‹ Doctrine chrétienne en forme de lectures de piétéChapitre 52 sur 94 · LX.e LECTURE · texte numérisé non relu

LX.e LECTURE

Tous tes péchés confesseras, au moins une fois l9an.

L'Église a fait ce commandement dans le quatrième concile de Latran ; en voici les termes : « Que tout fidèle qui atteint l'âge

a de discrétion , confesse seul fidèlement tous

s66 Doctrine Chrétienne.

» ses péchés à son propre prêtre , au moins » une fois l'an, et qu'il ait soin d'accomplir , » de tout son pouvoir , la pénitence qui lut

» aura été enjointe Que si quelqu'un, pour

» une cause juste , désire de se confesser à un » prêtre étranger , qu'il en demande aupara- » van t la permission à son propre pasteur, et » qu'il l'obtienne ; car autrement le prêtre » étranger ne peut ni le délier ni le lier. » Remarquez , mon cher Théophile , que l'Eglise ordonne deux choses : la première est de se confesser au moins une fois l'année , quand on est parvenu à l'âge de discrétion , c'est-à dire , lorsqu'on est capable de discerner le bien et le mal , et par conséquent de pécher mortellement ; la seconde est de se confesser à son propre prêtre, c'est-à-dire , à son curé. Elle a voulu , par ce sage règlement , remédier à deux abus ; premièrement , mettre des bornes à la négligence des mauvais Chrétiens qui passoient plusieurs années sans s'approcher du tribunal de la pénitence , et croupissoient dans leurs habitudes criminelles ; secondement , prévenir l'abus où tomboient ceux quis'adressoient à des prêtres étrangers , dont ils n'étoient point connus , pour en obtenir plus facilement l'absolution , sans être obligés de renoncer à leurs péchés , et de changer de vie. Pour accomplir le précepte de l'Eglise votre mère , vous devez donc vous présenter , au moins une fois chaque année, au tribunal de la pénitence , et faire l'humble aveu de vos fautes h votre propre pasteur , ou à l'un des prêtres qui confessent dans son église , sous son autorité , à moins qtf*il ne consente h que vous le fassiez ailleurs. Quoique

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l'Eglise, par condescendance, n'exige qu'une seule confession par an , pour ne pas rebuter ceux à qui ce devoir paroît pénible et difficile ; cependant elle désire qu'on y ait recours beaucoup plus souvent , et elle témoigne assez ce désir par ces mots au moins , qu'elle a ajoutés. Ainsi , quoiqu'il suffise absolument , pour ne pas transgresser le précepte de l'Eglise , de se confesser une fois dans l'année , ce n'est pas assez pour répondre à son intention , et pour remplir son désir , surtout quand on a eu le malheur de tomber dans quelque péché mortel. Dieu oblige tous ceux qui se sentent coupables , de ne pas différer à se convertir à lui : il faut donc alors s'adresser sans délai à un ministre prudent et éclairé, afin d'en recevoir les conseils nécessaires pour se relever. Le précepte de l'Eglise, loin de les dispenser de celte obligation , n'a pour but que de les empêcher de croupir dans le péché. C'est une plaie faite à notre âme: quand on a reçu quelque blessure , diffère t-on si long-temps à y appliquer le remède ? C'est une maladie bien plus dangereuse que celle du corps : qu^nd le corps est attaqué de quelque maladie , atlend-on une année entière à appeler le médecin ? On voit d'ailleurs par l'expérience , qu'une confession par an ne suffit pas pour se soutenir dans une vie chrétienne ; ceux qui se bornent là sont presque toujours engagés dans des habitudes criminelles dont ils ne veulent as sortir , et ils font mal cette confession. Par là , ils ne satisfont pas même au commandement de l'Eglise; car, en imposant à ses enfans la loi de la confession annuelle , elle les oblige en mémo temps à y apporter les dispositions nécessaires

pour en recevoir le fruit. S'approcher de la pénitence sans un examen sérieux , ou sans une véritable contrition, ce n'est pas remplir* le précepte de l'Eglise , c'est ajouter un nouveau péché à ceux dont on étoit déjà coupable. En un mot, on n'accomplit point le commandement de l'Eglise par une mauvaise confession. Vous me demanderez peut-être , mon cher Théophile, en quel temps il faut remplir ce devoir que l'Eglise nous impose ? Elle n'a point fixé le temps précis de la confession annuelle ; mais , comme elle ordonne dans le même canon de communier à Pâques , il est visible qu'elle désire que celte confession se fasse vers le carême , pour qu'elle serve de préparation à la Communion pascale. Présentez-vous au saint tribunal dès les premiers jours du carême , et recevez avec docilité les avis de votre confesseur, pour vous préparer à cette grande action.

Vous avez préparé , Seigneur , un remède aux maux de nos âmes. Le sacrement de Pénitence est un bain salutaire qui nous purifie de nos péchés : l'Eglise nous ordonne d'y avoir recours , au moins une fois chaque année : ce n'est pas qu'elle ne désire de nous en voir approcher plus souvent ; mais elle a voulu ménager la foiblesse de ses enfans. Seroit-il possible qu'une loi si adoucie trouvât encore des transgresseurs ? pourrois-je le devenir moi-même ? Non , mon Dieu ! je ne négligerai jamais un remède que votre Eglise me présente avec tant de condescendance ; je ne me bornerai pas mêmeàce qu'elle me commande ; je ferai ce qu'elle désire de moi. Dès que je sentirai ma conscience chargée de quelque péché , j'irai sans délai à cette piscine

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