‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie BrésilienneChapitre 65 sur 285 · V. Système vasculaire. Veines, artères · texte numérisé non relu

V. Système vasculaire. Veines, artères

Fièvre intermittente, ou algide, continue, grave, pernicieuse,

typhoïde .

Pouls, type, froid, frisson, chaleur, soif, sueur, anémie ou

manque de sang. Chlorose ou pâles couleurs. Phlébite ou inflammation des veines.

Pléthore ou surabondance de sang. Anévrysme.

Q. Tissu cutané. Sueur.

(Il faut noter avec soin les maladies de la peau négligées ou guéries par des bains ou des frictions. Les maladies chroniques ont généralement pour cause éloignée une éruption répercutée.)

Exanthèmes ou taches superficielles s' effaçant sous la pression.

Lésions mécaniques.

Macules ou taches persistantes .

Squammes ou écailles de Vépiderme.

Bulles ou larges vésicules sous Vépiderme, vésicules ou petits boutons pleins de sérosité.

Pustules. Collection de boutons purulents.

Papules. Petites élevures charnues.

Tissu cellulaire.

OEdème ou tumeur diffuse sans inflammation. Ulcération, chancres.

Hypertrophie ou excès de nutrition. Atrophie ou amaigrissement.

Phlegmon, panaris, furoncle. Abcès, suppuration, éléphantias. Lipomes ou tumeurs graisseuses.

Tissu glandulaire. Glandes du cou, des aines, des aisselles.

Gonflement, bubon, suppuration.

Engorgement, érysipélateux, luisant.

K.. Tissu osseux, cartilagineux.

Ostéite ou inflammation du tissu osseux. Ramollissement,, " Luxation, carie, nécrose ou portion d'os privée de. vie.

H. Muscles et articulations.

Goutte ou douleur des articulations avec gonflement. Podagre ou goutte aux pieds.

Raccourcissement des tendons, rhumatisme articulaire. Outre ces lésions spéciales, on ne doit pas manquer de consulter le paragraphe 3 de ce chapitre pour les formes diverses de la douleur.

L'histoire du malade peut être écrite de suite sous la dictée du malade et des assistants; mais dans les dispensaires, il convient d'avoir des registres imprimés portant au milieu , sur une ligne verticale, les vingt-cinq lettres indiquant les principaux appareils organiques. A droite de cette ligne, on écrit les symptômes à mesure qu'ils sont énoncés, en les classant chacun à leur place, et en les accompagnant de la date de leur apparition. Ceux qui ont été guéris ou ont disparu sont renfermés entre deux parenthèses. — A gauche de la même ligne , on inscrit le nom de tous les médicaments qui répondent à chaque symptôme, tels que les donne un bon répertoire. Au bas de cette colonne de médicaments, on inscrit le médicament ou les médicaments qui se représentent le plus souvent, et parmi lesquels on aura à choisir le moyen approprié. Audessous de la colonne des symptômes reste un espace vide, où l'on inscrit les résultats obtenus par chaque administration de médicament. On a soin également, quand le malade vient consulter, de résumer les modifications, que l'on inscrit sous sa dictée au bas de la page, de les résumer, disons-nous, dans le corps même de l'histoire, par des signes notés auprès de chaque symptôme, ainsi qu'il suit : < quand le symptôme est aggravé, > quand il est amélioré, n quand il est guéri, u quand il y a une rechute. On inscrit de plus un petit chiffre dans la concavité de ces signes , pour désigner si c'est le premier, le deuxième, le troisième médicament administré qui a produit la modification que l'on inscrit 7, «', 5, * . Ce petit travail, quand on y est accoutumé, n'a rien de pénible et jette la plus grande clarté sur la marche du traitement.

