‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie brésilienne contenant une exposition méthodique de homéopathie, la loi fondamentale du dynamisme vital, la théorie des doses et des maladies chroniques, etcChapitre 51 sur 313 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Nous avons essayé de donner une idée de ce qu’était la matière médicale pure. Abordons maintenant les conséquences pratiques qui ne peuvent manquer de découler de cet immense travail.

Il est un fait, dont les allopathes prétendent avoir quelque connaissance, quoique leur pratique ne prouve guère qu'ils en aient tré le moindre parti dans l'intérêt de leurs malades; c’est que tout médicament produit deux sortes d'effets très-distincts, l’un primitif, l’autre secondaire. Il est vrai que, pour faire cette distinction entre les effets multipliés d’une substance et pour classer en deux catégories les centaines de symptômes qu’elle produit, il fallait d’abord avoir étudié ces effets : or, comme Hahnemann est le seul, est le premier qui ait tracé dans tous ses détails l’histoire pathogénétique d’un médicament, il est le premier aussi qui ait pu les distinguer, les apprécier et les classer.

Deux questions se présentaient à son esprit : 4° quelle différence y a-t-il entre l'effet primitif et l’effet secondaire d’un médicament ; 2° lequel de ces deux effets faut-il opposer à la maladie? Ces deux questions qu’il se posait, il les a résolues avec un bonheur et une hardiesse de génie à laquelle nous devons l’idée la plus précieuse qui soit jamais sortie d’un cerveau humain, le principe de la thérapeutique humaine, la loi des semblables.

La vie est l’ensemble des forces qui résistent à la mort, a dit Bichat. Cette définition, souvent critiquée, n’a point encore été remplacée par une autre plus heureuse. L'homme est en effet un être passager, dont la vie consiste à réagir contre les forces extérieures,

qui tôt du tard finissent par l’accabler. La réaction énergique et facile, c’ést la santé; la réaction difficile où désordonnée, c’est la maladié. Or, toute substance médicamenteuse produisant d’abord ui effet primitif ou direct, en produit plus tard uñ deuxième ou indirect, lorsque la réaction de l'organisme se prononce. Or, cet effet est simplement et purement l’inverse de celui qui s’était manifesté d'abord. Ainsi, quand un homme a plongé ses mains dans l’eau glacée, il sent une chaleur brülante lorsque la première impression s’est dissipée, et ce simple fait, dédaignié par le vulgaire, est l’expression de la loi importante qui distingue les corps vivants de la matière inorganique.

Toutes les fois, en effet, que vous aurez affaire à un corps sans vie, les lis dé la chiniie et de la physique lui Seront applicables dans toute léur pureté ; mais lorsqu'il s'agira d’un corps vivant, vous devrez vous atlendré à üne réactiôn, qui produit un résultat tout opposé. De là découle la grande division entre là nature morte et la nature vivante, que Hahnemann a le premier énoncée et formulée én Corps de doctririe, réservant la loi des semblables comme seule applicable à tout cé qui à vie. C’est aussi à lui que l'humanité doit d'avoir enfin des médecins ; car, sont-ils dignes de porter ce nom les Hommes qui appliquaient à l'humanité la loi de la matiére, ou qui; par ui aveuglé émpirisnie, émployaient indifféremment les moyens les plus contradictoires, et ne devaient qu’au hasard de rares et incomplètes guérisons ? :

Nous ne nous äppesantirons pas Sur la supériorité du principe similaire et sur l’absurdité de celui des contraires. Sile traitement allopathique produit quelque effet à son début, qui ne sait que ce soulagément momentané entraîne avec lui les plus dangereuses conséquences? $es funestes effets sur la Santé publique et privée sont, hélas ! trop éviderits pour être proûvés. Heureux le pére de famillé qui sait écarter de sa maison une médication perdicieuse ! Les fraiches couleurs de ses enfants témoignent suffisamment que l’allopathie n’a point épuisé, par ses moyéns perturbateurs, les sources de leur vie naissante.

Quant aux nations, n’ont-elles pas vu se renouveler à toutes les époques et sous toutes les formes l’impuissance absolue de la médecine? Quelle épidémie, quelle contagion a jämais été arrêtée par

les ressources de l’art? Aucune, et notre époque n’a pas été plus heureuse. Les typhus, la fièvre jaune, le choléra, et mille autres fléaux se déchainent à l’envi, sans que les phrases pompeuses des Académies puissent leur arracher une seule victime. La peste ellemême est chaque année aux portes de l’Europe savante, sans que l’on ait pu découvrir aucun traitement propre à sauver ceux qu’elle a frappés. Mais, sans parler de fléaux insolites, nos villes sont-elles done exemptes de maladies non moins terribles, quoique plus lentes dans leur cours ? L’immense cortége: des maladies chroniques n’estil pas une preuve multiple de l’inutilité de lallopathie ?

