XC.« LECTURE
De la mauvaise Communion.
Non potestis mcnsœ Domini participes esse, et mensœ 4tà?n6niorum*
\ Vous ne pouvez point participer à la table du Seigneur et à la table des démons. J. Corinth. 10.
Ceux -qui communient en péché mortel reçoivent véritablement le corps et le sang de Jésus- Christ , mais ils ne reçoivent pas les grâces et les salutaires effets de ce sacrement. Au contraire , ils mangent et ils boivent leur jugement et leur condamnation : c'est la terrible expression dont se sert l'apôtre saint Paul : « Qui- » conque , dit-il , mangera ce pain et boira le » calice du Seigneur indignement, c'est-à-dire, » dans un état de péché qui Yen rend indigne , » sera coupable de crime contre le corps et le sang » du Seigneur. Que l'homme donc s'éprouve lui- » même } qu'après cela il mange de ce pain et » boive de ce calice ; car celui qui mange et » boit indignement , mange et boit sa condam- » nation , ne faisant pas le discernement qu'il » doit du corps du Seigneur. » Ces paroles nous apprennent quel est le crime d'une mauvaise communion , et quelles en sont les suites. Ce crime est le plus horrible de tous les sacrilèges ; c'est la profanation du plus auguste de tous les sacremens , et de ce qu'il y a de plus saint dans la religion; les autres péchés n'attaquent qu'un homme, au lieu que celui-ci attaque Dieu même ;
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11 profane , de la manière la plus outrageante , l'humanité et la divinité de Jésus-Christ ; il unit , autant , qu'il est en lui , ce divin Sauveur avec l'iniquité , en faisant couler son sang adorable dans des veines infectées par le péché. Ce crime est une perfidie et une trahison semblable à celle de Judas; comme lui , il livre son divin maître à ses plus cruels ennemis ; comme lui , après avoir été comblé de ses bienfaits, il viole les droits les plus sacrés de l'amitié et de la reconnoissance , il le crucifie de nouveau , il en fait le jouet de ses passions , et il foule aux pieds le sang de la nouvelle alliance : ce sont encore les paroles même de l'a poire. Quelles sont les suites d'un crime si énorme ? les voici : celui qui communie indignement , mange et boit son jugement et sa condamnation : méditez, mon cher Théophile , le sens de cette expression de l'apôtre. Le profanateur mange et boit l'arrêt qui le condamne; il se l'incorpore et le rend en quelque sorte inévitable. La nourriture est inséparable de celui qui l'a prise, elle se change en son sang et en sa chair, elle devient une même chose avec lui , en sorte qu'il n'y a plus moyen de les diviser; de même le profanateur a mangé son jugement , il l'a , pour ainsi dire, changé en lui-même ; sa condamnation n'est pas seulement écrite sur un livre , ni sur des tables de pierre ou de marbre , mais sur son propre cœur ; elle a passé dans ses veines : il la porte sans cesse avec lui. O punition terrible , qui ne peut venir que de la colère d'un Dieu indignement outragé ! Aussi arrive-t-il ordinairement que celui qui a commis ce crime, tombe dans un endurcissement de cœur et un aveu-
glement d'esprit , qui le conduisent à l'impéîaitence finale. Nous en avons un exemple effrayant dans le perfide Judas : à peine a-t-ii reçu indignement la sainte Eucharistie , que son esprit s'obscurcit , et que son cœur devient insensible ; rien ne l'arrête plus ; il sq lève brusquement de table , et consomme son crime. A quoi se termine son sacrilège ? au désespoir, à la mort, à la réprobation éternelle. Ne concluez cependant pas , mon cher Théophile , que celui qui a fait une communion indigne, doit désespérer de son salut : à Dieu ne plaise ! quelque grand que soit son crime , il lui reste toujours une ressource , la miséricorde de Dieu est infinie ; s'il y a recours avec un cœur contrit et humilié , il ne sera point rejeté ; ce sang précieux qu'il a profané peut encore le purifier. Mais ce que vous devez en conclure , c'est que ce crime est difficile à expier ; c'est qu'il est rare qu'un profanateur du corps et du sang de Jésus-Christ rentre en lui-même ; c'est que vous devez prendre toutes les précautions possibles pour ne jamais tomber dans un si grand malheur. Je comprends , ô mon Dieu ! combien est énorme le crime d'une communion indigne. Vous crucifier de nouveau, profaner votre corps adorable, fouler aux pieds votre sang précieux, renouveler la trahison de Judas et l'attentat de* Juifs contre votre divine personne ; ces idée* jettent le trouble dans mon âme , et me remplissent d'horreur. Un Chrétien, un hommi qui fait profession de vous appartenir, de croir< en vous, est-il donc capable de se porter à ui tel excès ? Serois-je moi-même assez méchanl pour le commettre ? Ah I Seigneur , détourne:
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de moi un si grand malheur. Je ne suis pas surpris que ce crime soit suivi d'un châtiment terrible. Manger et boire son jugement et sa condamnation ; que cette pensée est effrayante ! Je ne puis y réfléchir sans me sentir pénétré d'un sentiment de terreur et d'effroi» Arrêtez , Seigneur , arrêtez les profanateurs ; qu'une force invisible les empêche d'approcher devotre saint autel. Remplissez-moi d'un saint respect pour la divine Eucharistie ; donnez-moi cette robe nuptiale qui est nécessaire pour entrer dans la salle du festin , et sans laquelle on mérite d'être jeté dans les ténèbres extérieures. Préparez vousmême dans mon cœur votre demeure , en le purifiant de toutes ses souillures , et ne permettez pas que je trouve la mort dans la source même delà vie. Pour éviter ce malheur , ô mon Dieu ! je ne me jugerai pas moi-même , je courrois trop de risque de me tromper ; mais j'aurai recours à un directeur éclairé ; je ne lui cacherai rien de mes foiblesses ; je me soumettrai à sa décision, et je la suivrai avec confiance.
Pratique*
Suivre à l'égard de la communion , l'avis d'un sage directeur.
S90 Doctrine Chrétienne.