Passons maintenant au choix du médicament en lui-même. Ce sujet est encore un de ceux dont la solution existait sans doute dans la pensée de Hahnemann, mais qui n'a pas été exprimé assez clairement pour les besoins d'un enseignement méthodique. Nous trouvons reproduit sous mille formes diverses, dans YOrganon, le précepte de toujours choisir le médicament dont la contre-image représente exactement tous les phénomènes de la maladie; mais

comment trouver ce médicament s'il existe , ou comment trouver celui qui en approche le plus, clans le cas où il n'existerait pas? Comment se déterminer, lorsque plusieurs médicaments reproduisent seulement une partie des symptômes de la maladie naturelle ? Voilà la difficulté qui s'est cent fois présentée à nous, et que le texte de [lahnemann if a pas résolue explicitement. Les deux seules histoires que ce grand homme ait publiées sont trop incomplètes pour servir de modèles dans tous les cas. Une seule fois [Organon,$ 455), il aborde ce point franchement , et voici comment il s'exprime : « Quand on cherche un médicament homéopathique, il faut surtout et presque exclusivement s'attacher aux symptômes frappants, singuliers, extraordinaires et caractéristiques; car c'est à ceux-là principalement que doivent répondre des symptômes semblables dans la série de ceux qui naissent du médicament qu'on cherche , pour que ce dernier soit le remède à l'aide duquel il convient le mieux d'entreprendre la guérison. Au contraire, les symptômes généraux et vagues, comme le manque d'appétit, le mal de tête, la langueur, le sommeil agité, le malaise, etc., méritent peu d'attention, parce que presque tous les médicaments produisent quelque chose d'analogue. »

Voilà tout ce que nous avons trouvé de plus clair et de plus nettement arrêté dans les ouvrages de Hahnemann sur ce sujet important, et, nous le répétons, cette indication nous paraît encore incomplète et insuffisante. L'expression prévue exclusivement laisse dans notre esprit une incertitude que nous avons dû chercher à dissiper à tout prix. Quelles sont les limites de ce mot presque , et que signifiait-il dans la pensée intime du maître? Nous avons cherché à le découvrir, et voici le résultat de cet examen :

Un symptôme caractéristique est celui qui est accompagné de circonstances singulières, qui l'individualisent en le distinguant de tous les autres. Il est, dans une maladie, ce qu'est un signe caractéristique dans un signalement. Il lève tous les doutes, si les' autres traits de pinceau concourent à donner une image exacte de ce que l'on cherche. Ainsi, la sueur est un symptôme ordinaire; mais si elle est froide, si elle teint le linge en jaune ou d'une autre couleur, si elle survient à une heure déterminée, elle devient caractéristique. Les souffrances d'estomac après avoir mangé sont des symptômes

GUIDE DU MALADE ET DE L'EXPÉRIMENTATEUR. (il

purs et simples; mais si elles n'ont lieu qu'après avoir mangé des œufs, de la viande de lièvre, de canard, du poisson, etc., etc., ces souffrances deviennent caractéristiques. Une douleur rhumatismale le devient également si elle alterne avec d'autres incommodités, ou si elle atteint une partie bien circonscrite, etc., etc. Dans ce cas, tous ces symptômes ont la plus grande importance pour le bon choix d'un médicament.

Ils ne constituent pas cependant ce qui est nécessaire en tout et partout pour le choix d'un médicament. Supposons, par exemple, qu'un homme soit atteint de symptômes très-ordinaires, comme de diarrhée, d'hémoptysie, d'affaiblissement de la vue , et que d'un autre côté il ait des symptômes très-caractéristiques, comme sensation de térébration à la deuxième phalange du petit doigt de la main gauche, démangeaison circonscrite à la pommette droite , réveil en sursaut chaque nuit à une heure du matin, etc., etc.; supposons encore que les médicaments qui répondront au premier ordre de symptômes primitifs ne répondent pas à ces derniers; devrons-nous pour cela les mettre de côté? A cela nous répondons hardiment: non ; le cas de l'exception entrevu par Hahnemann est arrivé , et nous ne pouvons nous occuper de la démangeaison de la face ou de la térébration du petit doigt, pendant qu'un crachement de sang, une diarrhée colliquative, ou une amaurose commençante jettent le malade dans le désespoir, ou mettent ses jours en danger. Si nous ne pouvons trouver dans le même médicament les symptômes les plus cruels ou les plus menaçants et le symptôme caractéristique, nous nous passerons, s'il le faut, de cette heureuse réunion de circonstances. *

