XCI.« LECTURE
De la fréquente Communion.
Animam esuricntcm nattai bonis.
11 remplit de biens une ame qui est affamée. Ps. io9.
-L'apôtre saint Paul , après avoir exposé avec les termes les plus forts , l'énormité d'une communion indigne , ne tire pas cette conséquence, éloignez-vous delà sainte Eucharistie; mais il dit : Que l'homme donc s'éprouve lui-même , et qu'ensuite il mange de ce pain et boive de ce calice. La crainte de communier indignement ne doit pas vous détourner de la communion, mou cher Théophile, mais elle doit seulement vous engager à examiner sérieusement vos disposions et à redoubhr votre vigilance sur vousmême , pour approcher souvent de la table sainte. Communier indignement est un grand mal sans doute; mais ne pas communier en est un autre : l'un et l'autre conduisent certainement à la mort éternelle. L'Eucharistie est nécessaire pour entretenir et conserver la vie spirituelle de la grâce ; les forces de Famé s'épuisent peu à peu comme celles du corps , si l'on n'a soin de les réparer. Le moyen que Jésus-Christ a établi pour entretenir ces forces spirituelles , c'est la divine Eucharistie. «Si vous ne mangez , nous dit-il lui-même, la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang , vous n'aurez point la vie en vous. » Il a institué ce sacrement sous les espèces du pain cl du vin , pour
Sa CREME N S. o\jl
nous faire sentir que nous devons le recevoir souvent : la sainte Eucharistie doil être la nourlit urc* ordinaire de ootre ame , comme te pain et le \in sohI la nourriture ordinaire de notre corps. Dans les premiers temps du christianisme, les fidèles comprenoienl bien cette vérité; ilsregardoienl l'Eucharistie comme le pain quotidien des enfans de Dieu ; ils le mangeoient en effet tons les jours , et ils ne craignoient rien tant que d en <lre privés. \ eus devez vous efforcer, mon. eJ.er Théophile, d'efitrer dans les mêmes dispositions , et d'imiter leur ferveur. Ne dites pas que la fréquente communion étoit alors en . el que la discipline de l'Eglise a changé. Je vous aw>ue que les Chrétiens ont changé , et que la ferveur s'est ralentie ; mais l'esprit de l'Eglise est toujours le même. En voulezvous une preuve ? voici ce que dit le concile de Trente , qui n'est pas fort éloigné de notre temps. « Le saint concile souhaiteroit que les fi- » dèles , toutes les fois qu'ils assistent au sacri- » fice de la messe , y participassent non-seu- » lement spirituellement , mais encore par la » réception actuelle de l'Eucharistie. » Le concile de Reims , tenu presque de nos jours , exprime le même désir en ces termes : « .Nous t voyons avec douleur qu'il v a des Chrétiens » assez néglige us pour ne communier qu'une » fois dans l'année : c'est pourquoi nous or- » donnons aux curés ei ù ceux qui exercentt> le ministère de la parole , d'instruire les fidè- » les sur la fréquente communion , qui étoit » autrefois en usage , sur les fruits merveilleux » quelle produisoit alors , et de leur persuader » qu'il n'y a point de moyeu plus propre à
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» ramener parmi nous les beaux jours de VE- » glise naissante, que la fréquente communion.» Vous reconnoissez , mon cher Théophile , la voix de l'Eglise dans ces paroles ; et vous voyez que si elle n'oblige rigoureusement les fidèles qu'à unecommunion dansl'année, cen'cslpasqu'elle croie queccttecommunionannuelle suffise pour entretenir dans ses enfans la vie spirituelle de la grâce; elle n'a pas voulu user de menaces pour les porter à communier plus d'une fois , dans la crainte de multiplier les transgressions ou les sacrilèges; mais elle désireroit qu'ils fussent assez purs pour communier souvent , et aussi souvent qu'il scroit nécessaire pour conserver , par ïa vertu de l'Eucharistie , la vie et la santé de lame. Si vous aimez Dieu, mon cher Théophile, vous vous unirez souvent à lui; il vous invile à ce banquet sacré : \cnez à moi, nous dit-il , vous tous qui avez de la peine et qui êtes chargés, je vous soulagerai : venez avec confiance et ne craignez rien : venez à moi qui suis votre Père , et je vous donnerai le gage le plus touchant de mon amour : venez a moi qui suis votre Dieu , et je vous enrichirai de mes grâces les plus précieuses. Me méprisez pas les tendues invitations de votre Dieu. Si vous aimez l'Eglise vol réméré , vous ne vous bornerez pas à accomplir le précepte , vous vous conformerez à ses in lent ions , et vous remplirez ses désirs. Si vous voulez vous sauver, vous aurez souvent recours a la sainte Eucharistie qui est le moyen le plus puissant pour assurer votre salut.
Vous nous invitez , ô mon Dieu ! a cette table sainle, où vous êtes vous-même notre nourriture spirituelle ; vous désire» de voir vos enfans
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environner souvcnl votre saint autel; vous fuites vos délices d'habiter en eux , et de les combler de vos faveurs; mais ils résistent à vos tendres invitations : vous les appelez, et ils vous fuient; ils n'écoutent ni votre voix , ni celle de votro Eglise Est-ce la crainte qui les arrête. Vous déni ind z , à la vérité , des dispositions dans ceux ■i i us reçoivent ; mais ces dispositions , ils •■■ "' les acquérir avec votre grâce; mais aeal de communier mal , ils ne doilaindre moins de ne pas communier, "îrir foute de celte nourriture. Ah !
, ce n'est pas la crainte qui m'éloigne communion , c'est mon peu d'amour uis. Si je vous aimois, je renoncerais eine à tout ce qui m'en rend indigne ; si • us aimois , je ferais des efforts pour mériter de m'en approcher souvent : donnez-le moi ce saint amour, ô mon Dieu! allumez-le dans mon c.eur , et il n'y aura plus d'obstacles capables de me détourner de la sainte communion ; alors mon ame soupirera après vous , comme le cerf altéré soupire après une source d'eau vive; alors je ne trouverai point de consolation plus douce que celle de m'unir à vous , point de douleur plus sensible que celle d'être privé xie la divine Eucharistie.
Pratique.
Nourrir dans son cœur le désir <le la conim union.
5i)/» Doctrine Chrétienne.