient à son idée dans un travail envoyé au Concours de la Paix : Comment rétablir la sécurité et la prospérité en France et en Europe par la coopération Internationale? Sa conclusion est la même; la création de deux organes mondiaux appelés à juger en toute compétence et toute autorité les différends et les délits entre nations, afin d’arriver à la sécurité mondiale : Tribunal International, Tribunal Humanitaire. Armée de répression jcollective dénommée : Police Internationale.

Les modalités d’application de ces idées sont soigneusement étudiées et spécifiées. La Société intégrale des Nations aurait pour mission nous dit le génial précurseur, de consolider et de garantir les groupements ethniques reconstitués à Versailles. (Groupements réclamés dès 1905 par l’Association Mé-

cîicale Internationale pour aider à la suppression de la guerre.)

La Société intégrale des Nations garantissant les groupements ethniques — ainsi que le docteur Rivière le demandait en mars 1905, après avoir été le premier à demander que le mot OBLI¬ GATOIRE fut placé après celui d’arbitrage — personne ne peut organiser ce vol à main armée qui se nomme la guerre.

« L’humanité désormais à l’abri du monstre qui absorbait et annihilait toutes ses énergies écrivait le docteur Joseph Rivière ( Annales de Physicothérapie , avril 1905), envisagera l’avenir sous un jour plus clément et, débarrassée de toutes les querelles qui retardaient sa marche, aboutira à cette unification des poids, des mesures, des monnaies, des langues et des religions, qui assurera la bonne harmonie universelle ».

Ces idées furent répandues par la presse dans tous les pays dès avril 1905.

Le docteur Joseph Rivière entreprit en septembre 1926 un voyage en Amérique, de plusieurs mois, voyage qui lui permit de parler des liens qui unissent la France et l’Amérique et qui eut pour résultat de faire mieux aimer notre pays.

Au moment où j’écris cet article, il me tombe sous les yeux les appréciations que j’ai relevées à l’époque et sur lesquelles je suis heureux de revenir.

The Medical Journal And Record , importante revue fondée en 1843, écrivait le 5 mai 1927 à propos d’un dîner qui fut donné en son honneur au plus important Club de l’Amérique du Nord, Union League Club et auquel assistèrent une centaine de sommités médicales et les plus hautes notabilités des Etats-Unis :

« The dinner was attended by one « hundred and sixty one guests and is « said to hâve been the largest private « dinner ever neld within the walls of « New York’ s historié Club. ».

Le docteur Joseph Rivière prononça au cours de cette manifestation un beau discours dans lequel, après son

lumineux exposé, plein de détails suggestifs, il émit cette pensée, qui a également et heureusement fait du chemin depuis :

« Que la France, la Grande-Breta- « gne et l’Amérique fassent sous l’égi- « de de la Société des Nations une coo- « pération effective pour en arriver à « la constitution d’une armée . interna- « tionale, qui renforcera la ligue des « Nations. Le désarmement sera la con- « séquence nécessaire de cette coopéra- « tion. »

11 exprima du reste avec un magnifique courage de fortes vérités :

« To prevent another war, the great « Foch asked at the Peace Conférence « of Versailles, that the Rhine be given « to France as a necessary natural « frontier. That was not accepted but « a promise was given that America « will always corne to the aid of Fran- « ce in the case of a german attack, « This promise, called « The clause of o Security » was finally considered as « a compensation for not having the « Rhine as a necessary frontier after a « similar promise by Great Britain on « the condition that America should « side with France in the event of a « german aggression. Peace was si- « gned on that very important basis « for France security»

« Want of security has always been « in the mind of every Frenchmann.

« Paris is very near the Ruhr, which « is a wonderful machine for économie « purposes as well as for purposes of « war. This marvelous machine can be « turned suddenly into an infernal ma- « chine, which can cover Paris with « aéroplanes and asphyxiating gas. A a nation who has acquired too many « rights to exist and to pursue her mis- « sion in the world cannot afford to perce mit herselft tobe exposed to destruc- « tion because of her love feace. She « miust protect herself against the spi- « rit of revenge which always exists in « the mind of the vanquished. There- « fore, the necessity for France to hâve « an army to insure the terms of the « Peace treaty. Although the French

« forces hâve been reduced more tlian « an y of tlie others, it is ruinous ior « us tomobilize our youth for the pur- « pose of securing tlie police of Euro- « pe, even the police of Syria and Mo- « rocco as has been done lately.

