LXXVI.e LECTURE
Du Sacrement de Confirmation.
Qui confirmât nos et qui unxit nos Deus , qui et sisnavit nos , et dédit pignus spiritus in cordibus nostris.
faf eSt'Dle£qUi n°US conùrme Par l'onction qui nous a été laite ; c est Dieu qu, nous a marqués de son sceau , et nous a
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Le second sacrement s'appelle la Confirmation parce qu'il nous confirme dans la foi , et qu'il nous affermit dans la vie spirituelle que le Baptême nous a donnée. La Confirmation achève ce que le Baptême a commencé; elle en est la perfection. La grâce du Baptême est une grâce de régénération , qui nous rend semblables à des entans nouvellement nés ; celle de la Confirmation est une grâce de force et de courage , qui nous élève à l'état d'homme parfait , et nous rend capables de combattre et de vaincre en rendant témoignage à Jésus-Christ, aux dépens même de notre vie. Ouvrez , mon cher Théophile , le livre des Actes des apôtres , vous y verrez les effets merveilleux de la descente du baint-Espritsureux. Avant qu'ils l'eussent reçu c étoient des hommes foibles et timides ; mais aussitôtqu'ils en eurent été remplis , ils parurent d autres hommes, et ils annoncèrent Jésus- Christ avec un courage intrépide. Le Saint-Esprit descend encore sur ceux qui reçoivent la Confirmation , et il produit en eux les mêmes
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effets , quoique ce ne soit pas d'une maniera sensible , parce que ce miracle n'est plus nécessaire. Nous en avons la preuve dans le même livre des Actes ; nous y lisons que « les apôtres avant appris que les habitans de Samarie avoient embrassé la foi , et reçu le Baptême , envoyèrent saint Pierre et saint Jean pour leur conférer le sacrement de Confirmation.- Lorsque ces deux apôtres furent arrivés , dit le texte sacré , ils prièrent pour eux , ils leur imposèrent les mains , et ces nouveaux Chrétiens reçurent le Saint-Esprit. » Cette pratique a toujours été observée dans l'Eglise. Les Evoques à qui seul ce droit appartient , en qualité de successeurs des apôlres , ont, dans tous lessiècles, conféré ce sacrement parla prière et par l'imposition des mains. 11 est à propos , mon cher Théophile , de vous instruire des cérémonies avec lesquelles on l'administre, L'Evèque étant tourné du côté de ceux qui vont être confirmés , tient les mains étendues sur eux , et il fait cette prière : « Dieu toutpuissant et éternel , qui avez daigné faire renaître par l'eau et par le Saint-Esprit , vos serviteurs qui sont ici présens , et qui leur avez accordé la rémission de tous leurs péchés , faites descendre du ciel sur eux votre Saint-Esprit consolateur , esprit de sagesse et d intelligence , esprit de conseil et de force , esprit de science et de piété ; remplissez les de l'esprit de votre crainte , et imprimez en eux , pour votre miséricorde , le signe de la croix de Jésus-Christ pour la vie éternelle. » Il prend ensuite du. saint chrême , qui est un mélange d'huile d'olive et de baume, et il fait
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à chacun d'eux une onction sur le front en disant : Je vous inarque du signe de la croix , et je vous confirme par le chrême du salut, au nom du Père, et du Fils , et du Saint-Esprit. Toutes ces actions et ces prières nous rendent sensibles les effets admirables que produit ce sacrement dans ceux qui le reçoivent : l'imposition des mains marque la protection du Saint-Esprit qui vient habiter en eux , et y répandre l'abondance de ces grâces , et particulièrement les sept dons qu'on lui attribue , la sagesse , l'intelligence, la science , le conseil , la piété, la force et la crainte de Dieu. Le saint chrême est bien propre à nous faire connoître l'abondance , la douceur et la force de la grâce qui remplit alors notre ame , qui la pénètre et la fortifie , comme l'huile pénètre et fortifie le corps. La Confirmation nous rend parfaits Chrétiens ,• tant qu'on ne l'a point reçue , on reste dans une sorte d'enfance spirituelle ; l'on est sujet à toutes les foiblesses de cet âge , effrayé des moindres dangers, ébranlé par les plus légères tentations. Mais un Chrétien confirmé se sent affermi , fortifié , armé d'un courage invincible , il résiste avec force à toutes les attaques du démon ; il dompte ses passions ; en un mot , ce n'est plus un enfant foible et timide, c'est un homme pkin de vigueur, en état de porteries armes , et de se défendre contre ses ennemis. Il ne rougit point de suivre les maximes de l'Evangile , il se déclare hautement pour la vertu; et par ses bons exemples , il répand partout la bonne odeur de Jésus-Christ. Les railleries insensées des médians ne 1 arrêtent point ; il brave leurs mépris , leurs me-
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mires et leurs violences mêmes : s'il falloit souffrir la mort pour dérendre la foi , il n'hésiteroit point à répandre son sang , comme les martyrs plutôt que de dissimuler sa religion. Aussi ce sacrement nous marque-t-il pour être les soldats de Jésus-Christ; et ce caractère qu il imprime dans notre amc ne s'effacera jamais : ce qui empêche qu'on ne puisse le réitérer.
Mon Dieu , que vous êtes riche en miséricorde ! Vous ne vous êtes pas contenté de me faire renaître spirituellement par le Baptême , et de m'y communiquer une vie nouvelle; vous avez établi un sacrement qui fortifie , augmente et affermit cette vie divine. Esprit saint , source intarissable de tous les dons, je vous ouvre mon coeur , daigitez-y descendre , et le remplir de l'abondance de vos grâces. Esprit de sagesse , donnez-moi cette vertu qui assiste auprès de votre trône. Esprit d'intelligence , éclairez mes ténèbres, faites briller dans mon ame un rayon de votre divine lumière. Esprit de conseil , soyez mon guide , enseignez-moi la voie par laquelle je dois marcher. Esprit de force , inspirez-moi le courage de mépriser les discours des médians et des libertins , de confesser hautement la foi de Jésus-Christ par mes paroles et par mes actions. Esprit de science , donnez-moi cette science qui fait les Saints , cettescience qui con- >isle à vous connoître. Esprit de piété , inspirezmoi un zèle ardent pour votre culte , un saint empressement pour tout ce qui peut vous plaire. Mettez aussi dans mon cœur, ô mon Dieu ! une crainte salutaire de vous offenser , une horreur iniinie pour le péché. Que cette crainte soit comme un frein puissant qui m'arrête lorsque
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je suis tenté, ou qu'elle me fasse relever prompt
tentent si j'avois le malheur de succomber.
Pratique.
Prier Dieu de produire en nous les effets de la Confirmation , ou de les renouveler , si nous Pavons déjà reçue.