X NOTICE SUR L 'ÉCOLE HOMÉOPATHIQUE
à leur élaboration la propagation active, quitta Leipsick, et ne communiqua plus avec ses élèves que dans de rares conférences ou par écrit.
Depuis lors l'enseignement du nouvel art fut abandonné au hasard. Des études faites sans aucun contrôle amenèrent à leur suite l'incapacité, la négligence, l'adultération des principes et la trahison. Comment l'homéopathie, abandonnée à toutes les prétentions d'un individualisme effréné, peut-elle subsister encore, c'est ce que la postérité ne pourra comprendre que si, plus religieuse que notre époque, elle voit la main de Dieu sans cesse occupée de préserver d'une ruine complète le don précieux fait à l'humanité indigne de le comprendre.
Un pareil état de choses ne pouvait cependant être que transitoire. Une science aussi vaste, aussi complexe ne pouvait rester plus longtemps livrée à tous les caprices des individus, pratiquée par des hommes qui ne recevaient de mission que d'eux-mêmes et qui, du vivant même de Hahnemann, lui contestaient ses titres de gloire et sa supériorité. 11 fallait créer un centre d'enseignement qui reçût le dépôt des théories pures, qui rendît impossible à l'avenir l'apparition des Rau, des Griesselich et des Fickels , et qui pût avec autorité recommander aux malades les hommes vraiment capables de les traiter.
Nous poursuivîmes, pour notre part, la réalisation de cette idée pendant les longues pérégrinations que nous imposait la propagation de 4'homéopathie à Malte, à Palerme et à Paris ; mais convaincu de la difficulté de fonder une institution puissante sur le vieux continent, nous nous décidâmes à passer en 1840 au Brésil, où nous avons eu le bonheur de réussir.
Ce ne fut que le 2 juillet 1844 que les bases de l'École de Rio furent enfin posées. La propagation de l'homéopathie dans le Sud, la fondation de l'Institut homéopathique du Brésil et d'autres travaux que nous ne devons point énumérer ici, nous avaient absorbé jusque-là. M. Joâo Yincente Martins rédigea le plan d'études dont nous donnons ici le tableau synoptique. Ce plan accepté par l'Institut, fut mis à exécution six mois plus tard, à l'ouverture des Cours, qui eut lieu le 12 janvier 1845,