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D. Quelle estimeun Religieux doit-il faire de l'Oraison?
R. Un Religieux doit estimer l’Oraison autant que sa propre perfection, puisque sans Oraison il n’y a pas de progrès possibles dans la voie de la perfection, C’est donc pour lui un devoir absolu d'y être très-affectionné , et d’y apporter de l’assiduité et de la ferveur.
D. Comment doit-on faire l'Oraison?
R. On doit faire l’Oraison avec attention et dévotion ; et de plus, si l'Oraison est vocale, on doit prononcer distinctement les paroles. Les choses saintes doivent être traitées saintement, et maudit est celui qui fait avec négligence les œuvres du Seigneur (1).
D. Où doit-on faire l'Oraison ?
R. Autant que possible il faut la faire à l’église, pour qu’elle serve en même temps à l’adoration du très-saint Sacrement (2).
D. Quelles sont les principales Oraisons auxquelles nos Constitutions obligent les Frères convers ?
R. Les Frères convers sont obligés chaque jour à réciter leur Office, et à assister -à la Messe et à la Méditation, et dans le cours de l’année à un certain nombre d’autres prières pour les défunts (3).
D. Comment un bon Religieux accomplit-il l'obligation imposée à tous les chrétiens par Notre-Seigneur de prer sans cesse ?
(1) Jérém., chap. xevim, v. 10.
(2) Déclar. aux Constit. de notre Ordre, p. 22 et 23. (3) Constit. de notre Ordre , endroit qui sera indiqué plus loin,
ce PT R. Un bon Religieux fait Oraison le matin dès son réveil , et le soir avant de se mettre au lit. Dans la journée , il récite son Office au temps marqué, assiste à la sainte Messe, et fait les Oraisons et les Méditations qui lui sont prescrites ; il visite le très -saint Sacrement, et récite au moins le tiers du très-saint Rosaire. Au milieu de son travail il élève souvent son âme vers Dieu , et lui adresse de ferventes oraisons jaculatoires d'amour, de louange, de contrition, suivant les occasions. Enfin en toute chose il ne cherche que son Dieu, et chaque objet sert à le lui rappeler. Se maintenant ainsi tou; jours uni à Dieu, autant du moins que cela est possible ici-bas, il se dispose à l’union parfaite et éternelle du Paradis.
S II. — De l'Office.
Demanpe. En quoi consiste l'Office des Frères convers ?
Réponse. L'Office des Frères convers consiste dans la récitation d’un certain nombre de Pater noster et d’Ave Maria. Il se divise en sept parties, qui s’appellent du nom des Heures canoniques : Matines, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies.
D. Que doit-on dire pour Matines ? |
R. Après un Pater, un Ave et un Credo, on dit Domine, lahia mea aperies, et os meum annuntiabit laudem tuam. Puis en faisant le signe de la croix ;
Deus , in adjutorium meum intende; Domine, ad adjuvandum me festina ; Gloria Patri, etc., alleluia ; et depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques, au lieu d’alleluia, on dit : Laus tibi, Domine, Rex œternæ gloriæ. Ensuite en récite vingt-quatre Pater et autant d'Ave, puis on dit : Kyrie, eleison, Christe, eleison, Kyrie, eleison; Pater noster, etc.; Per Dominum nostrum Jesum Christum, etc. ; Domine, exaudi orationem meam, Et clamor meus ad te veniat; Benedicamus Domino, Deo gratias. Matines ainsi terminées, on dit: Pretivsa est in conspectu Domini, mors sanctorum ejus, avec trois Pater et Ave, et cela en l'honneur de tous les saints dont on fait mention ce jour-là dans l'Église (1).
D. Que faut-il dire pour Prime, Tierce, Sexte, et None? ,
R. Avant Prime on dit un Pater, un Ave et un Crede, avant les autres heures un Pater et un Ave, puis on dit Deus , in adjutorium, etc. ; Gloria Patri, etc., comme ci-dessus, puis sept Pater avec autant d’Ave, et à la fia Kyrie, eleison, etc. ; Pater noster, etc. ; Per Dominum, etc., comme à Matines (2).
D. Que faut-il dire pour Vépres?
R. Après avoir dit un Pater et un Ave, on dit Deus, in adjutorium, etc. ; Gloria Patri, etc. ; puis douze
(1) Constit. de notre Ordre, dist. 11, chap. xv, et Déclar. (2) Constit., même lieu.
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Pater avec autant d’Ave, et enfin Kyrie, eleison, etc. ; Pater noster, etc.; Per Dominum, etc., comme à Matines (1).
D. Que faut-il dire pour Complies?
R. Après un Pater et un Ave, on dit Converte nos, Deus, salutaris noster, et averte iram tuam a nobis; Deus, in adjutorium, etc.; Gloria Patri, etc. ; puis sept Pater et Ave; et enfin Kyrie, eleison, etc. ; Pater, Ave et Credo; Per Dominum, etc., comme à Matines (2).
