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Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie Brésilienne

Les mécbants s'enhardissent par une longue impunité. Ils sont tellement incapables de sentiments généreux, qu'ils n'en conçoivent même pas l'existence, et confiants dans l'apathie proverbiale de l'humanité, ils s'approprient sans pudeur l'exploitation des divines pensées que le génie révèle à la terre pour le bonheur des hommes. Entre leurs mains, tout dégénère, tout se flétrit, tout se dénature. L'esprit du mal proclame de nouveau la légitimité et l'éternité de son empire; mais c'est alors que Dieu se plaît aussi à susciter à la vérité un vengeur qu'on n'attendait plus. Le champion de la cause sacrée s'avance calme et impassible au milieu de toutes les insultes, de toutes les fureurs; il est indifférent aux menaces, inaccessible à la corruption ; ses ennemis eux-mêmes n'osent le frapper, quand le pouvoir leur en est donné. On sent instinctivement qu'une puissance mystérieuse l'environne et le protège jusqu'à l'accomplissement de sa mission providentielle.

Tel est, ô mon ami ! le rôle qui vous a été dévolu dans le grand drame de l'introduction de l'homéopathie au Brésil. Toujours sur la brèche, toujours prêt à combattre quand un principe était en jeu, nul plus que vous ne mériterait l'application de cette noble devise : Vitam impendere vero. Votre plume, cette flamboyante épée de la pensée, qui jamais n'a connu de défaite ni même de résistance dans le champ clos de polémique ardente où cinq ans nous avons lutté ^ensemble contre toute une armée d'ennemis; votre plume sera consacrée par l'homéopathie future comme l'arme d'un Cid intellectuel, qu'une main bénie du Ciel pouvait seule manier avec tant de valeur et de succès.

Vingt fois, lorsque fatigué par la lutte je sentais mon bras s'appesantir, lorsque ma vue troublée ne voyait qu'ennemis autour

de moi, j'ai senti ce glaive invincible rétablir les chances du combat. Dans les questions de doctrine, dans la pression des intérêts privés, sur la sellette de l'accusé, je voyais briller un rapide éclair, et je sentais que le bras de J.-Y. Martins terrassait mes adversaires.

Notre vie commune n'a été qu'un long combat. Ai-je eu le temps de vous dire merci? Je l'ignore. Mais sachez bien que vous n'avez pas obligé un cœur oublieux ou ingrat. Ce livre, que je vous dédie à si juste titre, n'est que l'hommage d'une œuvre qui elle aussi nous est commune. Cette École de Rio, dont je résume ici les travaux, ne vous doit-elle pas autant qu'à moi-même? N'avez-vous pas votre part de ces pathogénésies, votre part dans ces dévouements publics où l'expérience pure était poussée jusqu'à l'empoisonnement, afin de montrer aux hommes étonnés qu'une flamme divine animait l'homéopathie, et, par le sentiment religieux, lui communiquait quelque chose de plus élevé que les inspirations de la science humaine ? N etes-vous pas de moitié dans cette propagande dévorante qui en peu d'années a embrassé le vaste empire du Brésil, la plus grande partie de l'Amérique du Sud, et des possessions portugaises d'Afrique? La province de Bahia régénérée, et la fondation de huit dispensaires en cinq mois, la création d'une confrérie de Saint-Vincent-de-Paul, l'appel des sœurs de charité à Bahia et à Minas, et tant d'autres travaux que je ne puis énumérer ici en sont la preuve.

Courage donc, cœur invincible, âme d'élite, brillante intelligence! le mouvement commencé au Brésil ne s'arrêtera pas. Ce n'est point seulement une nation que nous avons servie, c'est l'humanité entière. De cette École de Rio, faible encore, sortira une génération d'homéopathistes purs , d'apôtres dignes de vous , qui répandront sur le globe entier l'évangile de la rédemption physique, dont nous lui avons confié le dépôt sacré. Travaillons, quoique séparés en ce moment par l'Océan, travaillons de concert à notre tâche inachevée. L'humanité qui souffre et Dieu qui aime la vérité, nous regardent et nous attendent.

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