PAN ACE A
20. Etourdissement, elle se penche en arrière comme pour tomber, sept heures et demie du soir.
Douleur comme un coup de canif au nombril, faisant le tour du
ventre et se terminant aux lombes.
Grande chaleur à la langue, avec sensation de petites gouttes d'eau
glacée, neuf heures du matin.
Douleur aux tempes, serrant comme un étau. Grande envie de dormir, avec pesanteur sur les yeux, à midi. 25. Crampes des pieds se prolongeant dans les jarrets. Sensation de vide dans l'estomac avec besoin de manger. Faim qui cause un brûlement à l'estomac. Fléchissement des genoux à quatre heures du soir. Désir de la solitude.
50. Frisson en allant a l'air libre, sept heures du soir. Elle ne peut rester à genoux pendant quelque temps. Douleur remontant dans la poitrine avec tiraillements. Douleur comme un coup de scie rouillée passant rapidement audessus des orbites.
Sensation comme si on arrachait les ongles des pieds. 5$. Fatigue comme après un iong voyage, huit heures du soir. Troisième jour. Engourdissement de la main gauche, on ne peut
la remuer, six heures du matin.
Douleur comme des coups de couteau aux ilancs et à l'ombilic. Douleur de coups de canif dans une dent gâtée, sept heures du
matin.
Douleur pressive au vertex avec etourdissement; cette douleur se porte à l'œil gauche, puis sensation comme une fusée qui en sortirait, sept heures et demie.
40. Sensation d'étranglement, neuf heures du matin. Elle tremble beaucoup de la main droite. Elle est mécontente d'elle-même, tout l'ennuie. Céphalalgie qui augmente son mécontentement. Frisson parcourant tout le corps.
SOLANUM TUBEROSUM ^GROTANS.
Sol. t. je. Solanées. La pomme de terre malade.
Une description du Solanum tuberosum, faite pour une pharmacopée européenne, serait tout à fait inutile, tant la culture de cette plante alimentaire est répandue dans nos contrées. Cependant , comme cet ouvrage se trouvera entre les mains de personnes étrangères à notre continent, nous avons cru à propos d'en donner une figure et une courte description. La ï'ommc de terre est originaire du Chili : c'est une plante herbacée, à tige rameuse s' élevant de un à deux pieds . Ses feuilles sont pinnatifides , à folioles ovales, entières, légèrement velues en -dessous et presque opposées. D'autres folioles , plus petites, naissent quelquefois dans leurs intervalles. Les fleurs forment des corymbes dressés ou couchés ; calice à cinq parties ; corolle d'un blanc violet, à cinq divisions égales; 5 étamines soudées à la base de la corolle; un style et un stygmate; baie charnue à deux loges. Les racines donnent naissance à des tubercules plus ou moins volumineux qui sont nommés pommes de terre. Dans les maladies de la plante, les premiers signes d'altération sont des taches brunes irrégulièrement distribuées dans l'intérieur des tubercules; peu à peu ces taches deviennent des centres de fermentation, et alors se développent des points blancs d'apparence cotonneuse, comparables aux cryptogames, nommés byssus, qui se trouvent sur les bois humides. A partir de ce point, la décomposition est presque générale, et la pomme de terre exhale une odeur nauséeuse insup-
SOLANUM TUBEROSUM /EGROTANS. 219
portable. Nous avons employé un tubercule dans lequel tous les germes de décomposition étaient développés, sans cependant arriver à la putréfaction complète; on a eu soin de prendre, avec les parties brunes, des portions de cette espèce de byssus dont nous parlions tout à l'heure.
Traitement homéopathique de la maladie des pommes de terre.
