‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie brésilienne contenant une exposition méthodique de homéopathie, la loi fondamentale du dynamisme vital, la théorie des doses et des maladies chroniques, etcChapitre 1 sur 313 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

A L'Institut Homéopathique. rue de La Harpe, a 93:

DICO DE JANSIRO,

Rue de S.-Josè, no 59,

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Les méchants s’enhardissent par une longue impunité. Ils sont tellement incapables de sentiments généreux, qu’ils n’en conçoivent même pas l'existence, et confiants dans l’apathie proverbiale de humanité, ils s’approprient sans pudeur l’exploitation des divines pensées que le génie révèle à la terre pour le bonheur des hommes. Entre leurs mains, tout dégénère, tout se flétrit, tout se dénature. L’esprit du mal proclame de nouveau la légitimité et l'éternité de son empire; mais c’est alors que Dieu se plaît aussi à susciter à la vérité un vengeur qu'on n'attendait plus. Le champion de la cause sacrée s’avance calme et impassible au milieu de toutes les insultes, de toutes les fureurs ; il est indifférent aux menaces, inaccessible à la corruption; ses ennemis eux-mêmes n’osent le frapper, quand le pouvoir leur en est donné. On sent instinctivement qu'une puissance mystérieuse l’environne et le protége jusqu’à l’accomplissement de sa mission providentielle.

Tel est, 6 mon ami! le rôle qui vous a été dévolu dans le grand drame de l'introduction de lhoméopathie au Brésil. Toujours sur la brèche, toujours prêt à combattre quand un principe était en jeu, nul plus que vous ne mériterait l'application de cette noble devise : Vita impendere vero. Votre plume, cette flamboyante épée de la pensée, qui jamais n’a connu de défaite ni même de résistance dans le champ clos de polémique ardente où cinq ans nous avons lutté ‘ensemble contre toute une armée d’ennemis; votre plume sera consacrée par P’homéopathie future comme l'arme d’un Cid intellectuel, qu'une main bénie du Ciel pouvait seule manier avec tant de valeur ef de succès.

Vingt fois, lorsque fatigué par la lutte je sentais mon brass’ap-

pesantir, lorsque ma vue troublée ne voyait qu’ennemis autour sd a

de moi, j'ai senti ce glaive invincible rétablir les chances du combat. Dans les questions de doctrine, dans la pression des intérêts privés, sur la sellette de l'accusé, je voyais briller un rapide éclair, et je sentais que le bras de J.-V. Martins terrassait mes adversaires.

Notre vie commune na été qu’un long combat. Ai-je eu Je temps de vous dire merci? Je l'ignore. Mais sachez bien que vous n'avez pas obligé un cœur oublieux ou ingrat. Ce livre, que je vous dédie à si juste titre, n’est que l'hommage d'une œuvre qui elle aussi nous est commune. Cette École de Rio, dont je résume ici les travaux, ne vous doit-elle pas autant qu’à moi-même ? N'avez-vous pas votre part de ces pathogénésies, votre part dans ces dévouements publics où l’expéricnce pure était poussée jusqu’à l'empoisonnement, afin de montrer aux hommes étonnés qu’une flamme divine animait l’'homéopathie, et, par le sentiment religieux, lui commupiquait quelque chose de plus élevé que les inspirations de la science humaine ? N'êtes-vous pas de moitié dans cette propagande dévorante qui en peu d’années a embrasse le vaste empire du Brésil, la plus grande partie de l'Amérique du Sud, et des possessions portugaises d'Afrique? La province de Bahia régénérée, et la fondation &e huit dispensaires en cinq mois, la création d’une confrérie de Saint-Vincent-de-Paul, l'appel des sœurs de charité à Bahia et à Minas, et tant d’autres travaux que je ne puis énumérer ici en sont la preuve.

Courage donc, cœur invincible, âme d'élite, brillante intelligence! Ie mouvement commencé au Brésil ne s'arrêtera pas. Ce n’est point seulement une nation que nous avons servie, c’est l'humanité entière. De cette École de Rio, faible encore, sortira une génération d’homcopathistes purs, d’apôtres dignes de vous, qui répandront sur le globe entier l’évangile de la rédemption physique, dont nous lui avons confié le dépôt sacré. Travaillons, quoique séparés en ce moment par l'Océan, travaillons de concert à notre täche inachevée. L’humanité qui souffre et Dieu qui aime la vérité, nous regardent et nous attendent.

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