D. Comment les Frères pourront-ils se faciliter l'attention dans la récitation de leur Office, et y trouver de la variété et du goût ?
R. En dirigeant tous les jours leur intention vers un but spécial avant de le commencer, en s’occupant pendant qu’ils le récitent à quelque méditation, en cherchant à exciter dans leurs cœurs les affections qui y correspondent. Et pour varier encore plus le sujet de cette méditation à chacune des heures du jour, ils pourront diviser en sept parties, suivant le nombre des heures, la matière de la méditation qu'ils voudront faire. Ainsi la récitation de leur Office leur deviendra extrêmement agréable et profitable, et l’idée ne leur viendra pas d'en demander la commutation : chose qu’il n’est jamais bon de faire sans un motif tout particulier.
(1) Constit., même lieu.
(2) Constit., même lieu.
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D. Mais quelles intentions pourrait-on se proposer, quels points de méditation pourrait-on choisir, et quelle serait la manière de les distribuer, pour tous les jours de la semaine, par exemple ?
R.Entre mille autres, on peut se proposer les intentions et considérer les points qui suivent : Le lundi on commencera par offrir son Office à Dieu pour la conversion des pécheurs, et en le récitant on méditera sur les fins dernières, savoir : 1° que certainement il neus faudra mourir ; 2° que nous ignorons l’heure de notre mort; 3° qu'aussilôt après notre mort nous serons jugés ; 4° que nous devons être jugés une seconde fois au jugement universel; 5° que l’enfer nous attend si nous ne vivons pas en bons Religieux; 6° que le Paradis nous est destiné si nous vivons suivant l'esprit de notre vocation ; 7° qu'il s’agit d’une éternité heureuse ou malheureuse.
Le mardi, on peut l’offrir pour les saintes âmes du Purgatoire, et méditer la Vie de Notre- Seigneur Jésus-Christ, à savoir : 1° les abaissements de son Incarnation; 2 sa Naissance dans une étab]e ; 3° sa Circoncision douloureuse ; 4° sa Vie humble et cachée durant trente ans; 5° son Jeûne rigoureux pendant quarante jours et sa Prédication ; 6° sa Charité dans la conversion des pécheurs et la guérison des malades; 7° enfin l’excès de l'Amour qu’il nous a témoigné dans l'institution du très-saint Sacrement.
Le mercredi on l’offrira pour les pauvres et les ma-
lades, et on méditera les douleurs qu'eut à souffrir la sainte Vierge, 1° quand elle offrit son divin fils au Temple et qu’elle entendit la prédiction du vieillard Siméon; 2 quand elle dut fuir en Égypte; 3° quand elle perdit son fils pendant trois jours ; 4° quand elle le rencontra chargé de sa croix sur le chemin du Calvaire; 5° quand sous ses yeux il fut cloué à cette même croix ; 6° quand elle lui vit percer le côté par une lance, et qu’elle le reçut mort entre ses bras ; 7° quand elle dut le quitter et le laisser renfermer dans le sépulcre.
Le jeudi on priera plus spécialement pour ses propres besoins, et l’on s’entretiendra en esprit avec Notre- Seigneur présent au très-saint Sacrement. Là, en adorant sa divinité si rapprochée de nous, on lui dira 4° avec Marthe et Marie : Seigneur, voilà que celui que vous aimez est malade (1) ; 2° avec Jaïre : Seigneur, votre fille, c'est-à-dire mon âme, est à l'extrémité; venez, imposez-lui les mains, et elle sera sauvée, et elle vivra (2) ; 3° avec saint Pierre : Seigneur, sauvezmoi (3)... Vous savez bien que je vous aime (k); L° avec le lépreux : Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me quérir (5); 5° avec le centurion : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison,
(1) S. Jean, chap. x1, 5.
(2) S. Marc, chap. v, 23.
(3) S. Matth., chap. x1v, 30.
(4) S. Jean, chap. xx1, 15.
(5) S. Matth., chap. vur, 2.
AT Le mais dites seulement une parole, et votre serviteur sera guéri (1); 6° avec saint Paul : Seigneur, que voulezque je fasse (2); 7° avec la Chananéenne : Ayez pitié de moi, Seigneur... car on laisse bien manger aux petits chiens les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres (3).
Le vendredi on offrira son Office pour la conversion des infidèles, et on méditera la Passion de Notre- Seigneur, savoir : 1° son agonie et sa sueur de sang dans le jardin ; 2° comment dans ce même jardin il fut lié et traité comme un malfaiteur; 3° comment il fut mené à différents tribunaux et tourné en dérision; 4° comment il subit à la colonne une flagellation cruelle; 5° comment il fut conspué, bafoué et couronné d’épines; 6° comment il fut condamné à mort après que Barabbas lui eut été préféré; 7° comment enfin il mourut entre deux voleurs et après des souffrances inouies.