La pathologie humaine ne peut être le seul champ réservé aux travaux dePhoméopathiste. Placés par Hahnemann à un point de vue plus élevé que les médecins de l'école, nous devons jeter un coup d'œil scrutateur sur tout ce qui souffre, et ramener l'harmonie des fonctions partout où une cause accidentelle est venue la troubler dans le régne organique. Plus que toute autre, l'homéopathie est une science vaste, compréhensive, unitaire. Moins que jamais on ne peut aujourd'hui scinder l'art de guérir, et avoir une médecine vétérinaire et une médecine humaine. L'art véritable étant basé sur la pathogénésie, dont l'expression la plus complète a lieu seulement chez l'homme, il doit embrasser toutes les manifestations de la vie, sous peine de n'être que la moitié d'un art , c'est-à-dire sous peine de ne pas exister.
Le devoir imposé aux homéopatbistes de sauvegarder la précieuse solanée qui est la nourriture du peuple, étant ainsi établi, il nous reste seulement à rechercher comment il peut être rempli.
D'abord il n'est pas douteux que la maladie des pommes de terre doit être traitée d'une manière préventive. C'est un axiome, que tout mal doit être combattu à son début :■ Principiis obsta. Il appartenait à l'homéopathie de nous apprendre à combattre les maladies avant leur apparition. Certes, le traitement de la rougeole, du choléra, de la petite vérole, n'a acquis le cachet de la perfection suprême que le jour où la vaccine, la belladone, le vèratrum ont étouffé dans leur germe le développement futur de ces horribles maladies. Les difficultés pratiques sont du reste un obstacle presque insurmontable à tout autre mode de traitement en grand pour les végétaux.
Ceci accepté, il nous restait à déterminer les préservatifs propres à prévenir la maladie de la pomme de terre, et la manière de les appliquer.
Voici comment nous avons procédé. Nous avons pensé que nous
220 PATHOGÉNÉSIE BRÉSILIENNE.
devions avant tout développer chez l'homme même les symptômes produits par le miasme toxique, et, plus tard, lui opposer les médicaments qui produisent les mêmes effets. On pouvait, il est vrai, faire cette expérience sur le tubercule lui-même, et chercher parmi des milliers de substances celle qui pourrait développer une maladie similaire à celle qui l'atteint en ce moment sur toute la surface de l'Europe; mais cette route était longue, incertaine, indirecte. Nous pensons que le moyen offert par la pathogénésie humaine, plus direct et plus simple,' est vraiment celui que la Providence met à notre disposition pour une pareille circonstance.
L'homme n'est point, en effet, une espèce que l'on peut assimiler aux myriades d'êtres organisés qui nous entourent : l'homme est au sommet de l'échelle des êtres; il est le résumé de la vie animale sur notre planète, le type le plus parfait auquel nous puissions rapporter toutes les existences secondaires. Il est pour le philosophe le microscome, qui contient en ahrégé toutes les merveilles de l'univers, l'archée responsable chargée de la direction de la terre. Pour l'homéopathiste, il est le seul agent d'une pathogénésie véritable; lui seul peut révéler les symptômes les plus fugitifs, les plus précieux et les plus caractéristiques, les lésions de sensation. Sur les végétaux et même sur les animaux, nous ne pourrons jamais apprécier que des désordres de fonction, des désorganisations de texture, ou soupçonner de vives douleurs , manifestées par des gestes ou des cris; mais l'action vraiment dynamique ne peut être perçue et bien décrite que par l'homme.
Du reste, l'homéopathiste vétérinaire se trouve parfaitement de procéder ainsi. Nous ne croyons donc pas que pour la pathologie végétale on puisse ou l'on doive s'ouvrir une autre voie. Plein de cette conviction, nous n'avons pas hésité à convier nos semblables à ce dévouement inouï jusqu'ici, et, grâce à Dieu, nous avons trouvé de nobles âmes qui nous ont entendu. Oui, après avoir trouvé des hommes à qui nous avions dit : Dévouez-vous pour propager l'homéopathie; allez, enseignez, guérissez î et en récompense, on vous raillera, on vous persécutera, on vous emprisonnera; prenez sur vous les douleurs de l'humanité, qui vous insulte; soyez malades vous-mêmes, pour que la maladie soit vaincue dans son essence ; nous avons osé leur dire encore plus ; nous leur avons dit : Pendant
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que l'humanité hésite à accepter le bienfait de Hahnemann, ne perdons pas de temps ; il est d'autres régions de la création où le mal n'est pas vaincu, même en théorie. Descendez vivants dans cet enfer, où Satan s'est réfugié, pour qu'il soit expulsé de ce dernier asile. Nous avons dit cela, et nous avons trouvé encore une fois des dévouements qui nous ont entendu. Ainsi se continue ce drame divin, dans lequel le verbe hahnemannien, image physique de la rédemption chrétienne, combat et prévient le mal par la douleur et le mal lui-même, descendant de sphère en sphère, et ne remontant à sa véritable patrie qu'après l'avoir poursuivi dans toutes les régions de l'univers créé.
