‹ Doctrine et traitement homoeopathique de maladies chroniquesChapitre 2 sur 278 · XI. Pétrole ( Oteum petree · texte numérisé non relu

XI. Pétrole ( Oteum petree

Ce produit de l’intérieur de la terre , si remarquable par son odeur, sa saveur et ses propriétés médicinales, doit être très-coulant et d’un jaune clair, quand on veut l’appliquer aux besoins de la médecine. Il ne peut guère arriver, lorsqu’on le choisit doué de cette grande fluidité, qu’il ait été falsifié avec dès huiles grasses végétales. Cependant, pour acquérir une pleine certitude à cet égard, j’ai indiqué, dans mon Traité en allemand, Sur les moyens de reconnaître la bonne qualité et les falsifications des médicamens (Dresde, 1787, p. 221), un moyen qui consiste à mêler, avec le pétrole , de l’acide sulfurique concentré , qui n’y touche point, et convertit seulement en une espèce de soufre les huiles étran-

2 DOCTRINE HOMOEOPATHIQTJE.

gères avec lesquelles il pourrait se trouver mêlé. Cependant il est une autre méthode plus simple encore de s’éclairer sur ce point. On fait tomber une goutte de pétrole sur une feuille de papier blanc, qu’on expose ensuite à l’air, ou qti’oh met dans un endroit bien chaud ; le pétrole ne tarde pas à se volatiliser, sans laisser de tache transparente ou translucide lorsqu’il ne contient point d’huile grasse. Plus fréquemment, on le rencontre mêlé avec quelque huile volatile végétale, par exemple, avec de l’es- * sence de térébenthine. Cette falsification exige que, dans tous les cas, avant d’employer le pétrole en médecine , on y ajoute le double de son volume d’alcool, etqu’après avoir secoué plusieurs fois le mélange, on le filtre à travers du papier joseph, préalablement imbibé d’alcool. Le pétrole pur reste sur le filtre (on l’enferme dans un petit flacon, dont on garnit de cire à cacheter l’orifice et le bouchon), et la liqueur alcoolique filtrée contient l’huile volatile végétale, s’il en existait.

En suivant la marche que j’ai tracée dans le chapitre consacré à la préparation des médicamens antipsoriques, on prend, non pas un grain, mais une goutte de pétrole, qu’on amène aii miliionnième degré d’atténuation par le broiement avec du sucre de lait; on dissout un grain de la poudre dans l’alcool aqueux, et l’on imprime deux secousses à la dissolution , qu’on étend ensuite jusqu’au sextillionnième (VI), en donnant deux secousses à chaque dilution. C’est sous cette dernière forme qu’on l’emploie à titre de médicament antipsorique. La dose est d’un à; deux globules de sucre qu’on en imbibe. Lorsqu il a été choisi bien homœopathique aux

symptômes de la maladie, le pétrole, à cette dose, agit d’une manière salutaire pendant quarante jours et plus ; il déploie alors les propriétés d’un médicament antipsorique énergique. Les maladies chroniques non vénériennes dans lesquelles il a été trouvé le plus efficace sont celles dans lesquelles prédominaient surtout les états suivans :

Vertige; tête entreprise; absence de la mémoire; mal de tête gravatif et lancinant; battement dans l’occiput; chute des cheveux ; éruption sur la tête et à la nuque; croûtes sur le cuir chevelu; dartres à la nuque ; teinte jaune de la face ; gaze devant les yeux ; presbyopie, impossibilité de lire des caractères fins sans lunettes; tintement d’oreilles; bourdonnement et bruissement d’oreilles; dureté de l’ouïe (i); sécheresse et sensation pénible de sécheresse dans l’oreille interne ; sécheresse et sensation pénible de sécheresse dans le nez; obstruction du nez; gonflement des glandes sous - maxillaires ; langue blanche, chargée; rapports bruyans; serrement de la gorge , avec afflux d’eau à la bouche; envies de vomir ; défaut d’appétit ; répugnance pour la viande; faim canine; bouleversement dans le basventre; coliques; selles dures ; selles fréquentes dans la journée (diarrhée) ; suintement involontaire de l’urine; rétrécissement de l’urètre; ardeur dans l’urètre; prurit et moiteur du scrotum ; pollutions fréquentes; enrouement; coryza; toux le soir, après setre mis au lit; toux sèche, pendant la nuit; élancemens dans le côté de la poitrine; dartres sur la

(i) Surtout lorsqu’on a fait préalablement usage de l’acide nitrique.

4 DOCTRINE HOMOEOPATHIQÜE.

poitrine; douleur au sacrum , qui ne permet pas de rester debout ; mal de dos; rhagades saignantes à la peau des mains et des doigts , en hiver ; raideur arthritique des articulations des doigts; déchiremens dans les mains; taches brunes au poignet; dartre au genou; craquement et raideur des articulations; engourdissement des membres ; répugnance pour le grand air; production de chairs luxuriantes dans les ulcères; bouillonnemens du sang; songes vifs; impossibilité de se réveiller le matin; fièvre intermittente le soir; froid , puis chaleur à la face, avec froid aux pieds; sueurs nocturnes; caractère irascible: disposition à injurier; inquiétude.

L’inspiration d’un globule de sucre gros comme un grain de chènevis et imbibé d’une teinture de noix vomique, s’est montrée le meilleur antidote' du pétrole.

Fréquens vertiges, en marchant.

En se Laissant, on est pris sur-le-champ de vertiges et de malaise.

Vertige , en se levant de dessus sa chaise, et en se baissant.

Vertige qui a l’air d’être dans l’occiput, surtout quand on lève les yeux; ensuite le sujet éprouve la même sensation que s’il allait s’élancer en avant.

5. Vertige et nausées, surtout lorsqu’on a la tête basse, le soir, dans le lit {au bout de trente heures).

Violent vertige , qui oblige à se pencher en avant, avec pâleur de la face et nausées, plus prononcées quand on se tient debout que quand on s’asseoit, et qui se dissipent lorsqu’on se couche; en même temps pouls lent, rapports, baillemens, manque d’appétit et un peu dépréssion dans le ventre.

vffil

Etant couché, on ressent de la chaleur ail visage, et on éprouve des vertiges en se levant (au bout de quarante-huit heures).

Le matin , pesanteur de tête, où l’on ressentcomme de la plénitude et de la chaleur , surtout en se penchant et en cousant.

La tête est entreprise, et on se sent mal à son aise (au bout de vingt heures).

10. La tête est étourdie, immédiatement après le dîner (au bout de neuf jours).

Le sujet est très-sujet à oublier et incapable de penser.

Céphalalgie, qui entreprend toute la tête.

La tête est comme entreprise tous les jours, et il semblerait souvent que cet effet tient à la tension de la dure-mère.

Mal de tête , comme si la dure-mère était serrée et tendue.

i5. Tension dans la tête.

Accès de mal de tête , tous les matins.

Le matin , en se levant, accès de mal de tête, pendant plusieurs jours.

Mai de tête dès le matin , jusqu’après le déjeuner.

Dès le matin , maux de tête sourds, avec tiraillemens vers le front jusqu’au soir; en même temps , grand froid jusqu’à midi (au bout de vingt-quatre heures.)

Page 1