LIX.e LECTURE
Les Dimanches la Messe entendras , et les Fêtes pareillement.
De toutes les œuvres de piété par lesquelles 011 doit sanctifier les dimanches et les fêtes, la principale , la plus indispensable , c est d entendre la messe ; et l'Eglise en a fait un commandement exprès. Le sacrifice est 1 action la plus sainte de la religion , et celle qui rend a Dieu l'honneur le plus parfait : 1 obligation d y assister dans les jours consacrés à son culte , est aussi ancienne que l'Eglise. Nous lisons dans les Actes des Apôtres que le premier jour de la semaine , qui est le dimanche , les ùdeles s assembloient pour la fraction du pain , c est-àdire, pour offrir la victime sainte, et y participer. Tous les ouvrages qui nous restent ces premiers siècles parlent des saints mystères ce ebrés le dimanche : on y voit quel étoit 1 ordre et la ferveur de ces saintes assemblées ; 1 on y aperçoit avec consolation le modèle de ce qui se pratique encore parmi nous : la messe de paroisse ou le pasteur offre le saint sacrifice au milieu de son peuple réuni , est une imitation fidèle de ce qui étoit observé par les P^miers Chrétiens : car c'est à cette messe , célébrée par votre pasteur , que vous devez assister , mon cher Théophile; et vous ne rempliriez pas 1 intention de l'Eglise , si , n'ayant pas un empêchement légitime , vous vous contentiez d entendre une messe basse. Dans les premiers
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siècles de l'Eglise , la seule assemblée légitime étoit celle où l'évoque présidoil en personne. Dans la suite lorsque !<■> Chrétiens se lurent multipliés , chaque diocèse lut partagé en différentes paroisses , où l'évêque envoyoit des prêtres pour les gouverner sous son autorité , pour y instruire les fidèles , célébrer le saint sacrifice , et administrer les sacreinens. Depuis cet établissement , les fidèles sont dans l'obligation d'assister à la messe célébrée par leur curé , comme ils étoient obligés auparavant do : oiiver aux assemblées où. l'évêque présidoil. La loi qui les y oblige se trouve dans un grand nombre de conciles , qui l'ont renouvelée de siècb: en siècle jusqu'à nos jours : quelquesuns même de ces conciles menacent de l'excommunication ceux qui , sans une raison légitime , y manqueraient trois dimanches de suite. Vous voyez , mon cher Théophile , que l'Eglise regarde ce devoir comme grave et important , puisqu'elle menace des peines les plus sévères ceux qui le négligent. Celte loi est d'ailleurs fondée sur les raisons les plus solides : chaque paroisse est une famille dont le curé est le chef et le père ; n'est-il pas dans l'ordre que tous ceux qui la composent , se rassemblent avec leur chef pour rendre à Dieu le culte solennel de l'adoration et du sacrifice ? La messe de paroisse se dit pour tous les fidèles réunis sous un même pasteur , et en leur nom ,- ils doivent donc s'unir a lui dans cette auguste fonction , et entendre sa voix. Les instructions que l'on y fait s'adressent à eux : elles sont plus proportionnées à leurs besoins , que le pasteur connoît mieux ; elles leur sont donc plus utiles que
celles qui se font ailleurs. Pour satisfaire il ce précepte , il faut entendre la messe toute entière ; on ne le rempliroit certainement pas, si l'on n'arrivoit que lorsque la messe est déjà avancée , ou s'il y en a voit une partie considérable omise. Il faut l'entendre avec attention , avee respect et avec piété; il ne suilit pas d'être présent de corps seulement , on doit s'unir au prêtre , qui parle à Dieu au nom de tous les assistons , et s'offrir soi-même avec Jésus-Christ et avec toute l'Eglise. S'y distraire volontairement , promener ses regards de tous côtés , se permettre des entretiens profanes , ce n'est pas entendre la messe , ni remplir le précepte de l'Eglise ; c'est outrager Jésus-Christ , c'est renouveler les opprobres du Calvaire , c'est déshonorer la religion. Il est à propos de vous rappeler , mon cher Théophile , ce que je vous ai déjà fait remarquer ailleurs : c'est qu'il ne suifit pas d'assister à la messe , il faut sanctifier le jour entier : l'Eglise met celte action à la tête des œuvres de religion , mais elle ne nous exempte pas des autres : il est vrai qu'elle appuie davantage sur l'obligation de- la messe, parce que c'est l'action la plus importante , et qu'il faut une plus forte raison pour en être dispensé.
