‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie BrésilienneChapitre 260 sur 285 · PRÉFACE TRADUITE DU PORTUGAIS · texte numérisé non relu

PRÉFACE TRADUITE DU PORTUGAIS

Voué aux réalités, sobre de paroles, pendant que les phalanslériens de Paris tiraient des œuvres de C. Fourier, des poésies, des

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chansons, des journaux et des banquets, je tentais, en 1841, la la réalisation d'une commune sociétaire au Brésil. Les travaux de la réalisation du Sahy ont ralenti, mais non suspendu mon œuvre de propagation homéopathique. Un enseignement fut fondé, des dispensaires établis. Grâce à l'homéopathie, on a vu pour la première fois une colonisation européenne exemple de mortalité sous un climat tropical; car il faut nous rendre aussi cette justice, que malgré tant de calomnies contraires, jamais état sanitaire aussi satisfaisant n'avait accompagné une émigration semblable.

L'expérience pure, base de toute homéopathie, ne pouvait être oubliée par moi. Je m'occupai d'abord des venins de serpent et demandai à mes collaborateurs un des plus redoutés, le Cobra-Coral. Plusieurs de ces animaux me furent apportés dans la même journée, tant les forêts du Sahy renferment de reptiles de cette espèce. Celui que je choisis fut enveloppé dans un linge, sa tête fixée par une petite fourche de bois, et avec une paire de pinces en acier on ht jaillir de sa mâchoire huit ou dix gouttes de venin que je reçus sur cent grains de sucre de lait et qui furent immédiatement triturées dans mon mortier mécanique. Elles y reçurent l'action de six mille tours sans interruption. Un grain du résultat fut consacré à une deuxième atténuation qui reçut seulement trois mille tours, ainsi que la troisième.

Les effets les plus saillants furent produits par les seules émanations qui sortirent de ma machine, en dépit de sa triple enveloppe, phénomène, du reste, qui se reproduit chaque fois que je fais préparer une substance un peu active, et qui a souvent occasionné des accidents inquiétants.

Je pense que mon observation sera reçue favorablement par les homéopathes. Le nombre des symptômes que j'ai recueillis n'est pas très-considérable, mais je crois pouvoir répondre de leur réalité. Presque tous ont été relevés sur plusieurs sujets, d'autres m'ont été déjà confirmés par des guérisons, comme, par exemple, l'oppression en montant un escalier, l'éruption vésiculaire aux pieds, et la surdité. Ce dernier est d'une grande importance ; il répond à une des affections les plus rebelles jusqu'ici aux procédés homéopathiques. Les affections pulmonaires trouveront peut-être aussi un supplément désirable dans le venin du Corail. L'hémoptysie el

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l'état des voies digestives le rendent spécialement indiqué dans le cours de la deuxième période de la phthisie pulmonaire. L'aliénation mentale et les éruptions cutanées lui devront aussi des indications très-utiles.

L'action spéciale sur le côté droit, la paralysie, les élancements, m'ont paru dignes d'attention. Les mouvements gyratoires, le besoin d'oscillation, la chute de l'épiderme et quelques symptômes du moral, qui semblent rappeler la nature du reptile qui les produit, me paraissent dignes de fixer l'attention du naturaliste philosophe.

Il y a certainement des analogies remarquables entre les effets obtenus et ceux du Lachesis-trigono-cephalus. Cependant les différences sont aussi assez nombreuses pour désabuser quelques personnes qui ont avancé que les substances animales avaient une action presque identique, et que le Crotalus, par exemple, était un succédané parfait du Lachesis. Je suis tellement convaincu du contraire, que je crois que le venin des serpents, bien expérimenté, fournirait à lui seul les moyens les plus rapides et les plus sûrs de combattre toutes les infirmités humaines. Chaque époque a sans doute une source de moyens thérapeutiques où elle peut puiser avec plus de confiance, parce qu'elle est plus homéopathique que toute autre au caractère général des affections régnantes. Ainsi quand l'espèce humaine sera purifiée en partie des miasmes qui la rongent, les simples Heurs des champs offriront sans doute un arsenal surabondant aux heureux praticiens qui combattront ses légères et courtes incommodités. Mais nous, malheureux héritiers des miasmes chroniques de tous les âges, nous, accablés des virus héréditaires de la lèpre, des scrofules, de la syphilis et de mille autres chancres hideux, c'est aux agents les plus redoutables que nous devons demander un secours proportionné à l'intensité du mal. Sortez donc de la terre, substances corrosives que les sombres gnomes élaborent dans les antres caverneux du globe! Monstres de la mer et de la terre, versez tous les poisons que vos organes peuvent sécréter. Et toi surtout, serpent, emblème de l'ingratitude, de la méchanceté et de là ruse, rassemble l'immense tribut des êtres immondes qui rampent comme toi! apporte tous les venins les plus subtils, ijue la nature t'a prodigués; viens, c'est

