XXX THÉORIE ASTRONOMIQUE
deuxième, 8 jours 0.5; le troisième, 17 jours; le quatrième, 40 jours 0.2. — La sphère jupitérienne tourne donc avec plus de rapidité que celle de la Terre , et cette planète étant 4281 fois plus volumineuse que la Terre, sa vitesse est énorme, et cependant elle emploie 12 ans ou 40,598 de ses jours pour accomplir sa révolution autour du Soleil. Du reste, ces satellites, comme la Lune , ne présentent à leur planète que le même hémisphère ou leur côté le plus pesant.
Le Soleil enfin, centre de notre système, est aux yeux de M. J.- Victorino dos Santos, un corps doué de la faculté de condenser la lumière diffuse, qui lui arrive de tous les astres semés dans le vasteempirée. Cette lumière, condensée à son centre, se gazéifie ets'échappe à son tour par les soupiraux d'innombrables volcans. Si nous supposons que ces soupiraux, par une disposition particulière, sont inclinés d'orient en occident, nous aurons la raison du mouvement rotatoire du Soleil d'occident en orient. Le Soleil se présentera aux yeux du mécanicien, comme une turbine, comme une roue à réaction. Les planètes aussi tournent sur elles-mêmes par un mécanisme analogue : la pression de leur atmosphère dilatée après le passage du Soleil à leur méridien. Elles flottent à la hauteur déterminée parleur poids spécifique combiné avec l'impulsion continue exercée sur elle par le choc des rayons solaires. — Ainsi des solutions purement mécaniques seraient données aux problèmes astronomiques, et les hypothèses chimériques employées jusqu'ici seraient remplacées par des lois mathématiques et physiques facilement appréciables. Je ne sais si je me trompe, mais la théorie de M. Josè-Victorino dos Santos ne me paraît pas éloignée de celle de M. de Boutigny, dans ses Recherches sur V état globulaire des corps. Vienne un homme de talent pour populariser ces idées, que j'énonce seulement ici, et l'humanité aura fait un nouveau pas dans l'intelligence de l'œuvre divine.
L'espace me manque pour suivre mon auteur dans ses théories des comètes et des aérolithes. Les curieux pourront consulter son livre, s'il existe encore à la bibliothèque de l'Institut où il a été déposé par le baron Cuvier, en -J827. J'aurais vivement désiré donner sa Théorie des marées;
DE JOSE V1CTOR1NO DOS SANTOS E SOEZA. XXXi
niais cette grande âme, justement ulcérée, a voulu prendre, cette vengeance de ses contemporains, d'emporter avec elle cette découverte dans sa tombe. C'est ainsi que Charles Fourier a étouflë la loi générale de l'analogie universelle. C'est ainsi que, vivant encore au milieu de nous, Hœué Wronski a détruit lui-même ses œuvres mathématiques: suicide le plus effrayant et le plus monstrueux de tous; car l'œuvre d'un pareil génie est colossale comme un monde, et l'anéantir, c'est souffler sur un des luminaires du ciel. Puisse le savant Polonais revenir sur sa détermination, et, sinon pour lui, sinon pour nous, rétablir au nom de Dieu le texte sacré qu'il en avait reçu pour le faire connaître à la terre ! Puisse notre époque, mieux inspirée, avoir enfin pour les hommes de génie, qui jamais ne furent plus nombreux et jamais plus malheureux que de nos jours, un peu de cette charité chrétienne qui commence à remuer les entrailles de la société moderne.
Quant à moi, voué tout entier à cette œuvre pieuse, j'ai passé ma vie à essuyer la sueur glacée qui coule, pendant leur marche au Calvaire, des fronts de ces Christs de la pensée. Depuis quinze ans, je lutte pour conserver dans sa pureté la doctrine de Hahnemann, que menaçait d'absorber le matérialisme des écoles. A peine C. Fonder avait-il quitté cette terre, où sa doctrine devait bientôt être dénaturée et prostituée à des intérêts de partis, que je projetais la réalisation de sa conception grandiose. Depuis vingt ans je lutte avec de rares disciples pour conserver au monde la doctrine de l'émancipation intellectuelle de Joseph Jacotot. J'ai reçu les derniers soupirs de Lebailly-Grainville, le plus malheureux de tous; car il n'a pas laissé de disciples. Et maintenant encore, l'oreille tendue, je guette, à tous les points de l'horizon, ces tristes et derniers gémissements du génie solitaire, qu'étouffe le bruit du monde, pour donner au moins des consolations à ceux que je ne puis sauver de cet effrayant naufrage de toutes les supériorités morales et intellectuelles, que l'on appelle la société.
Aussi, dans cette tâche ingrate et douloureuse, ne m'est-il resté que bien peu de temps pour agir et penser pour mon compte. Pitié divine! pouvais-je rester sourd à ta voix, quand