Manque de sommeil
HURA BRASILIKNSIS.
HURA BRASILIENSïS (WiUd).
Hura. Euphorbiacées, Assacù, Oassacù.
Le Hura brasiliensis croît dans les régions équatoriales de l'Amérique du Sud, dans les provinces de Para, de Rio-Negro, et dans le voisinage de l'Amazone, où il est très-répandu. Son aspect est un peu celui du Hura crepitans ; ses feuilles sont alternes, subcordées, arrondies, très-lisses, dentées en scie; enroulées et stipulées pendant leur jeunesse. Le pétiole porte deux grosses glandes à son sommet. Fleurs monoïques, les mâles à périantbe court, urcéolé, sont revêtues chacune d'une bractée écailleuse, elles forment de gros chatons allongés, pédoncules et terminaux. Les fleurs femelles doubles en longueur de celles du Hura crepitans, ont leur périanthe appliqué contre l'ovaire, qui est surmonté d'un style long et infundibuliforme terminé par un stygmate rayonné; elles sont solitaires et placées près des fleurs mâles. C'est de cet arbre que les Indiens tirent le suc laiteux nommé assacù par les Brésiliens.
Un lépreux réfugié dans les solitudes des Amazones prit, sur les indications d'un Indien qu'il rencontra, une quantité assez considérable d'un suc connu sous le nom à'assacù, et qui découle du tronc de l'abre décrit par Willdnow sous le nom de hura brasiliensis. Il guérit; et le président de la province du Para en lit part au gouvernement impérial. Depuis lors, l'usage de cette substance
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s'est généralisé, sans confirmer toutefois l'espérance des malheureux lépreux. A l'expérience pure seule appartient la mission de saisir les nuances délicates qui déterminent le choix de chaque substance en particulier.
Le premier et le troisième sujet delà présente expérience offraient cette heureuse coïncidence que tous deux avaient été atteints de la lèpre dans un voyage au Brésil, en 1842. Traités homéopathiquement dés le début de la maladie, ils paraissaient complètement guéris, et cependant la gravité de leur état sembla, dés le début de l'expérience, montrer que le miasme était plutôt assoupi que totalement vaincu. Les symptômes effrayants de compression de la moelle épinière, qui mirent en danger la vie du premier expérimentateur, font entrevoir dans Tassacù un des agents les plus précieux à employer dans diverses formes de myélite. Les symptômes d'excitation nerveuse, les tressaillements, l'irritabilité morale, commune a tous les expérimentateurs, fourniront une nouvelle analogie à ceux qui cherchent spécialement dans la lèpre une lésion du système nerveux. Si les exanthèmes et l'insensibilité du tissu cutané sont aussi peu prononcés, c'est que sans doute ils dépendent d'une forme chronique, qu'un usage prolongé et un empoisonnement réel pourraient seuls produire.
Ces quatre expériences ont été faites avec une seule goutte de teinture de la cinquième atténuation donnée à chaque expérimentateur. Nous évitons avec soin, en général, de répéter les doses qui pourraient jeter de la confusion dans la succession chronologique des symptômes que nous regardons comme si importante. Nous ne croyons pas que l'on puisse attendre beaucoup plus des doses répétées, et, si un expérimentateur n'éprouvait décidément aucun effet de la substance, nous croirions préférable d'en chercher une autre à laquelle son organisation soit plus sensible. Dieu remit à Moïse une baguette mystérieuse, qui pouvait faire jaillir les eaux du sein du rocher ; mais il lui dit de n'en frapper qu'une fois.
Premier expérimentateur : Aug. Joly, vingt-neuf ans, tempérament bilieux-nerveux, constitution régulière.
Premier jour. — A dix heures du soir, prise d'une dose d'assacù, oe dynamisation.
HURA RRASILIENSIS. 165
1. Une heure après, prurit sur les côtes, le sternum; le biceps et
la partie postérieure du bras droit.
Le matin, au réveil, bouche pâteuse.
Rêve de banquet, déniaisons en construction. Le matin, prurit sous les bras, aux jambes, sur la partie externe
des tibias. 5. Paupières supérieures et inférieures enflammées et bleuâtres. Démangeaison au bras droit, à la portion inférieure et interne
de l'humérus, causée par un petit bouton qui commence à se
développer.
Goût de sang dans la gorge.
Sifflement dans les oreilles, et surtout la droite. Groupes de boutons miliaires sur le dos, les bras, les jambes
et la poitrine.
10. Irritation par la moindre contrariété. Envie de vomir, mal de cœur.
Douleur rhumatismale au bras gauche.
Aspect fatigué comme après une orgie, quoiqu'il ait bien dormi
sa nuit.
Pincement au côté droit de la langue.
15. Elancement dans le canal de l'urètre. Picotement autour des yeux, et surtout de l'œil droit. Sensation comme si de petits boutons commençaient à poindre
à l'intérieur des paupières.
Battement nerveux dans les paupières.
Douleur rhumatismale au sacrum, surtout en se baissant. 20. Douleur contusive à la région lombaire. Eruption miliaire aux articulations.
Deuxième jour. — Bouche sèche le matin.
Douleur très-vive dans la région lombaire et clans l'os sacrum
comme si l'on était tombé sur cette partie du bassin. Goût de fumée à l'eau que l'on boit au déjeuner. 25. Douleur dans l'articulation ilio-fémorale. Douleur qui s'étend le long de la cuisse gauche. Éternument, mouchemént fréquent, comme au commencement
d'un coryza, puis écoulement involontaire par le nez d'un
mucus de couleur jaune-citron, avec chatouillement.
166 PATHOGÉNÉSIE BRÉSILIENNE.
Douleur incessante au bas des lombes, redoublant en s'asseyant
ou en se baissant.
Douleur lancinante au sommet de la tête. 50. Onze heures du matin, faible envie de vomir. Étourdissements.
Rêve qu'il nageait dans une rivière dont l'eau était cbaude, et de couleur vert sombre; puis qu'il était au Brésil dans une plantation où des hommes puisaient l'eau d'un marais qui était de couleur jaune.
Chaleur humide, intermittente, parcourant tout le corps et montant jusqu'au visage, de quart d'heure en quart d'heure. Picotement à l'œil droit.