Nous avons donc créé, en opposition aux symptômes caractéristiques, un ordre de symptômes, que nous nommons fondamentaux. Ce sont les plus dangereux , les plus douloureux, les plus constants, les plus anciens, ceux dont les autres paraissent dériver, et enfin, ceux que le malade intelligent accuse presque toujours les premiers. Ils doivent, avant tout, être compris dans le médicament que l'on choisit, et même de préférence, s'il le fallait, aux symptômes caractéristiques.

Lors donc que vous avez rédigé une histoire de malade, il vous faut d'abord la relire avec soin , pour y reconnaître le symptôme

62 bOCTRINË HOMÉOPATHIQUE.

ou les symptômes fondamentaux, et au bas de la colonne gauche, inscrire les lettres symplomatographiques qui leur répondent. Après cela, vous cherchez les caractéristiques, en mettant en tête les plus saillants, et enfin, vous mettez les symptômes les moins significatifs à la suite. Le médicament à choisir est nécessairement un de ceux qui répondent au symptôme fondamental. Il faut donc examiner successivement tous ceux qui sont inscrits à sa gauche, et voir lequel d'entre eux se reproduit le plus souvent parmi les autres groupes inscrits à la gauche des autres symptômes, et surtout s'il répond aussi aux symptômes caractéristiques. Il est bien entendu que les médicaments indiqués par le dépouillement du répertoire doivent être lus et étudiés dans la matière médicale, qui reproduit l'ensemble de leur physionomie. Ainsi, on aura un moyen vraiment homéopathique, et s'il reste quelque hésitation entre deux ou trois substances différentes, il suffira, pour se décider, de faire une lecture plus attentive de la pathogénésie.

Ce n'est donc pas le nombre des symptômes reproduits, ni même le caractéristique, qui suffisent pour déterminer le choix du médicament; il faut la réunion de ces deux éléments à celui du symptôme fondamental, pour avoir le remède vraiment homéopathique. Notre œuvre n'est ni une addition, ni une divination, ni un empirisme; elle est un travail intelligent, basé sur des règles claires et spéciales. Elle peut s'enseigner; mais pour être bien pratiquée, elle exige, avant tout, de la conscience.

Nous reproduisons ici les deux histoires publiées par Hahnemann ui-même, et nous y joignons trois histoires extraites des registres de nos dispensaires, et étudiées d'après les principes méthodiques que nous imposons aux élèves qui étudient sous notre direction. Il serait impossible, sans doute, dans la pratique ordinaire, de consacrer un travail semblable à chaque cas morbide; mais nous pouvons affirmer que, pour faire vite par la suite, il faut avoir commencé à faire lentement, et que quiconque n*aura pas voulu se soumettre d'abord à ces recherches pénibles du vrai médicament, ne pourra jamais faire de l'homéopathie qu'au hasard, et compromettre la vie de ses malades et la réputation d'un art qui lui est étranger.

GUIDE DU MALADE El DE L EXPÉRIMENTATEUR. 63

Cas de guérison rapportés par Hahnemann.

