‹ Doctrine et traitement homoeopathique des maladies chroniques (volume 3)Chapitre 221 sur 280 · XXI. Sel commun (Natrum muriaticiun · texte numérisé non relu

XXI. Sel commun (Natrum muriaticiun

Pour débarrasser le sel commun de tous les autres sels qui pourraient être mêlés avec lui , on en prend un gros, qu'on dissout dans trois gros d'eau distillée bouillante; on filtre la dissolution, et on l'abandonne à elle-même, afin qu elle cristallise, dans un endroit où la température soit à 4o° R.

Un grain de sel, ainsi cristallisé, et séché ensuite sur du papier gris, est réduit au millionnième degré d'atténuation, et cette poudre dissoute dans de l'alcool aqueux, puis la dissolution étendue jusqu'au décillionnième , le tout d'après la méthode qui a été

55o DOCTRINE HOMOÉOPATHÏQUE.

prescrite dans le chapitre consacré à la préparation des remèdes homœopathiques.

Nous ne possédons presque aucune observation pure, constatant que le sel commun possède réellement dès vertus curatives dans lès maladies de l'homme. Lorsqu'on Ta donné avec un promptsuccès, ce qui est arrivé quelquefois, par exemple, dans le crachement de sang et autres hémorrhagiès, la dosé énorme à laquelle oiï le faisait prendre ( une cuillerée à la fois), n'agissait qu'en appelant une Violente irritation dérivative sur l'estomac et les intestins, à peu près comme on voit là vive douleur excitée par un sinapisme au mollet oii au bras , forcer le mal de dents à céder d'une manière rapide et temporaire.

D'un autre côté, si, comme 1'expérienfcë le déinëhtre, tout ce qui a la propriété de guérir des maladies, est susceptible aussi de porter atteinte à là santé des hommes bien portans, il serait difficile de concevoir que le sel marin, dont toutes les nations, même à demi policées, font un usage journalier, depuis tant de siècles, pour rehausser la saveur de leui's alimens, a pu être aussi employé, eh Quantités assez considérables, sans que i pendant ce long espace de temps, on ait soupçonné les effets nuisibles auxquels il est capable de donner lieu, s'il possède réellement cette faculté; car c'est sans nulle vraisemblance que l'on attribue le scorbut des gens de mer à l'usage des salaisons, beaucoup d'autres causes morbifiques se réunissant pour produire cette cachexie.

En admettant que le sel commun, tel qu'on le trouve dans la nature , n'exerce aucune influence

htiisible sur la santé des hommes qui en font Une consommation journalière modérée (1), onnepourjfâ non plus s'attendre à aucune action curative de Sa part dans les maladies. Cependant il possède de gràhdes vertus médicinales cachées.

Si donc il fallait une preuve capable de faire itift pression sur les esprits, même les moins clairvoyant, et attestant que la méthode dont rhomœopathîô Se sert pour préparer les médicamens, met en évidtehce tout un monde nouveau de forces que là nature tenait jusqu'alors ensevelies dans son sein, notzs la trouverions certainemèilt dans la conversion dta sël commun, si inerte à l'état ordinaire et grossier , èh un médicament héroïque et puissant , qu'on nfe pëàt administrer aux malades qu'aVec les plus grandes précautions. Quelle transformation incroyable^ et cependant bien réelle! n'est-ce! pas en quelque sorte Uttte nouvelle création?

Le sel marin pur* porté au décilliônnième degré de dilution, est un des ahtipsôriques les plus énergiques, ainsi qu'on en jugera d'après le tableau dès effets qu'il produit isur l'homme en santé. Maïs* ôk ne peut presque jamais, sans inconvénient, en donner plus d'un t>u deux globules de sucre à la fois. Lbs

(i) Les ali mens salés pris avec excès causent de la chaleur et de la soif , tandis qu'un peu de sel calme la soif quand on ne peut Se procurer à boire. Ce seul fait suffit pour indiquer que le sel marin; à l'état grossier, n'est pas entièrement dépourvu de la propriété de nuire, comme aussi il décèle en lui l'existence d'une propriété curative liomœopothique correspondante. Cependant il ne faut pas perdre de vue que d'autres alimens , en apparence indifférens , nuisent quand on en fait abus.

