‹ Doctrine de l'Ecole de Rio de Janeiro et pathogénésie brésilienne contenant une exposition méthodique de homéopathie, la loi fondamentale du dynamisme vital, la théorie des doses et des maladies chroniques, etcChapitre 6 sur 313 · L'ÉCOLE HOMÉOPATHIQUE DE RIO DE JANEIRO · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE HOMÉOPATHIQUE DE RIO DE JANEIRO

On dit qu’en 1821 Hahnemann avait réuni à Leipsick des disciples nombreux et zélés, qui recueillaient pieusement les émanations de sa pensée inspirée, qui l’aidaient dans’ ses ex- __ périences pures et préparaient le premier mouvement propagateur, qui a sauvé de l'oubli la doctrine des semblables. Franz, Hornburg, Gross, Hartmann, Caspary, Hartlaub faisaient partie de ce nouveau cénacle, que les persécutions ne faisaient que rendre plus uni et plus fervent. Chaque jour de nouveaux adeptes, sans autre titre que leur amour pour la vérité, venaient se joindre à eux, et nul doute que dans peu de mois ce noyau déjà puissant n’eût pris, sous les yeux du maitre, les proportions d’une véritable école, qui eût avancé de trente ans le triomphe de l’homéopathie. |

Malheureusement Hahnemann, fatigué par les tracasseries des médecins et des apothicaires, fut obligéde quitter Leipsick. Il préférait un nouvel exil à l'obligation de faire préparer ses médicaments par les pharmaciens autorisés, et il trouvait à Cœthen un asile qu'il devait illustrer par de si grands travaux. On dit cependant qu’au moment de son départ il reçut du roi de Prusse une permission spéciale et personnelle de distribuer lui-même ses préparations, et que son âme hésita entre les attraits de sa nouvelle retraite et les liens qui l’attachaient à ses disciples improvisés. Plein des grandes pensées qui bouillonnaient encore confuses dans son cerveau, Hahnemann sacrifia

x NOTICE SUR L'ÉCOLE HOMÉOPATHIQUE

à leur élaboration la propagation active, quitta Leipsick, etne communiqua plus avec ses élèves que dans de rares conférences ou par écrit.

Depuis lors l’enseignement du nouvel art fut abandonné au hasard. Des études faites sans aucun contrôle amenèrent à leur suite l'incapacité, la négligence, l’adultération des principes et LA TRAmsoN. Comment l’homéopathie, abandonnée à toutes les prétentions d'un individualisme effréné, peut-elle subsister encore, c'est ce que la postérité ne pourra comprendre que si, plus religieuse que notre époque, elle voit la mainde Dieu sans cesse occupée de préserver d’une ruine complète le don précieux fait à l'humanité indigne de le comprendre.

Un pareil état de choses ne pouvait cependant être que transitoire. Une science aussi vaste, aussi complexe ne pouvait rester plus longtemps livrée à tous les caprices des individus, pratiquée par des hommes qui ne recevaient de mission que d'eux-mêmes et qui, du vivant même de Hahnemanp, lui contestaient ses titres de gloire et sa supériorité. Il fallait créer un centre d'enseignement qui recût le dépôt des théories pures, qui rendît impossible à l'avenir l'apparition des Rau, des GRriesseLicH et des Ficxezs, et qui pût avec autorité recommander aux malades les hommes vraiment capables de les traiter.

Nous poursuivimes, pour notre part, la réalisation de cette idée pendant les longues pérégrinations que nous imposail la propagation de l’homéopathie à Malte, à Palerme et à Paris; mais convaincu de la difficulté de fonder une institution puissante sur le vieux continent, nous nous décidàmes à passer en 1840 au Brésil, où nous avons eu le bonheur de réussir.

Ce ne fut que le 2 juillet 1844 que les bases de l'École de Rio furent enfin posées. La propagation de l’homéopathie dans le Sud, la fondation de l’Institut homéopathique du Brésil et d’autres travaux que nous ne devons point énumérer ici, nous avaient absorbé jusque-là. M. Joäo Vincente Martins rédigea le plan d’études dont nous donnons ici le tableau synoptique.Ge plan accepté par l'Institut, fut mis à exécution six mois plus tard, à l'ouverture des Cours, qui eut lieu le 12 janvier 1845.

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