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une époque gangrenée parle vice, dévorée par la lèpre de l'égoïsme ; viens, c'est le dix-neuvième siècle qui l'appelle!

Sois pour moi-même le fatal symbole des passions basses et cruelles qui ont dénaturé la grande entreprise humanitaire essayée sur le territoire du Sahy.Ne charmes-tu pas les yeux, ô le plus beau des Ophidiens (venustissimus), parles anneaux luisants de ta robe d'ivoire émaillée de vermillon et d'ébène; ne les charmes-tu pas, avant d'atteindre l'imprudent voyageur de ton dard léthifère? Eh bien ! moi aussi, je me suis ébloui aux reflets d'un mirage enchanté. Théories sublimes! divines aspirations du prophète de l'harmonie, savant agencement de la série, rédemption de l'homme par l'attraction, palingénésie mystérieuse, je vous avais embrassés de toutes les puissances de mon être! j'avais choisi pour vous un asile, où, loin des influences empestées du vieux monde, vous pourriez vous développer dans toute votre grandeur et toute votre majesté! Idées redoutables, puissances génésiaques, ne vous ai-je pas sacrifié tout ce qui m'appartenait? Fortune, repos, bien-être, tout a péri pour vous, et si je suis sorti vivant du gouffre, ô mes compagnons de sacrifice et de douleurs, dites, ai-j« un seul instant ménagé ma vie dans celte grande lutte de la pensée contre le fait, de l'esprit contre la matière, de l'avenir contre le présent! Amis ou ennemis, je vous adjure de me rendre témoignage; et vous tous, hommes aveuglés, qui avez, par des dissensions fatales, compromis une cause sainte et retardé le salut du monde, puissiez-vous, par un dévouement sans bornes . expier cette faute irréparable , et vous pardonner à vous-mêmes comme je vous pardonne! Puissiez-vous, à l'heure de nouveaux combats, retrouver en vous cette foi profonde qui remplit mon être et persiste, après de si cruelles épreuves, plus forte que la douleur et plus inextinguible que la haine.

La Providence n'ouvre pas qu'une seule voie à celui qui désire sincèrement la régénération du monde. Faut-il renoncer momentanément à la fondation du premier phalanstère? C'est le moment de donner une impulsion pins vigoureuse à la propagation homéopathique. Doctrine de Hahnemann! cause sainte! apostolat sublime! rayon le plus pur de la Divinité ! à toi j'ai dû la vie, quand les ombres de la mort semblaient déjà s'épaissir autour de moi; à toi j'ai dû mes plus douces jouissances, lorsque je t'annonçais aux peuples

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abusés; par toi, ma frêle organisation a résisté aux plus rudes travaux, lorsque dans le sein des forêts vierges j'affrontais les émanations les plus dangereuses, les travaux les plus épuisants et le déchaînement des passions humaines , plus terrible cent fois que les autres fléaux réunis; je te consacre aujourd'hui ce qui me reste encore d'une vie que je te dois ! Puissé-je aujourd'hui, du sein de ma pauvreté glorieusement acquise au service de Dieu, faire jaillir l'étincelle de la vérité plus éblouissante qu'au temps où je pouvais l'enchâsser dans les rayons de ma richesse. Puissé-je, ô parole de salut ! trouver des accents dignes de toi, pour t'annoncer au Nouveau-Monde.

Rio de Janeiro, 15 novembre 1845.

\ . Du premier au troisième jour. — Rêvasseries de jour , on se figure que Ton reçoit des coups.

On croit entendre parler.

On entend parler sans comprendre.

Distraction.

S. Cauchemar et congestion à la tête.

Songes anxieux.

Pesanteur dans la région pariétale droite et douleur pénétrant jusqu'à la nuque.

Battement isochrone clans la nuque, comme une horloge.

Pesanteur sur le front et au-dessus des orbites. 10. Douleur térébrante depuis le vertex jusqu'à l'arcade sourciliére droite.