« America, France and Great Britain « should now lise their moral, écono- « mie and material power to cooperate « in the formation of a complété world a organization with an international « armij to enforce the socalled League « of Nations. Disarmement will follow a as a necessary conséquence. The acte tuai League of Nations was really an « inter al lied League formed for the « purpose of securing the Versailles « Treaty. It niust stay on tbat ground ».

Il est précieux à un cœur français de voir avec quel enthousiasme les personnalités américaines ont félicité le savant docteur Rivière pour le résultat obtenu par sa visite de tous les grands centres américains.

« Votre voyage a fait un bien consi- « dérable lui écrit le docteur Malfort « Thewlis, rédacteur en chef de la Me- « dical Review and Review.

« Au titre de citoyen américain, je « ressens une juste fierté à la pensée « que notre peuple à l’occasion de vo- « tre séjour ici, vous a rendu un hom- « mage mérité. »

« L’Université d’Arkansas et moi- « même, avons été hautement honorés « de votre visite, lui écrit le docteur « Paul Simon, professeur à la Faculté « de Médecine et il ajoute que le pas- « sage aux Etats-Unis du distingué « patriote a fait plus de bien pour « l’amitié des deux peuples que tous « les efforts des politiciens ».

« Le docteur William Snow, Prési- « dent de l’Association Electrothéra- « pique Américaine et rédacteur en « chef du Journal Américain d’Electro- « thérapie qui signe « votre ami et ad- « mirateur sincère » voudrait posséder « une copie de tous les discours pro- « noncés à l’occasion du séjour du « grand physicothérapeute français en « Amérique. »

Nous avons aimé lire ce passage du docteur Rearn Hirsh, ancien Président de V Association Electrothérapique Américaine : « Docteur Rivière, votre ve- « nue parmi nous est un symbole d’a- « initié. Pendant votre pèlerinage de « cinq mois qui se termine, à travers « les Etats-Unis que vous avez traverv sés de long en large, vous avez perce sonnifîé cette union des esprits de « nos beaux pays et, à travers elle, la « plaidoirie pour la paix mondiale que « vous préconisez depuis si longée temps. »

Le professeur-docteur James E. Davis A. M.-M.D., secrétaire de YAssocia tion Américaine des Obstétriciens, Gynecologistes et Chirurgiens abdominaux, après avoir informé le docteur Rivière de sa nomination au titre de membre d’honneur de P Association, ajoute : ce Votre présence à notre conee grès et votre participation à notre ce programme furent un grand hone neur. Nous nous rappellerons touee jours vos aimables mots de félicitaee tions et d’estime et nous sommes perce suadés que votre présence parmi « nous nous a fait mieux aimer la ce France, et a servi, ainsi, très gracieuec sement le programme de notre réuee nion.

La Patrie, journal de Montréal, relatant en 1927 le passage du docteur Rivière dans cette ville, sous ce titre : Médecin pacifiste de passage dans la Métropole dit : ce Le docteur Rivière, qui ce porte la rosette de la Légion d’honee neur, a fondé en France, il y a quelee que vingt ans, Y Association Médicale ce Internationale, dont le but est d’aiee der à la suppression de la guerre et ce il fut le premier à préconiser cornée me moyen d’atteindre à cet objectif, ce les organes mondiaux : Tribunal Inee ternational, Tribunal Humanitaire et ce Police ou Armée Internationale comte me sanction.

ce Dans l’art médical il a été un pionee nier de la thérapeutique du cancer ce par les agents physiques, électricité ce de haute fréquence sous forme d’étinee celles, rayons X-radium. »

Le docteur Kovacs, secrétaire de l’Association Américaine d’ Electrothérapie et de la Société d’ Electrothérapie de New-York, après avoir remercié le docteur Rivière de l’excellent accueil qu’il lui fit à Paris se trouve, après les quatre mois de son séjour aux Etats-Unis, encore le débiteur du docteur Rivière.

« Son voyage aux Etats-Unis, dit-il « dans un discours d’adieu, fut une vé- « ritoble mission où il plaida la cause

« Electrothérapique américaine déjà « cité, dit dans son discours au dîner « au docteur Rivière, le soir de son dé- « part des Etats-Unis : « Il vient de « retourner d’un long voyage qu’il avait « entrepris à travers notre pays. On « peut dire qu’il a visité plus d’Etats « de notre pays que quiconque parmi « nous, et on peut affirmer que pente dant ce voyage il a assisté à plus de a congrès et de réunions médicales (en-

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Le Docteur A. Joseph RIVIÈRE