Le samedi ce sera pour la prospérité de l'Ordre, et on considèrera les grandeurs de la très-sainte Vierge. On se réjouira avec elle : 4° de ce qu’elle a été conçue sans péché d'aucune sorte, et qu’elle est toujours restée éloignée de l'ombre même d’une faute ; 2° de ce qu’elle est la Fille bien-aimée du Père éternel; 3° de ce qu’elle est la Mère véritable du Fils de Dieu et toujours vierge
(1 S. Matth., chap. vur, 8.
(2) Actes des Ap , chap. 1x, 6.
(3) S. Matth., chap. xv, 22,27.
an. 16 2
immaculée; 4° de ce qu’elle est l’Épouse chérie du Saint-Esprit ; 5° de ce qu’elle est comblée de grâces, et plus sainte que tous les anges et les saints ensemble; 6° de ce qu’elle a été portée au ciel en corps et en âme, qu’elle est à la droite de son fils et établie Reine du monde ; 7° de ce qu’elle est la mère, l'espérance, la consolation et le refuge de nous tous, pauvres pécheurs.
Le dimanche on priera pour la prospérité, l'extension et le triomphe de l'Église, et on méditera sur le Paradis. On se réjouira d’y voir Dieu tant aimé et glorifié : 4° par la très-sainte Vierge; 2 par tant de milliors d’Anges; 3° par les Patriarches et les Prophètes ; 4° par les saints Apôtres ; 5° par tant de millions de Martyrs; 6° par tant de saints et de saintes de notre Ordre; 7° par tous les habitants de cette patrie bienheureuse, en excitant en soi le désir de se réunir bientôt à eux pour louer Dieu à jamais.
Du reste, quand il se rencontrera quelque fête particulière, il vaudra mieux encore s’entretenir tout le jour de la considération du mystère qui en fait l'objet.
$ IT. — Des suffrages pour les morts.
DEMANDE. À quels suffrages pour les morts en général sont tenus les Frères convers ?
Réponse. Les Frères convers doivent dire pendant l’année trente fois vingt-cinq Pater et Ave pour tous les Frères et Sœurs défunts. Depuis la fête de saint
de
Denys, c’est-à-dire depuis le 9 octobre, jusqu'à l'Avent, ils doivent encore dire cent cinquante Pater et Ave pour tous ceux qui participent aux bénéfices de l'Ordre (1).
D. À quels autres suffrages particuliers sont tenus les Frères convers ?
R. Ils sont encore tenus à réciter cent cinquante Pater et Ave à la mort : 1° d’un Religieux de leur couvent ; 2° du Maître ou du Procureur général de l'Ordre; 3° du Définiteur du Chapitre général et de son socius, comme aussi des Électeurs du Général et du socius du Provincial, s'ils meurent pendant le Chapitre général ou en s’y rendant; 4° du Provincial de leur province; 5° du Visiteur actuel de leur couvent (2). À la mort d’un Religieux de la province ils sont tenus à réciter pour lui un Rosaire entier. Il est également prescrit, lorsqu'un Religieux vient à mourir, que l’on ait soin de réciter sans interruption des prières auprès de son corps, pour le repos de son âme (3), jusqu’à ce qu'il soit enseveli. Pendant ce même temps, personne ne doit sortir du couvent sans une grave nécessité (4); enfin on doit chanter tous les jours pendant huit jours le répons Libera sur son tombeau (5).
(1) Constit. de notre Ordre, dist. 1, chap. 3, et Déclar., Item dist. 1, chap 45, aux Déclar.
(2) Constit, de notre Ordre, même lieu.
(3) Chap. gén., 1613.
(4) Processionnal de notre Ordre.
(5) Chap. gén,, 1647,
8 IV.— De l'Oraison mentale et de la Retraite.
Demaxoe. Qu’est-ce que l'Oraison mentale?
RÉPONSE. L’Oraison mentale ou la méditation est une oraison dans laquelle, par la considération d’une vérité chrétienne, nous nous excitons à servir Dieu véritablement et à travailler avec ardeur à notre salut, soit en nous corrigeant de nos défauts, soit en acquérant des vertus. .
D. Avec quelles dispositions faut-il faire l'Oraison mentale?
R. Pour faire l’Oraison mentale, il fafit tâcher d’avoir le cœur dégagé de toute affection même au péché véniel, détaché de toutes les choses de la terre et uniquement désireux de notre perfection : il faut être sincèrement résolu à exécuter promptement tout ce qu'il plaira à Dieu de nous y inspirer.
D. En combien de parties divise-t-on l'Oraison mentale ?
R En trois parties: savoir, la Préparation, la Considération et la Conclusion.
