LVI1L- LECTURE
Les Fêles tu sanctifieras, etc. De la sanctification des Fêtes.
Jésus- Christ a donné à l'Eglise le pouvoir de faire des commandemens , et il nous a ordonné de lui obéir. Dieu ne regarde comme ses enfans que ceux qui la respectent comme leur mère. Ce pouvoir réside dans les pasteurs qu'il a établis pour nous gouverner : c'est d'eux que Notre - Seigneur a dit : « Qui vous écoute, » m'écoute ; qui vous méprise , me méprise , » et ailleurs : « Si quelqu'un n'écoute pas l'E- » glise , regardez-le comme un païen et un » publiçain. \ L'Eglise a toujours fait usage de ce pouvoir qu'elle a reçu de Jésus-Christ, Dès la naissance du christianisme , les apôtres ont fait différentes ordonnances ; et nous lisons dans le livre des Actes , que saint Paul, allant de ville en ville , en prescrivoit l'observation dans les Eglises , et que les premiers fidèles les recevoient avec beaucoup de joie. Nous devons donc les respecter nous-mêmes. Ce seroit désobéir à Dieu que de ne pas se soumettre à ceux qui nous gouvernent en son nom. Il y a six commandemens de l'Eglise qui regardent tous les fidèles. Le premier nous oblige à sanctifier les fêtes qu'elle a instituées, en nous abstenant des œuvres serviles , et en nous appliquant à des œuvres de piété et de religion. Les unes ont été établies pour célébrer les mystères de Notre-Seigneur; son incarnation , sa naissance
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temporelle , sa circoncision , sa manifestation aux Gentils, sa présentation bu temple, sa passion et sa mort , sa résurrection et son as* cension dans le Ciel , la descente du St. -Esprit sur les apôtres , et le mystère de la divine Eucharistie. Ces mystères étant la source de toutes les grâces que nous recevons de Dieu , et du salut que nous attendons , le souvenir de ces mystères doit exciter «n nous des sentimens de reconnoissance , d'adoration f de confiance , et nous animer à en recueillir les fruits par uti accroissement de foi , d'espérance et de charité. Les autres fêtes sont destinées à honorer dans la Sainte Vierge et les Saints , les grâces dont Dieu les a comblés , et la gloire dont il les a couronnés. On y rapporte leurs principales vertus , et nous nous encourageons à les imiter par la vue du bonheur ineffable qui en est la récompense. En même temps , pénétrés du sentiment de notre foiblesse, dont une expérience continuelle nous avertit , nous les prions d'employer pour nous leur crédit auprès de Dieu , et de nous obtenir, par les mérites de notre commun Médiateur , la grâce de marchersur leurs traces, afin d'arriver à l'éternelle félicité dont ils jouissent. Voilà pourquoi l'Eglise , chaque année , nous remet sous les yeux les bienfaits de Dieu et les exemples des Saints. Dans l'ancienne loi, Dieu avoit prescrit aux Israélites un certain nombre de fêtes, pour perpétuer la mémoire des merveilles qu'il avoit opérées en leur faveur. G'est sur ce divin modèle que les fêtes de l'Eglise chrétienne ont été instituées : elle veut par là honorer Dieu , instruire les fidèles , et nourrir leur piété. La majesté des divins où
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fices , les lectures qu'on y entend, les sainte cantiques dont les temples retentissent , nous transportent en esprit aux temps et aux lieux où les mystères ont été accomplis ; et nous y adorons Jésus-Christ, comme si ces mêmea mystères s'accomplissoîent actuellement son* nos yeux. Ces grands objets ainsi rendus présens à iiotre Foi , et secondés des instructions et des exhortations des .pasteurs , augmentent la ferveur de la piété. C'est d'ailleurs une occasion pour les plus simples d'entre les fidèles et pour les enfans môme , de s'instruire du sujet de la fête , et d'en apprendre l'histoire. Elle ordonne aux pasteurs de l'enseigner aux peup!os qui leur sont confiés; elle veut que les pères et les mères ne le laissent pas ignorer à leurs enfans. C'est ce que Dieu «voit prescrit lui-même aux Israélites; après avoir commandé d'immoler chaque année l'agneau pascal , et de célébrer la fête des azymes , il leur déclara la raison de cette institution. « Quand vos enfans , dit-il , vous » demanderont quel est ce culte religieux , vous » leur répondrez : C'est la victime du passage » du Seigneur, lorsqu'en frappant de mort les » premiers nés des Egyptiens , il passa nos » maisons et les préserva. » Vous devez donc, pour sanctifier les fêtes , vous devez , mon cher Théophile, entrer dans l'esprit de l'Eglise , considérer le mystère ou la vie du Saint qui en est l'objet, louer Dieu de ses bienfaits, et lui demander la grâce d'en profiter : vous devez vous exciter à pratiquer les vertus qui ont éclaté dans les Saints qu'elle honore, afin d'avoir part unjour au bonheur éternel dorjj; ils jouissent. Vous devez les prier d'intercéder pour vous au-
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près de Dieu , et de vous obtenir les secours dont vous avez besoin.
Quelles sont respectables, ô mon Dieu ! les lois de cette Eglise que vous avez établie pour nous gouverner dans l'ordre du salut ! Lès cornmandemens qu'elle nous fait , c'est en votre nom , c'est par votre autorité qu'elle nous les fait. Je m'y soumets de tout mon cœur : donnez-moi la grâce de me conformer à son intention dans la célébration des fêtes qu'elle m'ordonne de sanctifier. La fin qu'elle se propose , c'est de nous affermir dans la connoissance et dans la foi des mystères que vous avez opérés pour notre salut; c'est de renouveler dans notre cœur les sentimens d'amour, de reconnoissance et de confiance , que nous vous devons pour tant de bienfaits ; c'est de nous exciter à marcher sur les traces des Saints qu'elle honore. Faites, ô mon Dieu ! que je remplisse des intentions si salutaires , que je m'occupe des mystères et des exemples qu'elle met sous mes yeux dans ces saintes solennités ; mettez-moi dans les dispositifs où elle veut que j'entre , pour en tirer plus de fruit; que je me souvienne que c'est pour moi que ces mystères ont été accomplis, et que la gloire dont jouissent les Saints m'est réservée à moi-même , si j'imite les vertus qu'ils ont pratiquées.
Pratique.
S'instruire de l'objet de chaque fête , et y ré* fléchir ce jour-là*
gOa Doctrine Chrétienne.