« Chaque cas de maladie qui a été guéri ne montre que la manière dont ce cas a été traité. La marche même du traitement repose sur les principes que l'on connaît déjà, et que j'ai développés dans YOrganon. On ne peut pas lui donner des formes réelles pour chaque cas particulier qui se présente, et la relation d'une guérison isolée ne la rendrait pas plus claire qu'elle ne l'était déjà par la seule exposition des principes qui lui servent de base. Chaque cas de maladie non miasmatique étant individuel et spécial, ce qui le distingue de tout autre cas lui est également propre, n'appartient qu'à lui, et ne peut servir de modèle au traitement à suivre dans d'autres cas. S'il fallait décrire un cas complexe de maladie, comprenant des symptômes nombreux, et le faire d'une manière assez pragmatique pour que les motifs qui ont déterminé dans le choix du remède fussent d'une clarté parfaite, cette discussion fatiguerait autant l'historien que le lecteur.

Cependant , pour complaire aussi en cela à mes amis , je vais rapporter deux des plus petits cas de guérison homéopathique.

S..., femme forte, âgée de quarante et quelques années, blanchisseuse de son métier, était déjà depuis trois semaines hors d'état de gagner sa vie, lorsqu'elle vint me demander conseil.

1<> A chaque mouvement, mais surtout quand elle se levait et plus particulièrement encore quand elle faisait un faux pas, elle éprouvait au creux de l'estomac des élancements qu'elle disait provenir du côté gauche.

2° Elle se trouvait très-bien quand elle était couchée ; alors elle n'éprouvait plus de douleurs nulle part, ni dans le côté, ni au creux de l'estomac.

3° Elle ne pouvait dormir que jusqu'à trois heures du matin.

4° Elle mangeait avec plaisir, mais aussitôt qu'elle avait pris quelque peu d'aliments, elle éprouvait des maux de cœur.

o° L'eau lui venait à la bouche et en ruisselait.

6° Chaque fois qu'elle mangeait, elle éprouvait ensuite des soulèvements de cœur, mais sans résultat.

7° Cette femme était d'un caractère violent, enclin à la colère.

b4 DOCTRINE HOMEOPATHIQUE.

Une sueur abondante la baignait quand elle éprouvait de fortes douleurs. Quinze jours auparavant, ses règles avaient coulé d'une manière régulière.

Tout le reste était dans l'état naturel.

A l'égard du symptôme 1, la belladone, le quinquina et le sumac vénéneux occasionnent bien des picotements au creux de l'estomac; mais ni l'un ni l'autre ne les excite seulement pendant que le sujet agit, comme ici. La pulsatille en produit bien lorsqu'on fait des faux pas, mais rarement ; et elle ne détermine ni le même trouble de la digestion que signalent les symptômes, 4, 5 et 6, ni la même disposition morale.

La bryone seule occasionne pendant le mouvement des douleurs, surtout lancinantes. Elle cause aussi des picotements sous le sternum quand on lève le bras; mais elle en provoque également sur d'autres points à chaque faux pas.

Le symptôme 5 est fourni par plusieurs médicaments et aussi par la bryone.

Le symptôme 4, quant à ce qui concerne le mal de cœur après avoir mangé, appartient à plusieurs médicaments, la fève de Saint- Ignace, la noix vomique, le mercure, le fer, la belladone, la pulsatille, les cantharides; mais, il est peu ordinaire, inconstant et rarement accompagné de plaisir à prendre des aliments, ce qui arrive pour la bryone.

A l'égard du symptôme 5, plusieurs médicaments font bien venir l'eau à la bouche, de même que la bryone, mais ils ne produisent pas les autres symptômes qui s'offraient chez la malade. La bryone leur était donc préférable sous ce rapport.

Les soulèvements de cœur sans vomissement, après avoir mangé (symptôme 6), sont produits par peu de médicaments; nul ne les détermine plus fréquemment et à un plus haut degré que la bryone.

L'état du moral est un des principaux symptômes dans les maladies, et comme la bryone produit sous ce rapport des phénomènes semblables à ceux qui existaient chez la malade, ce médicament, d'après cette circonstance et les précédentes réunies, était préférable à tout autre comme remède homéopathique.

