‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie brésilienne contenant une exposition méthodique de homéopathie, la loi fondamentale du dynamisme vital, la théorie des doses et des maladies chroniques, etcChapitre 125 sur 313 · Manque de sommeil · texte numérisé non relu

Manque de sommeil

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HURA BRASILIENSIS. 163

HURA BRASILIENSIS (Wild).

Hura. Euphorbiacées, Assacu, Oassacü.

Le Hura brasiliensis croît dans les régions équatoriales de l'Amérique du Sud, dans les provinces de Para, de Rio-Negro, et dans le voisinage de l'Amazone, où ilest trèes-répandu. Son aspect est un peu celui du Hura crepitans ; ses feuilles sont alternes, subeordées, arrondies, tres-lisses, dentées en scie: enroulées et stipulées pendant leur jeunesse. Le pétiole porte deux grosses glandes à son sommet. Fleurs monoïques, les mâles à périanthe court, urcéolé, sont revêtues chacune d’une bractée écailleuse, elles forment de gros chatons allongés, pédonculés et terminaux. Les fleurs femelles doubles en longueur de celles du Hura crepitans, ont leur périanthe appliqué contre l'ovaire, qui est surmonté d'un style long et infundibuliforme terminé par un stygmate rayonné; elles sont solitaires et placées près des fleurs mâles. C’est de cet arbre que les Indiens tirent le suc laiteux nommé assacü par les Brésiliens.

Un lépreux réfugié dans les solitudes des Amazones prit, sur les indications d’un Indien qu’il rencontra, une quantité assez considérable d’un suc connu sous le nom d’assacu, et qui découle du tronc de l’abre décrit par Willdnow sous le nom de Hura brasiliensis. I guérit; et le président de la province du Para en fit part au gouvernement impérial. Depuis lors, l'usage de cette substance

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s’est généralisé, sans confirmer toutefois l'espérance des malheureux lépreux. À l'expérience pure seule appartient la mission de saisir les nuances délicates qui déterminent le choix de chaque substance en particulier.

Le premier et le troisième sujet de la présente expérience offraient . cette heureuse coïncidence que tous deux avaient été atteints de la lèpre dans un voyage au Brésil, en 1842. Traités homéopathiquement dès le début de la maladie, ils paraissaient complétement guéris, et cependant la gravité de leur état sembla, dés le début de l'expérience, montrer que le miasme était plutôt assoupi que totalement vaincu. Les symptômes effrayants de compression de la moelle épinière, qui mirent en danger la vie du premier expérimentateur, font entrevoir dans l’assacü un des agents les plus précieux à employer dans diverses formes de myélite. Les symptômes d’excitation nerveuse, les tressaillements, l’irritabilité morale, commune à tous les expérimentateurs, fourniront une nouvelle analogie à ceux qui cherchent spécialement dans la lèpre une lésion du système nerveux. Si les exanthèmes et l’insensibilité du tissu cutané sont aussi peu prononcés, c’est que sans doute ils dépendent d’une forme chronique, qu’un usage prolongé et un empoisonnement réel pourraient seuls produire.

Ces quatre expériences ont été faites avec une seule goutte de teinture de la cinquième atténuation donnée à chaque expérimentateur. Nous évitons avec soin, en général, de répéter les doses qui pourraient jeter de la confusion dans la succession chronologique des symptômes que nous regardons comme si importante. Nous ne croyons pas que l’on puisse attendre beaucoup plus des doses répétées, et, si un expérimentateur n’éprouvait décidément aucun effet de la substance, nous croirions préférable d’en chercher une autre à laquelle son organisation soit plus sensible. Dieu remit à Moïse une baguette mystérieuse, qui pouvait faire jaillir les eaux du sein du rocher ; mais il Jui dit de n’en frapper qu’une fois.

Premier expérimentateur : AUG. JoLy,

Vingt-neuf ans, tempérament bilieux-nerveux, constitution rheuliéres

Premier jour. — À dix heures du soir, prise d’une dose d’assacü, 5° dynamisation.

HURA BRASILIENSIS. 165

1. Une heure après, prurit sur les côtes, le sternum ; le biceps et la partie postérieure du bras droit.

Le matin, au réveil, bouche pâteuse.

Rêve de banquet, de maisons en construction.

Le matin, prurit sous les bras, aux jambes, sur la partie externe des tibias.

5. Paupiéres supérieures et inférieures enflammées et bleuâtres. Démangeaison au bras droit, à la portion inférieure et interne de l’humérus, causée par un petit bouton qui commence à se développer.

Goût de sang dans la gorge.

Sifflement dans les oreilles, et surtout la droite. Groupes de boutons miliaires sur le dos, les bras, les jambes et la poitrine.

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