Douleur qui paraît avoir son siège dans le cervelet, à droite,

Sueur au front et à la nuque.

La tête tombe avec force en avant.

Constriction trés-douloureuse dans les tempes et dans les yeux. 15. Battement violent delà carotide externe.

Douleurs affreuses en renversant la tête en arriére ; amélioration en la penchant en avant.

Tension dans la nuque.

Raideur qui empêche de tourner la tête

Sensation d'un corps étranger dans la tempe droite. 20. Elancements dans le coin externe de l'œil gauche

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Douleur térébraule qui s'étend de la mâchoire inférieure à l'œil

droit, et puis du sourcil droit à l'oreille. Besoin de fermer les yeux comme dans la lièvre. Picotement très-vif à l'angle interne des yeux. Douleurs pressives autour des yeux, avec ébloui ssements. 25. Bourdonnement prolongé comme si une mouche était enfermée

dans le conduit auditif.

Surdité prolongée.

Tintement dans les oreilles.

Écoulement de sérosité par l'oreille gauche. Picotement terrible dans la cavité nasale supérieure. 50. Gonflement des gencives des trois dernières molaires droites. Picotement comme par du piment, après avoir trituré le médicament.

Picotement au bout de la langue.

Renvois aigres, désir d'eau froide, de glace. Dégoût pour les aliments, aigreur à chaque bouchée. 35. Constriction pressive dans la gorge. Du larynx à la langue, broiement avec besoin de l'air frais, comme

par l'action de la menthe.

Les aliments descendent en tournant en hélice dans l'œsophage. D'autres fois, le bol alimentaire se précipite de haut en bas comme

dans un tube métallique et tombe lourdement dans l'estomac

qui tremble violemment.

Diarrhée aqueuse jaunâtre, mêlée de glaires, avec borborygmes. 40. Urines presque rouges.

Urines abondantes.

Urines rouges.

Constriction du sphincter.

Ecoulement prolongé de liqueur prostatique. 45.'Épaississement de la peau du prépuce, et inllammation. Excoriation sur le dos de la verge, qui cause une démangeaison

prolongée.

Faiblesse de la puissance génitale, impuissance. Élancements et piqûre dans la verge.

Poids et gonllement des testicules.

50. Crachement de sang coagulé en caillots noirs, avec arrachement

douloureux, comme s'il venait du cœur.

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Toux presque continuelle.

Sensation dans l'intérieur de la poitrine et au sternum, comme si les plèvres étaient arrachées et les deux poumons écartés l'un de l'autre avec violence.

Impossibilité de se pencher à droite, à cause d'un tiraillement très-douloureux dans le poumon droit.

Violente démangeaison , traction, piqûre à Tépigastre, qui empêche de respirer largement.

55. (Un essoufflement chronique en montant les escaliers, se trouve guéri après deux jours d'expérimentation.)

Accès très-violent d'une toux sèche, qui se termine enfin par une expectoration de" sang noir, avec souffrances atroces d'arrachement dans tous les points des poumons et surtout à la partie supérieure de la poitrine à droite.

Goût de sang à la bouche avant la quinte et envie de vomir qui lui succède.

Brûlure dans les mains en préparant le médicament.

Picotement dans le dos de la main droite. 60. Tiraillements dans la main droite se propageant jusqu'au doigt annulaire.

Douleurs dans les coudes.

Con striction crampoïde dans les phalanges des doigts et sous les ongles.

Elancements et picotements sur le dos delà main.

Le sang tombe dans la main, qui est violette et comme paralysée, on est obligé de la tenir élevée pour prévenir cet effet. Go. Un sang noir jaillit du doigt à la moindre piqûre.

Eruption vésiculaire aux pieds.

Douleurs dans les genoux.

Douleurs de brisure et de contusion dans les genoux, surtout dans le genou gauche que l'on ne peut toucher, et aussi douloureux que dans une luxation.

Du troisième au sixième jour. — Sensibilité du côté droit. 70. Impossibilité de se lever le matin à cause de la douleur du côté droit.

De légères phlyctènes apparaissent sur plusieurs points, surtout aux extrémités ; souvent elles deviennent le centre d'une exfo- Hation de l'épidémie.

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Somnolence toute la journée, et insomnie la nuit.

Rêvasseries des occupations du jour.

Douleur dans le front.

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