Votre Eglise , ô mon Dieu ! me prescrit , parmi les autres œuvres de religion , d'entendre la messe les Dimanches et 1rs Fêtes : elle m'en fait une loi particulière , dont je ne puis èlre dispensé que par une nécessité inévitable. Son intention est que j'assiste h la messe solennelle qui est célébrée par mon pasteur , par celui que vdus avez chargé du soin de mon aine, Je me
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imets volontiers à cette loi ; je ne me bornerai point à assister au sacrifice : je nie rcndrai assidu aux autres offices, autant qu'il me sera possible Je l'ai éprouvé , ô mon Dieu! ces exercices publics de piété me sont beaucoup plus utiles que ceux que je pourrais faire en particulier : mes prières sont languissantes , quand elles ne sont pas soutenues par la ferveur des autres : elles ne sont pas accompagnées de cette douce onction que porte avec elle la prière qui se fait en union d'esprit, de cœur et de voix avec la société des fidèles : c'est que vous n'y répandez pas votre bénédiction avec autant d'abondance. Vous l'avez dit, ô mon Dieu! que lorsque deux ou trois personnes seroient réunies pour prier , vous vous trouveriez au milieu d'elles; votre présence est bien plus sensible encore, quand tout un peuple assemblé comme une famille , vous adresse ses prières iivec le pasteur qui le gouverne en votre nom et par votre autorité.
Pratique.
Être assidu aux offices de paroisse.
IXe LECTURE.
Tous les pêches confesseras, au moins une. fois l'an.
.L'Eglise a fait ce commandement dans le quatrième concile de Latran ,- en voici les termes : « Que tout fidèle qui atteint l'âge
» de discrétion , confesse seul fidèlement tous
8G6 Doctrine Chrétienne.
» ses péchés à son propre prêtre , au moins » une fois l'an , et qu'il ait soin d'accomplir , » de tout son pouvoir, la pénitence qu'il lui
j> aura été enjointe Que si quelqu'un, pour
» une cause juste, désire de se confesser à un » prêtre étranger, qu'il en demande aupara- » vant la permission à son propre pasteur, et » qu'il l'obtienne; car autrement le prêtre » étranger ne peut ni le délier ni le lier. » Remarquez , mon cher Théophile , que l'Eglise r-: donne deux choses : la première est de se confesser au moins une fois l'année , quand on est parvenu à l'âge de discrétion , c'est-à-dire , lorsqu'on est capable de discerner le bien et le Biajj et par conséquent de pécher mortellement; la seconde est de se confesser à son propre prêtre, c'est-à-dire, à son curé. Elle a voulu , par ce sage règlement , remédier à deux abus ; premièrement , mettre des bornes à la négligence des mauvais Chrétiens qui passaient plusieurs années sans s'approcher du tribunal de ia pénitence, et croupissoient dans leurs habitudes criminelles; secondement , prévenir l'abus où tomboient ceux qui s'adressoient à des prêtres étrangers , dont ils n'étoient point connus, pour en obtenir plus facilement l'absolution, sans être obligés de renoncer à leurs péchés et de changer de vie. Pour accomplir le précepte de l'Eglise votre mère , vous devez donc vous présenter , au moins , une fois chaque année, au tribunal de la pénitence, et faire l'humble avtu de vos fautes à votre propre pasteur, ou à l'un des prêtres qui confessent dans son église , sous son autorité , à moins qu'il ne consente que vous le lassiez ailleurs. Quoique
Décalogie. ^67
PEglise, par condescendance, n'exige qu'une. seule confession par an, pour ne pas rebuter ceux à qui ce deroiaparolt pénible