Or, attendu que la femme était très-robuste, que par conséquent la force de la maladie devait être très-considérable , puisqu'elle

causait des douleurs empêchant tout travail, mais que d'ailleurs les forces vitales n'avaient pas reçu d'autre atteinte, je fis prendre une des plus fortes doses homéopathiques, une goutte entière du suc de bryone non étendu, et je dis à la malade de revenir me voir au bout de quarante-huit heures. J'annonçai à un de mes amis, qui était présent, qu'elle renaîtrait à une santé parfaite durant ce laps de temps, ce qui lui parut douteux. Au bout de deux jours, cet ami revint pour connaître l'événement; mais la femme ne se présenta pas. Je ne pus le tranquilliser qu'en lui donnant l'adresse de cette malade, dont il alla sur-le-champ s'informer. Elle lui apprit que, clés le lendemain, elle avait recouvré la santé et pu reprendre ses occupations.

Un homme débile et pâle, âgé de quarante-deux ans, qui passait sa vie à écrire, vint me trouver le cinquième jour de sa maladie.

\° Le premier soir, sans cause appréciable, il avait eu des maux de cœur, des vertiges tournoyants, et de fréquents soulèvements de cœur. 2° La nuit suivante, vers deux heures, vomissement de matières aigres. 5° Les nuits d'ensuite, violents soulèvements de cœur. 4° Le jour de la visite, rapports d'une saveur fétide et désagréable. 5° Il lui semblait que les aliments fussent crus et indigérés dans son estomac. 6° Il avait la tête embarrassée ; elle lui semblait vide et sensible en dedans. 7° Le moindre bruit l'importunait. 8° Caractère doux, calme et patient.

Il est à remarquer ici :

4° Que quelques médicaments occasionnent des vertiges, avec des maux de cœur, comme la pulsatille, qui détermine aussi les vertiges le soir, particularité propre à un petit nombre seulement d'autres substances.

2° Que la pomme épineuse et la noix vomique excitent des vomissements aigres et une sécrétion muqueuse d'odeur acide, mais non pendant la nuit. La valériane et la coque du Levant font vomir la nuit, mais non des matières aigres. Le fer seul cause des vomissements la nuit, et peut aussi en occasionner d'acides; mais il ne produit pas les autres symptômes qui devaient être pris ici en considération. La pulsatille, non-seulement excite des vomissements aigres le soir, et des vomissements en général pendant la nuit, mais encore les autres symptômes offerts par le malade.

66 DOCTRINE HOMÉÛfATHlOUL.

5° Les soulèvements de cœur pendant la nuit sont propres à ce médicament.

4° Les rapports fétides, putrides, aigres, lui appartiennent également.

5° Bien des médicaments font naître un sentiment semblable à celui que produirait la présence de matières indigestes dans l'estomac ; mais aucun ne le fait d'une manière aussi complète et aussi frappante que la pulsatille.

6° Ce symptôme est produit par la pulsatille, ainsi que par la fève de Saint-Ignace; mais celle-ci ne détermine point les autres.

7° La pulsatille occasionne quelque chose de semblable au symptôme 7, de même qu'un excès de sensibilité des autres organes sensoriels, par exemple de la vue. Quoique la difficulté de supporter le bruit résulte aussi de la noix vomique et de la fève de Saint- Ignace, ces substances la produisent à un moindre degré, et n'excitent pas les autres symptômes.

8° La pulsatille offre un état semblable du moral.

Le malade ne pouvait donc être guéri plus facilement, plus certainement et d'une manière plus durable par aucune substance autre que la pulsatille. Je la lui prescrivis sur-le-champ ; mais, a cause de sa faiblesse, je n'en donnai qu'une très-petite dose, c'està-dire une demi-goutte de la quadrillioniéme partie d'une forte goutte de suc exprimé. Le remède fut pris dans la soirée.

Le lendemain, l'homme n'éprouvait plus aucune incommodité, sa digestion était rétablie, et huit jours après, quand je le revis, rien n'avait encore reparu chez lui.