Passons maintenant à la partie pratique de notre travail. Dés les premiers temps de l'expérience, [des céphalalgies frontales, avec pression sus-orbitaire, se sont montrées avec beaucoup d'ensemble, non -seulement chez les trois personnes dont l'expérience est publiée en ce moment, mais encore chez d'autres expérimentateurs, qui ne se sont observés que les premiers jours.
Jusque vers le vingtième jour, ces céphalalgies ont été souvent accompagnées de fièvre, avec froid, chaleur, sueur et frissons, auxquels ont succédé des maux dégorge avec toux et expectoration muqueuse verdâtre.
Les violents battements de cœur que l'on observe pendant toute la durée, et surtout à la fin de la troisième expérience, paraissent être représentés chez le deuxième expérimentateur par de fortes pulsations musculaires, qui occupent chez lui le même espace chronologique. Les selles, dures, volumineuses, fragmentées, et dont l'expulsion douloureuse provoquait quelquefois la chute du rectum, l'émission si fréquente de llatuosités, précédée ou accompagnée de coliques intestinales, avec sensibilité des téguments de l'abdomen chez le premier expérimentateur, forment des symptômes très-constants de ce médicament. Ces symptômes, qui ont paru dés le commencement de l'expérience, se sont continués en s'aggravant jusque vers les derniers jours.
Nous indiquerons aussi ces faiblesses, soit générales, soit seulement partielles, suivies, chez le troisième expérimentateur, par de violentes douleurs des lombes.
L'enduit blanc dont la langue a été chargée dans les premiers
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temps, s'est circonscrit à une ligne jaune occupant seulement sa partie médiane. Parmi les autres symptômes moins généraux répandus dans toute l'expérience, il faut citer le manque d'appétit et le goût amer des aliments, les éruptions cutanées, le gonflement de la membrane muqueuse du palais, les urines épaisses, et enfin les douleurs de l'aine ou de l'articulation iho-fémorale droite.
L'action morale du médicament s'est traduite par une grande irritabilité. Les rêves fantastiques de transformation, qu'il a provoqués, se sont présentés avec un rare ensemble dans les trois expériences. On remarque aussi chez le deuxième expérimentateur une double répétition des rêves de la nuit précédente.
Après avoir comparé attentivement les symptômes du Solarium tuberosum à ceux de la matière médicale, connus jusqu'ici, nous lui avons trouvé des rapports avec les médicaments suivants, que nous classons dans l'ordre de leur importance relative.
