‹ Doctrine et traitement homoeopathique des maladies chroniques (volume 3)Chapitre 130 sur 280 · XVIII. Caustique (Causticum · texte numérisé non relu

XVIII. Caustique (Causticum

La chaux, à l'état de marbre, doit son insolubilité dans l'eau et sa douceur à un acide du plus bas degré', qui est combiné avec elle, et que le marbre laisse dégager, sous la forme de gaz, par l'action de la' chaleur rouge. Cependant, ainsi calciné, ce dentier, outre du calorique latent, a admis dans sa composition une autre substance inconnue à la chimie, qui communique à la chaux vive ses propriétés caustiques et sa solubilité dans l'eau. Cette substance, quoiqu'elle ne soit pas elle-même un acide , peut être séparée par la distillation, au moyen d'un acide liquide fixe , qui se combine avec la terre en vertu.de son affinité plus forte, et on l'obtient alors à l'état de caustique aqueux. " r,

On prend un morceau de chaux récemment calcinée, du« poids d'environ deux livres, on le plonge pendant une minute dans un vase plein d'eau distillé^ puis qn le met dans une terrine sèche, où il ne tarde pas à se réduire en poudre , au milieu d'un grandidé-r gageme^t de chaleur, et en exhalant une odeun.particufière. On prend deux onces de jeette poudre fine^ an. la mêle, dans une capsule de porcelaine échaijffée^ avec une dissolution de deux onces de birsulfate^po* tassique, préalablement chauffé: au rouge et (foadus dans deux onces d'eau bouillante; on introduit,' IèL magma épais dans une petite cupurbite de verre > oni colle le chapiteau avec une vessie mouillée, on adapte à celui-ci un récipient à demi plongé dans Teati^et on distille jusqu'à siccité, en approchant peu à peu?

un feu de charbon de la partie inférieure de l'alambic. Le produit s'élève à un peu plus d'une once et demie, et il est clair comme de l'eau. Il contient, sous une forme concentrée, la substance dont je viens de parler, c'est-à-dire le caustique. Il a l'odeur de lessive de potasse, cause de la cuisson sur la langue, produit une vive ardeur dans la gorge, gèle comme de l'eau quand la température baisse beaucoup, et favorise singulièrement la putréfaction des substances animales qu'on y plonge. Le muriate de baryte n'y décèle pas l'existence de la moindre trace d'acide sulfurique , ni l'oxalate d'ammoniaque celle de la chaux.

On met une goutte de ce produit dans un petit flacon rempli aux deux tiersde quatre-vingt-dix-neuf à cent gouttes d'alcool; on imprime deux secousses, et Ion continue de même jusqu'à ce que la dilution soit arrivée au décillionnième ( X ).

Un ou tout au plus deux globules de sucre , imbibés de cette dernière dilution, sont une dose suffisante. Ainsi administré , ce puissant antipsorique continue souvent à agir pendant plus de cinquante jouifs;

Dans le second volume de ma Matière médicale pure , j'ai indiqué, sous le nom de teinture caustique, une préparation bien moins pure de ce médicament. Mais je n'avais alors qu'une connaissance fort imparfaite des changemens particuliers auxquels il donne lieu chez l'homme bien portant. Après avoir reconnu les vertus antipsoriques dont il est doué, je complétai le tableau de ses symptômes, et de cette manière je suis parvenu à mettre les homœopathistes en état de l'appliquer convenablement , ce qu'auparavant

on ne pouvait souvent faire sans courir risque de graves erreurs , à cause du petit nombre de symptômes que j'avais signalés.

Lorsque l'action du caustique est trop orageuse chez des malades fort irritables, on la calme en faisant flairer une ou deux fois de l'esprit de nitre dulcifié. Il est probable qu'on pourrait aussi se servir pour cela de la teinture de café cru. Lorsqu'on ,est près du malade, il vaut mieux, au lieu d'administrer le médicament à l'intérieur, se borner à faire respirer un globule de sucre imbibé de la dilution au décillionnième ; l'action alors ne dure que quinze, vingt ou vingt-quatre jours, et l'on peut donner à temps un autre antipsorique plus approprié à l'état actuel des symptômes.

Le caustique peut, après l'usage d'autres antipsoriques, être administré de nouveau avec avantage, si l'état des symptômes l'indique homœopathiquement une seconde fois.

Les cas dans lesquels il s'est montré le plus efficace sont ceux où existaient les symptômes morbides suivans de la gale: pression sourde dans le cerveau, qui rend la tête entreprise et comme pleine; élancemens dans les tempes; raideur lancinante au sommet de la tête; élancemens à la tête; lueurs passagères devant les yeux; taches noires qui passent devant les yeux; commencement d'amaurose; suppuration des yeux; bourdonnement et bruissement dans la tête et les oreilles; éruption au bout du nez; anciennes verrues au nez et aux sourcils; dents douloureuses, chassées de leurs alvéoles; longue suppuration d'un point de la gencive; fistule dentaire; affection muqueuse dans la gorge et la partie postérieure du pa^

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lais; crachats muqueux, qu'on est obligé d'arracher avec efforts; gonflement des glandes du cou, semblable au goitre; nausées qui vont presque jusqu'à la syncope; pression et sensation pénible dans l'estomac ; douleurs spasmodiques d'estomac $ pesanteur d'estomac, après avoir mangé du pain ; pression à la partie supérieure du ventre; ventre gros chez, les enfans; gonflement du bas-ventre; déplacement de vents, avec selles dures; longue constipation ; déchiremens dans le rectum, en allant à la selle; envies pressantes d'uriner, avec soif; émission involontaire de V urine ,jour et nuit; émission involontaire de l'urine, en toussant, éternuant, marchant; pollutions fréquentes; défaut d'érections; retard des règles; écoulemen t par le vagin; obstruction des deux narines; toux courte; élancemens au cœur; raideur douloureuse du dos, surtout en se levant de dessus sachaisej tiraillement et déchirement dans les omoplates; tiraillement dans les bras; pression douloureuse au dessus du coude; sentiment de plénitude dans la main, en saisissant un objet; élancement depuis le doigt jusqu'au coude; froid aux pieds; enflure des ■pieds; démarche peu assurée chez un enfant , qui se laissfe tomber à la moindre cause; battemens de cœur; agitation dans le corps; anxiété; mélancolie; idées attristantes, la nuit et le jour; pleurs.

Vertige, en marchant.

Vertige, en avant et de côté.

■S Vertige, en fixant trop long-temps un point.

Vertige, quand on regarde en haut, assez fort pour faire tomber à la renverse; ensuite vertige et cllûtê, sans cause.

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