La recherche d'un si petit cas de maladie et le choix du moyen homéopathique qui y convient sont bientôt faits. Il ne faut pour cela qu'un peu de pratique, et posséder les symptômes des médicaments dans sa mémoire, ou savoir les trouver aisément dans le livre. Mais en écrire le narré, avec tous les motifs pour et contre que l'esprit aperçoit et juge en un instant, c'est, comme l'on voit, un travail long et fatigant.

GU10E bU MALADE ET bL L EXl'ÉRlMENTATEUi;.

M. T... , «</? tffe quarante-trois ans , scieur de long.

(Tempérament bilieux.) Maladies antécédentes.

(Paralysie du bras et de la jambe du

côté gauche, depuis huit ans.

Furoncles à la région dorsale et au

menton, au nombre de sept à huit

à la fois.

Constipation chronique.)

T. Céphalalgie frontale, avec sensation comme d une oscillation de pendule dans la tête.

Etourdissements, tournoiements en se levant du lit le matin ; il faut qu'il saisisse quelque chose à sa portée pour ne pas tomber.

F. Face pâle et jaune. Aspect maladif.

B. Langue fendillée, chargée d'un enduit blanchâtre.

E. Appétit faible.

A. Constipation opiniâtre.

Il reste quelquefois huit jours sans

aller à la selle.

Besoin inutile d'aller à la garde-robe.

Sensation de brûlement à l'anus après les selles.

Selles dures et d'un moule trop volumineux.

Gonflement de l'abdomen par des 11a-

tuosités lorsqu'il ne va pas à la selle.

U. Urines très-épaisses, de couleur jaune

foncé.

Déposant un sédiment rouge brique.

Urines brûlantes.

Ri Sensation d'une grande chaleur à la

Acon., alnm. , arn., ars., bar.-c, bell., bry. , caus., cocc, croc, dros. dulc, liell , ipec. merc, nair., n.-vom-, oleand. plat., si/., spong., suif.

Acon., asa. , bell , euphorb., lue. , ». -vom. , oleand. , phos., rhod. , Yerat. , viola. -od.

Anac, ars., cale., camph., canth., carb. -v., chin.-sulf., dig., fer., graph., ipec, lyc-, merc. , nitr.-ac. , n.-vom. , phos., spig., suif.

Ars., bell., cham., cic, lach., n.-vom., plumb., puis. , alum., arn., bell., merc., n.vom., puis., suif. , tar.

Acon., ant., arn., bar— c.

bry., cale, chin., iod., lach., lyc, n.-vom., puis., suif.

Bry. , caus. , chin.-sulf. , graph., lach.Jijc, natr. m., n.vom., op., plumb., sass., suif., yerai.

Anac, carb.-an., caus., lyc, merc., natr., n.-vom., rhab.

suif.

Ars-, bry., cale, euphorb., n.-vom., nilr., ac, op. oleand., puis., sep., suif., ihui. yerat.

Agar., am.-c, am.-m., bry., cocc, grat. hep. , n.-vom., plumb. , sil., stront., suif. , thui.

Acon., ars., aur.-m., cupr., natr. -m., n.-vom., verat.

Camph., carb.-v., con., n.vom., plumb.. subad., sulf.-ac

Acon., camph., chin., graph., ipec, lyc. n.-vom., phos., suif.

Acon. , cann. , carb.-an. , dulc, kros., lyc, merc.

Acon., bell., long, asa.,

région diaphragmatique et aux hypo-

condres.

Sensibilité douloureuse des hypocondres à la moindre pression de ses habits par suite du gonflement de V 'abdomen.

Z. Faiblesse paralytique de la jambe gauche aggravée par la constipation.

Caractère vif, emporté.

(La maladie dont il est affecté lui est survenue à la suite d'un grand chagrin.)

