DE S. A. I, LE PRINCE D. ALPHONSE
« Messieurs,
« Je croirais manquer à un devoir sacré envers Dieu, envers mes semblables et envers moi-même , si par quelque considération humaine je manquais à venir rendre témoignage sur les cendres du Prince enlevé prématurément au Brésil, et redire le sens profondément vrai de cette mort pleine de féconds enseignements et de mystérieuses espérances.
« Si tout était ici-bas hasard et matière, il n'y aurait lieu ni pour le poète, ni pour le philosophe de rechercher le sens supérieur des événements. Après le trépas, la tombe ; après les funérailles, l'oubli ; telle serait la marche constante et logique des survivants. Mais vous le savez, messieurs, à toutes les époques, même les plus mauvaises, un instinct religieux, qui survit au fond des âmes, les porte à réfléchir et à prier, à s'humilier et à espérer vis-à-vis de la tombe. Tous ici, tous, sans exception, ne sommes-nous pas réunis pour couronner des fleurs de la poésie et de la pensée la jeune victime arrachée au Brésil, pour retrouver la vie dans la mort?
« Je pense, quant à moi, que cette interprétation n'est point arbitraire. Je pense qu'il est permis à l'homme de pénétrer dans les desseins secrets de la Providence, ou pour