Sb± DOCTRINE HOMQEOPATHIQTJE.

sujets atteints d'affections chroniques, qui ont été long-temps traités par des irritans allopathiques, ne supportent même pas cette faible dose, quand le remède est indiqué aussi homœopathiquement que possible. Il faut alors se contenter de leur faire flairer un globule de sucre, gros comme un grain de chènevis, qui a été imbibé de la liqueur. L'action dure quinze à vingt jours.

Les cas dans lesquels ce médicament déploie surtout sa vertu curative, sont ceux où l'on rencontre , entre autres, les états suivans : Vertige, dans lequel tous les objets tournent devant les yeux, et le sujet est prêt à tomber en avant; vertige, avec secousses -danS'Ia tête etétourdissemens; impossibilité de penser; mal de tête étourdissant; pesanteur de tête; pesanteur de tête journalière, surtout dans l'occiput, qui porte à fermer les paupières; mal de tête, comme si la tête allait s'ouvrir; mal de tête déchirant et lancinant, qui oblige à se coucher; élancemens dans l'os pariétal; mal de tête, le matin, en s'éveillant; tiraillement et battement dans le front; coups dans la tête; mal de tête dans lequel il semble qu'on reçoive des coups de marteau; croûtes sur le cuir chevelu; éruption de boutons au front; élancemens au dessus des yeux; pression douloureuse au dessus des yeux; obscurcissement de la vue en marchant ou se baissant; obscurcissement subit de la vue à l'apparition du mal de tête déchirant et lancinant; sorte de gaze devant les yeux, qui empêche de rien voir; amaurose commençante; vue trouble, comme s'il passait des plumes devant les yeux; points noirs et stries lumineuses devant les yeiix; presbytie; confusion des lettres en Usant; occlusion des paupières,

le soir; larmoyement des yeux; âcreté des larmes ; cuisson dans les yeux; inflammation des yeux; matière visqueuse dans les angles externes des yeux ; suppuration des yeux pendant la nuit; bourdonnement d'oreilles; bruissement dans les oreilles; élancemens dans les oreilles; douleur , comme d'ulcération interne, dans les os de la joue, en mâchant; sécheresse du nez; défaut d'odorat; gonflement de la lèvre supérieure ; cuisson de la lèvre supérieure; crevasses à la lèvre supérieure; ampoules au côté interne de la lèvre supérieure, qui sont douloureuses au toucher; gonflement fréquent des glandes maxillaires; fistule dentaire; ampoules sur la langue; mal de gorge chronique, dans lequel on croirait que les alimens passent sur un corps étranger arrondi ; crachats muqueux, le matin ; amertume dansla bouche; rapports; rapports répugnans, après avoir mangé de la graisse ou du lait; rapports aigres; soda; ardeur qui remonte de l'estomac; serrement de gorge, avec afflux cFeau à la bouche, et sensation de tournoiement autour de l'estomac ; dégoût pour les alimens gras ; vomissement des alimens; perte du goût pour le pain; défaut d'appétit; appétit immodéré , à dîner et à souper ; soif continuelle ; boulimie , avec plénitude et satiété après avoir peu mangé ; pression à la région précordiale ; pression à l 'estomac ; spasme d'estomac ; pression à l'estomac, avec nausées et chute subite des forces; douleur à la région précordiale, quand on appuie dessus; gonflement à la région précordiale, qui, lorsqu'on pèse dessus, cause la même douleur que si elle était ulcérée en dedans; saisissement dans la région précordiale; sueur au visage, en mangeant; rapports à vide,