« vertueuse de la thérapeutique physi- « que. Il nous a aussi porté la vérité « sur des terrains différents. La meil- « leure preuve en est que le docteur « Rivière a été élu membre d’honneur « de quatre Sociétés autres que les « Sociétés Electrothérapiques, après ses « communications à ces organisa-

«. tions. »

« Le docteur William Snow, p!u- « sieurs fois Président de l’Association

« viron soixante-dix) qu’aucun d’en- « tre nous, parlant toujours à ses au- < di teurs de la grande valeur de l’œu- « vre à laquelle nous nous sommes « tous consacrés avec ardeur. Person- « ne n’aurait pu mieux traduire ces « sentiments que notre ami, à cause de « sa longue expérience et de sa connais- « sance de la science ; il fut le pre- (c mier d’entre nous dans son dévelop- « peinent, et maintenant dans sa pro-

« gression dans notre pays bien-aimé.

« Nous nous souviendrons toujours « de votre visite et vos paroles et vos « actions sont une des plus grandes « marques de fraternité et de camara- « derie qui aient jamais été prodiguées « aux membres de notre profession, « particulièrement à ceux de Y Associa- « tion Electrotherapeutique Américai- « ne dont nous vous considérons eom- « me un des plus brillants membres « d’honneur. »

Le docteur Thewlis, directeur de la « Médical Review and Review » ajoute:

« Vous avez contribué plus que quicon- « que à faire avancer, à rendre meil- « leures, les relations existant entre les « hommes de sciences français et amé- « ricains. » Et le professeur Davis, de l’Université de Michigan d’ajouter :

« Nous sentons tous que votre visi- « te fut un réel compliment pour nous « et que les rapports entre notre peu- « pie et le vôtre ont été renchéris par « vos bonnes et courtoises remarques, « et par les belles révélations que vous « nous avez faites de la culture et du « caractère français, engagés dans l’art « et la science de la médecine. Il est « inutile de dire que, pour ceux d’en- « tre nous qui eurent l’honneur et le « plaisir de vous connaître intimement « pendant votre séjour en Amérique, « votre présence parmi nous fut une « source de joie et d’inspiration. Nous « espérons sincèrement que nous au- « rons le privilège de vous revoir. »

Et le docteur William Snow, relevant encore la valeur scientifique du docteur Joseph Rivière qu’il appelle « le pionnier des pionniers » dans le développement de l’Electrothérapie et de la Physicothérapie, ajoute avec une délicatesse pleine de charme, cette phrase de son discours : « Nous sentons bien que

« tout ce qui a été fait pour vous ne « pourra jamais égaler ce que nous « avons reçu1 de vous. »

Le commandeur docteur Sieman Bainbridge, qui à la suite d’un grand banquet donné par lui, remit à son collègue français, dans les termes les plus affectueux, le livre d’Oswald Chev

« France courageons and indomita- « ble », orné de cette belle dédicace écrite de sa main et signée de tous les convives : « La France et l’Amérique « unies à jamais ». Deux mains réunies à travers l’Océan marquaient mieux la pensée.

Nous sommes heureux de montrer ici combien a été apprécié aux Etats- Unis notre génial compatriote, véritable inspirateur de l’organisation de la paix entre nations avec la police internationale comme sanction.

Pour n’avoir pas compris et adopté la solution et le remède vulgarisés par le docteur Joseph Rivière, depuis 1905 nous demeurons impuissants contre la guerre.

Aussi, rendant hommage au savant altruiste pour son idée généreuse et son long et courageux apostolat, nous formons l’espoir de voir créer bientôt les organes internationaux réclamés par lui et qui seuls peuvent donner et assurer la paix du monde.

Prof. Jean-Bernard Lasserre.

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Distinctions méritées

Nous apprenons avec grand plaisir, que Sa Majesté le Roi d’Italie vient de conférer à M. Louis Leospo, chevalier de la Légion d’honneur, la cravate de Commandeur de la Couronne d’Italie.

M. Louis Leospo, qui est une des personnalités les plus considérables et les plus estimées de l’industrie hôtelière, est propriétaire de l’Alhambra Palace de Nice (Gimiez), dont la réputation de confort est universelle.

C’est également, avec la plus grande satisfaction que nous avons appris la nomination de M. Edouard Henriquet, au grade de chevalier de la Légion d’honneur.

M. Edouard Henriquet diri ge» depuis la mort de son père, survenue il y a quelques années, les grands magasins Old Englnnd universellement connus.

M. Edouard Henriquet est également propriétaire d’une importante écurie de courses dont les couleurs furent souvent victorieuses.

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