La phthisie est là, elle ne surprend ni le médecin, ni le malade. La mort qu’elle amêne vient à pas lents, vous la voyez approcher. Sauvez donc, sauvez la victime qu’elle menace ! Mais non, vous ne pouvez rien pour elle, vous ne pouvez rien pour vous-même, et c'est autour de vous, c’est sur vous-même que la mort porte ses plus rudes coups.

Quelque allopathe indigné s’écriera que l’on exagére l'impuissance de son art. « Que les conquêtes de la médecine moderne sont réelles; qu’elles sont immenses. Que la vaccine, par exemple, a dompté un horrible fléau. » Eh quoi! prend-on, par hasard, la vaccine pour un fait allopathique? Peut-on, à ses bienfaits, méconnaitre en elle une émanation de l’homéopathie? Loi des semblables, simplicité du moyen, petitesse de la dose, tout ne se réunit-il pas pour. la ranger dans les faits purement homéopathiques ? Ah! si vous en avez douté, ouvrez les yeux, et reconnaissez dans Jenner un précurseur providentiel de Hahnemann , et dans la vaccine une branche détachée du tronc salutaire de l’homéopathie.

Nous ne multiplierons pas davantage les preuves pratiques de la loi homéopathique, dont nous ävons donné la preuve raisonnée.

Hahnemann s’est donné la peine de rassembler un nombre considérable de guérisons homéopathiques dues au hasard, et ce qu’il ÿ à de piquant dans ce tableau, c’est que, s’abstenant avec soin de consulter sa matière médicale, il emprunte à l’ancienne médecine seule l’histoire du traitement et l’éioncé des effets primitifs du médicament choisi, arrachant ainsi 4 l’allopathie l’aveu de sa défaite et de son impuissance. Il est impossible de parcoürir cette admirable collection de faits, sans sentir la convictioh pénétrer dans

hi

les esprits, et nous invitons tous les amis de la vérité à en faire l'épreuve. Quant à nous, nous avons préféré donner de la loi des semblables une démonstration qui, étant plus générale et appuyée sur des considérations physiologiques, aura peut-être plus d'autorité.

Les faits, en effet, tant qu'ils sont isolés, prouvent bien peu par eux-mêmes. Ils ne constituent une vérité féconde que lorsqu'ils sont éclairés par un principe général. Or, quel principe plus compréhensif peut être offert au médecin, que celui qui constitue la vitalité humaine elle-même ?

Evidemment rien ne peut lui échapper. Nous écartons par là cette objection vulgaire, que l’homéopathie peut être bonne dans certains cas, et l’allopathie dans quelques autres. Il n’y à pas deux vérités. Lorsque vous agissez sur des corps inanimés, employez la loi des contraires, c’est le procédé du chimiste, du physicien et du tailleur de pierre; mais lorsque vous aurez à modifier d'une manière durable la vitalité humaine, lorsque vous voudrez agir en médecin, il n’y à qu’un moyen à employer, c’est celui des semblables.

Ainsi, grâce à Hahnemann, la thérapeutique, qui est toute la médecine, se trouve élevée au rang des sciences. Elle a un principe propre, par lequel elle peut expliquer l’action des substances qu’elle emploie, rendre compte de ses succès et de ses revers, auquel elle doit une existence indépendante et le beau nom d’homéopathie, qui doit être un jour si doux et si précieux à l'humanité. L'ancienne médecine, elle-même, ne doit qu'à Hahnemann une apparence scientifique et un nom général qui lui manquait. Le mot d’allopathie, par lequel il l’a caractérisée, est enfin l'expression la plus heureuse sous laquelle on puisse réunir un assemblage aussi monstrueux d'opinions opposées ou contradictoires. C’est un drapeau autour duquel il a groupé ses ennemis épars, et grâce auquel il à pu entreprendre contre eux une campagne réguliére. C'est donc un gage de succès; car on peut atteindre et combattre une armée, tandis qu’une foule échappe à toute attaque générale. Toujours est-il que, sans l’homéopathie, cette coordination imparfaite n'existerait pas.

Ainsi, quand le soleil paraît sur l'horizon, les ombres se distin-

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guent de la lumière; avant cet instant, tout était confondu dans une même nuit.

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