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après avoir mangé; après avoir riiâttgé, nàiiséesj soda j après avoir mangé; ëràmpé dans le diaphragmé en se baissant ; coliques journalières; gonflement du bas-ventre ; déplûcèhiéht de 'vents; gargoûillentêris bruyans dans le bûs-ventré; tuméfaction du ventre; bruit dans le côté gauche du ventre; selles pat* trop fréquentes; selles habituellement molles* constipa tioii tous léS deux jours; bdhstipation habituelle 5 iiiutilës efforts pour aller à là së\le; sortie difficile dès selles y âVfec dolileiirs déchirante^ et làriciriàiitèS daris l'atais et lerëctilm; hérilorrhoïdesà l'anus ;clii^ sôri et bàttefibèrit dans le rectum; àrdeiir dans le rectum , en allant à là Selle* envies d'urinér la huit ; Sortie ittvôloiitâirë de l'urine eh tharehaht^ tôussâïitj étlèrnuaht ; écoulement mtiqiiëù* par là v*érgë; appétit Vénérien immodéré; excitation e&fraoftiinâirë de l'imagination ; qui porte sans cessé àhi plaisirs fclë l'arnidur; impuissance; pfitrit dàJfts le puderidiim ; règles qtîi retardent biî Coulent peu; règles qui Wù* lent trop long-temps; îtïal dé tëfë, avant, pendant et après leé Règles; mélancolie "avant V apparition de$ règles; tristesse à l'apparition des règles \ftuëùrs blaâ* cfkes; efifouëinent; étèrnuerrient et coryza; iHutilès ënviéis d'étefnuérj enchifrenehieht; poitrine grasse i avec tôù£;stert6ratiôn bur la poitrine; toux, lié matiti; toux brève, habituelle; chûtbuillemëftt qui porté à tousser en marchant et en faisant une inspiration profondé; mal de tête, comme si le front allait éclater; âpreté sur la poitrine; respiratiôti courte , èii marchant vite; asthme, en exécutant des travaux mécaniques; resserrement de poitrine; Itetisioii douloureuse dans la poitrine; élancement dah^îa poitrine, en faisant Une inspiration prôfôridè; ëlâncè-

feÊL fcôMMuwr. 5Sà

ïîiént dans la poîtrifié êti toussant; étatïeëméhs d'ans xin dés àëiùs; bàttèfnëns de tfcé#>^ avec ân&iété; déchirement dans le sàcrurii ; douleur vive passant & travers la hanche et le sacrum; tension douloureuse dans le dos; pression dans là riuïjiie; remuëirient douloureux dàhs' lé bfâs; lassitude des bras; pesanteur paralytique des bras; élâncemèris dans l'articulation de la main; engourdissement et fourmillëmèrit dMis tes doigts; ddtilethr, Cdtiime de luxation, dans la hanche ; douleur tiraillante dans les jambes; dartres dans les creux des jarrets ; raccourcissement douloureux des tendons du jarret ; lassitude dans les genoux et les mollets; douleur tdcérâtive à la cheville ^ en se tenant debout et éri y touchant; enflure des pieds; pression tiraillante dans les membres; fatigue en parlant beaucoup; suites fâcheuses du chagrin; inconvénient des alimens acides; inconvéniens, du pain; grande disposition à se refroidir, à se luxer j à se donner des tours de reins; fréquemment un froid intérieur; le sujet a toujours froid, et il manque de chaleur vitale; maigreur; difficulté de mouvoir le corps; lassitude; paresse* en se levant, le matin; somnolence dans la journée; rêvasseries en dormant; songes inquiétans) avec pleurs; soif là nuit; la nuit ,. rêves pénibles, et insomnie pendant des heures entières; impossibilité de se rendormir quand on s'est réveillé la nuit; sueur le matin ; irritabilité qui dispose à se fâcher ; anxiété ; tristesse ; gronde disposition à s effrayer*

Il est quelquefois avantageux de répéter le sel ma- •riti-j lorsqù'après l'emploi d'un autre àntipsoritjue il se trouve hbmôeopathiquetnent indiqué une seconde fois.

556 DOCTRINE HOMQEOPATHIQUE.

Le camphre est un assez faible antidote contre les effets par trop violens de ce médicament; l'esprit de nitre dulcifié, qu'on fait flairer au malade, vaut beaucoup mieux.

Vertige en se retournant (le quatrième jour).

Vertige en marchant (le premier jour).

Vertige en marchant; tout tourne en rond autour du sujet.

Vertige, le matin , en se levant du lit et en marchant.

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