Q. Transpiration abondante de la tête et du dos le matin.

Grand ulcère d'un rouge pâle, sur lequel il se lève des pellicules jaunâtres, et qui sécrète un pus sanieux, il est placé au milieu du dos.

Furoncles tout autour de la plaie et

sur les épaules ; les uns se ferment,

les autres suppurent.

La plaie du dos suppure aussitôt qu'il

transpire, et il en sort une humeur

aqueuse et jaunâtre.

Démangeaison lorsque les furoncles et

la plaie se sèchent.

Quand la plaie sèche les furoncles

suppurent, et quand les furoncles

se ferment la plaie se rouvre.

bry., lach., merc, slann., terb.

Bell ., merc, n.-vom., lach.

Anac, bell., cocc.,lyc. , n. vom., oleancl., op., plumb., sec, sil. , slann. , suif. , zinc.

Acon. , anac, aur. , bry., croc, n.-vorn., caus. , kal. ,

:roc rem

Ara. -c, bry., cale, carb. v. , lach., merc, n.-vom., par. , phos. , puis., rhus, sep,, sil.

Bor., merc, plumb., puis., si!., suif.

Ant., bell., euph., n.-vom., phos. , sil., suif., thui.

Classification des organes affectes d'après l'importance de leurs symptômes.

Fondamentaux. . . A, Q, Z, T.

Caractéristiques. . T, Av.

Ordre dans lequel les principaux médicaments se sont présentés.

N. vom. / 1II1III1111I11I111 (»)

Suif. [ 111.111111111 (12)

Merc. \ 111111111 (9)

liell. 1 11111111 (8)

Lyc { llllllll (8)

Piumb. ] 'llllll (6)

Fuis. / 11111 (5)

Oleand. 11111 (*)

Sil. V Ml Cl

Le médicament indiqué est noix vomique, 15e dyn. , non pas seulement parce qu'il se représente un plus grand nombre de fois que tous les autres, mais aussi parce qu'il concorde mieux qu' aucun autre avec toutes les nuances des symptômes de la maladie. Par exemple, la céphalalgie que nous avons indiquée comme symptôme fondamental, est produite par un grand nombre de médicaments, mais elle est ici nettement caractérisée par la sensation d'oscillation interne, qui appartient à nux-vomica. Pour la consti-

pation opiniâtre, à laquelle répondent lycopode et plumbum, nous avions encore besoin de trouver un symptôme caractéristique qui indiquât sûrement le médicament à choisir parmi tous ceux qui se présentaient ; cette spécialisation nous est donnée par le gonflement de l'abdomen par des llatuosités, hors le temps des selles ; symptôme qui chez nux vomica est bien évidemment caractéristique. Les sueurs de la tête et de dos se montrant exclusivement le matin sont encore de ce médicament. Outre ces symptômes fondamentaux, accompagnés de caractéristiques, nous avions encore d'autres traits importants de la maladie qui ne nous permettaient pas d'hésiter sur le choix du médicament : les furoncles, la sensibilité douloureuse des hypocondres à tout contact, la faiblesse paralytique de la jambe gauche, sont des symptômes spéciaux à lanoixvomique.

^Tous avons commencé par une 15e dynamisation, quoique l'aspect de la maladie soit en général chronique, mais nous avions à traiter des ulcères et des furoncles qui n'auraient pas disparu si nous avions employé une plus haute dynamisation.

A la consultation suivante la maladie présentait une grande amélioration.

Le lendemain de la prise du médicament, une transpiration considérable est survenue comme jamais le malade n'en avait eu.

Le médicament a produit un effet si salutaire, que des furoncles, qui étaient sur le point d'aboutir, ont disparu.

Le malade se sent comme dans un nouveau monde.

Le ventre est bien moins douloureux, et il peut supporter la pression de ses habits.

Il se sent plus libre et mange mieux.

La constipation existe toujours un peu, cependant il va mieux à la garde-roDe.