pendant elle désire qu'on y ait receam beaucoup plus souvent . et rlli' témoigne aaaea ce désir par ces mots au moins, qu'elle a ajoutés. Ainsi , quoiqu'il suffise absolument , pour ne pas transgresser le précepte do l'Eglise, de se confesser une fois dan* l'année, ce n'est pis asseï pour répondre à son intention, et poir ""M>!" son désir, suituut quand on a eu le malheur de tomber dans quelque péché mortel. Dieu obb'ge tous ceux qui se sentent coupables, de ne pas différer a se convertir» lui : il faut donc alors s'adn sser sans délai à un mûmtra prudent et éclairé , afin d'en recevoir Je; t pas II nécessaires pour *e relever. Le précepte de l'église, loin de les dispense] d. Cette obligation n a pour Lut que de les empêcher de ère ipfr dans le péché. C est une plaie faite à notre ame: quand on a reçu quelque Menante , diflere-l- i il long-temps à y appliquer le remède? C'est une maladie bien plus dangereuse que celle du corps : quand le corps est attaqué de ..unique maladie, allend-on une année entière à appeler le médecin? Ou voit d'ailleurs par l'expérience , qu'une confession par an ne suffit j as p«.ur se soutenir dans une vie chrétienne; ceux qui se bornent là sont presque ton jour, engagea dans des habitudes criminelle dontils ne valent Rassortir ^, et ils font mal cette confession. Parla [k u< satisfont pas même au commandement dé Eglise ; çai , en imposant a ses enfens la loi de
'confession annuelle, elle les oblige en même temps à y apporter les dispositions née.
seesaires
pour en recevoir le fruit. S'approcher de la pénitence sans un examen sérieux, ou sans une véritable contrition, ce n'est pas remplir le précepte de l'Eglise , c'est ajouter un nouveau Péché à ceux dont on étoit déjà coupable. En un mot , on n'accomplit point le commandement de l'Eglise par une mauvaise coniession. Vous me demanderez peut-être, mon ctiei Théophile , en quel temps il faut remplir ce devoir que l'Eglise nous impose ? Elle n a point fixé le temps précis delà confession annuelle ; mais, comme elle ordonne dans le même canon de communier à Pâques , il est visible qu elle desire que cette confession se fasse vers le carême, pour" qu'elle serve de préparation ^ <? » nion pascale. Présentez-vous au saint tribunal dès les premiers jours du carême et recevez avec docilité les avis de votre confesseur , pour vous préparer à cette grande action.
Vous avez préparé , Seigneur , ^ emède aux maux de nos âmes. Le sacrement de Penit nce est un bain salutaire qui nous purifie denos pe chés • l'Eglise nous ordonne d'y avoir recours , ^umoins unefois chaque année: .ce n £ p- ««'elle ne désire de nous en voir approcher p us souvent; mais elle a voulu ménager la Fo blesle de sesenfans. Seroit-il possible qu une
»ourrois-je le devenir moi-même? Non, mon Cl je ne négligerai jamais un remède ^ qu votre Eglise me présente avec tant de condescen
dance ' ie ne me bornerai pas même h ce qu elle t c mmande ; je ferai ceV elle désire ; démo. Ses que je sentirai ma conscience chargée de quelque péché, j'irai sans délai a cette piscine
Décalogie. «269
salutaire. Youdrois-je demeurer dans un état où je serois votre ennemi , et l'objet de votre coït rr' Je sais que le ])éché, quand il n'est pas rétracté , conduit à un autre : je me hâterai donc de me purifier , et de me réconcilier avec vous.
Pratique.
Aller à confesse dès qu'on se sent coupable de quelque péché mortel.