1° Bryonia; 9° Pulsatilla ;
2° Arsenicum; 10° Graphites;
5° Plumbum ; 41° Alumina ;
4° Nuxvomicâ; 42° Mercurius;
5° Sepia ; 13° Natrum muriaticum ;
6° Strontiana; 44° Ignatia;
7° Viola tricolor; 15° Calcarea,
8° Squilla ;
Il est indubitable pour nous que l'emploi de Bryonia ou d'Arsenicum doit préserver les pommes de terre de l'atteinte de la maladie ; mais, pour dire toute notre pensée, nous croyons plus certain encore d'inoculer à la pomme de terre destinée à la reproduction, la préparation elle-même du Solarium œgrotans. Nous savons toutes les objections faites contre l'isopathie; mais en général, et dans ce cas particulier, on n'a peut-être pas assez réfléchi aux modifications profondes imprimées à l'agent toxique avant qu'il soit employé par l'homme comme moyen prophylactique. On sait que les préparations homéopathiques sont déjà un modificateur actif. La trituration transforme pour ainsi dire le médicament entre les mains de l'homme, et cette transformation est surtout due au choix providen-
SOLANUM TUBEROSUM ^GROTANS. 223
tiel d'une substance qui n'est point inerte, comme Hahnemann le croyait, mais douée au contraire de l'activité la plus salutaire. Nous voulons parler du sucre de lait, cette substance animale qui opère une digestion préalable des produits qui lui sont incorporés, et leur donne des qualités vitales plus appropriées à l'usage médicinal. N'avait-on pas déjà remarqué la supériorité de certains produits animaux sur les minéraux correspondants? Le Calcarea tiré de l'écaillé d'huître n'est-il pas déjà préférable aux carbonates et aux phosphates de chaux préparés chimiquement? Les venins des serpents ne sont-ils pas destinés à monter au premier rang parmi les polychrestes ?
Maintenant, pour en revenir à notre sujet, la préparation du virus de la pomme de terre malade n'est pas celle de l'agent toxique luimême tel que la nature l'emploie, mais bien de ce virus incorporé à un tubercule encore vivant, et qui, par conséquent, l'avait déjà soumis à une digestion préalable qui en atténuait et en modifiait Faction délétère.
Basé sur ces considérations, nous n'hésitons pas à conseiller aux agriculteurs l'emploi de Solanum œgrotans comme préservatif. Nous tenons du reste à leur disposition les trois premiers antidotes pour l'aire des essais comparatifs.
Quant aux moyens d'application pratique, voici comment nous nous y prenons. Avec une grosse épingle, nous perforons la pomme de terre avant son enfouissement, et nous introduisons dans le trou un seul globule de la troisième dynamisation du médicament choisi.
Cette opération est aussi simple que possible. Nous pensons qu'elle peut être appliquée même dans les plus grandes exploitations, et que, grâce à elle, la pomme de terre pourra longtemps encore être cultivée dans cet hémisphère.
324 rATHOGÉNÉSIE BRÉSILIENS U.
Premier expérimentateur : Van-Dyck, Vingt-six ans, tempérament sanguin-nerveux, constitution robuste,
i. Premier jour. — Point douloureux au liane droit, quelques instants après la prise du médicament.
Aigreurs et renvois , à neuf heures du soir. Deuxième jour. — Au réveil , pesanteur sur les yeux et lourdeur
du front, comme au lendemain d'une ivresse. Frissons et sensation de froid intérieur, à midi. 5. Selle faible et difficile, divisée en petites boules noires, le soir. Troisième jour. --Rêve qu'il doit habiller et dessiner le corps d'un homme noyé; ce cadavre sautait à chaque instant et retombait , soit sur ses habits , soit sur sa planche à dessin . La membrane muqueuse de la voûte palatine semble se détacher
sur plusieurs points.
Humeur acariâtre; il ne trouve rien de bien , et ne peut souffrir
que l'on dérange quelque objet autour de lui. Quatrième jour. — Selle difficile , par petites boules noires. 10. Cinquième jour. — Selle difficile , par petites boules noires. Sixième jour. — Coliques atroces , comme si les intestins se tordaient violemment , suivies , un quart d'heure après , d'une selle dure et abondante, et de deux autres selles presque liquides (la nuit).
Septième jour. — Diarrhée abondante et liquide, d'une couleur
jaune verdàtre, le matin.
Picotement autour des paupières , qui, à leur face interne , sort
rouges et injectées de sang.
La langue est chargée d'un enduit blanc. 15. Les dents sont couvertes d'une matière blanche. ( Larmoiement abondant. ) Peu d'appétit.
Le pouls est un peu agité.
Huitième jour. — Toute la ligne médiane de l'abdomen est douloureuse au toucher, depuis le sternum jusqu'à l'hypogastre. 20. Soif.
Peu d'appétit.