L'amélioration se soutenant, saccharum fat administré pendant trois semaines, jusqu'à ce que les symptômes suivants, se représentant de nouveau, nécessitèrent une nouvelle dose du médicament.

La constipation persiste, il reste quelquefois cinq jours sans aller à la selle.

Les selles toujours aussi dures.

Les jambes vont mieux ; il peut travailler.

Plus de furoncles.

La plaie du dos a suppuré un pus épais pendant trois jours.

Médicament indiqué, nux vom. 30e.

La maladie étant éminemment chronique, nous avons continué le même médicament, à une dynamisation plus élevée.

Le succès a confirmé notre opinion, car, une semaine après, le malade nous est revenu avec une grande amélioration.

La douleur de poitrine a disparu ; le ventre n'est plus douloureux, et il peut se serrer dans ses vêtements.

Les jambes sont de plus en plus fortes ; les selles sont un peu

70 DOCTftliNE HOMÉOPATHIQUE.

moiûs difficiles à expulser; elles sortent maintenant enveloppées de mucosités.

La plaie du dos a moins suppuré.

Nous avons administré une dose de rdx vomica à la 400e dyn.

Le malade a été complètement guéri; les furoncles ayant disparu dés la deuxième dose, il ne restait plus que la plaie, la constipation, et les sueurs de la tête et du dos qui ont cédé au dernier médicament.

Nous prenons ceci pour exemple de la vérité du principe de la théorie des doses, qui indique l'emploi des hautes dynamisations pour le traitement des maladies chroniques. Et, en effet, quoique ce cas présentât quelques symptômes ayant une forme un peu aiguë, l'ensemble de la maladie est bien évidemment chronique (premier aspect) .

Nous avons donc dû, pendant les premiers temps où existait cette forme aiguë, employer des dilutions peu élevées; mais aussitôt que ces symptômes ont disparu, nous avons élevé graduellement les dynamisations jusqu'à la guérison de la totalité des symptômes,

Mme B..., âgée de cinquante ans , couturière.

(Tempérament bilieux.)

( Est affectée , depuis dix ans, d'une douleur dans l'abdomen. ) T. Sensation de froid, puis de brûle- Arn., cale, laur., plios. ,

ment par toute la tête, se manifes- vaI- » ca,ad> » canlh*

tant par bouffées dans la journée.

Y. Obscurcissement de la vue, comme Amb.,ai\g., am., ars., asar.,

par un brouillard, quand elle a mal à p^si;iqJnilsull\liÂml

la tête,

O. Bourdonnement dans les oreilles Acon-> arn-> ars.,bell.,brY ., i .i lit». cale, carb.-an. , carb.-v.,

pendant le mal de tête. caus.; charo., «W , /yc.,

merc, natr., op., petr., puis.,

suif., verat.

G. Sensation de grattement, comme si Amb.,arn., caus., carb.-an.,

elle avait une excoriation dansla gorge Jgj- ggj" &VW,

en avalant sa salive. teuc.

r. La face est jaunâtre. Calc-> canlh-» s"ph., hic,

y magn. m., merç, , n.-vom.,

puis., suif,

GUIDE DU MALADE ET DE L'eXPÉRIMENT ATELft .

E. Nausées ri haut-le-corps pondant les douleurs de l'abdomen.

Grand appétit.

A. Sensation de brûlement dans l'abdomen avec points de côté.

Pression brûlante dans les ilancs.

Ballonnement et dureté de F abdomen.

Coliques et frissons dans le ventre.

Sensibilité douloureuse de l'abdomen au toucher.

Douleur vive, lancinante, se manifestant dans la partie inférieure de l'abdomen lorsqu'elle fait un faux pas.

H. Sensation de tortillement et de brûlement sous le sternum.

xz. Fatigue et frémissement dans les bras et dans les jambes aggravée par les douleurs abdominales.' Fatigue dans les jambes.

Frémissement dans les jambes.

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