D. Comment faut-il faire la Préparation ?
R. En trois actes : le premier, d’une foi vive en la présence de Dieu ; le second, d’une profonde humilité en nous reconnaissant indignes de nous tenir devant une si grande majesté; le troisième consistera à deman-
= 49 ee
der l'assistance divine pour bien faire la méditation que nous commençons, et en tirer du fruit.
D. Qu'avors-nous à faire dans la Considération ?
R. Il faut : 1° réfléchir sérieusement au sujet que nous nous sommes proposé ou qui nous a été indiqué dans la lecture ; 2 entretenir en nous les désirs et les affections qui y correspondent; 3° prendre les résolutions et les bons propos que nous suggèrent les réflexions que nous avons faites, ou nos propres besoins.
D. Qu'avons-nous à faire pour la Conclusion?
R. 1° Demander à Dieu la grâce d'exécuter nos résolutions; 2° le remercier des lumières et des bienfaits que nous avons reçus dans l’Oraison ; 3° lui offrir les mérites de Jésus-Christ, de la très-sainte Vierge et des saints pour obtenir son secours tant dans nos propres nécessités que dans celles de l’Église, de l'Ordre, des saintes âmes du Purgatoire, des pécheurs, de nos parents, et de lous ceux pour qui nous avons l'intention de prier.
D. Quel est le meilleur moyen d'entretenir la ferveur acquise dans l'Oraison ?
R. 11 faut se remettre en mémoire de temps en temps dans la journée les vérités sur lesquelles on à médité, les résolutions et les bons propos que l’on y a formés.
D. Quand sommes-nous obligés de faire l'Oraison mentale ?
R. Nous sommes obligés de faire l’Oraison mentale deux fois par jour, au moins pendant un quart d'heure,
er 1) = et nous devons tous ensemble assister au chœur aux moments qui sont fixés pour la faire (1). Celui qui pour un motif quelconque aurait été dispensé par le Supérieur de la faire en commun, devrait y suppléer en son particulier (2). De la Méditation dépend tont notre avancement spirituel; aussi devons-nous avoir extrémement à cœur de ne jamais la négliger.
D. Qu'y a-til de prescrit dans nos lois au sujet des exercices spirituels ?
R. On veut que tous les Religieux, sans exception, fassent tous les ahs une retraite de dix jours, durant lesquels continuellement séparés de la compagnie des autres Religieux, excepté au chœur et au réfectoire, ils ne doivent s’occuper exclusivement que de la grande affaire de leur salut; vaquant dans la solitude pendant l'espace d’au moins deux heures par jour à l’oraison, à des lectures spirituelles et à de pieuses considérations sur les principales vérités chrétiennes, afin de voir comment ils ont aimé et servi le Seigneur jusqu'alors, et afin de s’exciter à l’aimer et à le servir mieux à l’avenir; ils devront terminer par une confession générale, annuelle, ou ordinaire, suivant qu’il sera plus convenable au bien de leur âme.
Les mêmes exercices doivent se faire également par
(1) Chap. gén., 1564, 1571, 1574 et d’autres.
(2) Sous peine de ne pas participer ce jour-là aux bonnes œuvres et aux mérites de l'Ordre, Chap. gén., 1670,
tous ceux qui ont à prendre l’habit ou à faire Profession (1).
& V.— De l'assistance à la Messe, et de l’Adoration du très-saint Sacrement.
Demanpe. Quelles sont les obligations des Frères convers par rapport à l'assistance au saint sacrifice de la Messe ?
Réponse. Les Frères convers sont tenus d’assister à la Messe tous les jours, et le Supérieur doit se montrer très-diMficile à les en dispenser. Il y aurait en effet une trop grande inconvenance à ce qu’un Religieux, surtout quand il se trouve au couvent, n’assistât pas chaque jour au saint Sacrifice (2).
D. Comment faut-il assister à la Messe?
R. 11 faut y assister avec la même dévotion et le même amour avec lesquels on aurait assisté au sacrifice même de la Croix. Afin d’honorer davantage le saint sacrifice de la Messe, qui est l’acte le plus grand qui puisse se passer ici-bas, et afin de participer plus largement aux fruits abondants qu’il procure, chaque
(1) Chap. gén., 1647, 1650, 1670, 1694, 1706,etc. Au Chap. gén. de 1670, on recommande instamment cette retraite aux Prieurs, tant provinciaux que conventuels, et aux Prieures des religieuses, avaut d'entrer en charge; comme aussi aux Prédicateurs et aux Missionnaires, avant de reprendre leur ministère. Comme ce Catéchisme est destiné aux seuls Frères convers, nous n’avons mis ces prescriptions qu’en note.
(21 Déclar. des Constit., p. 22, Chap. gén., 1574 et 1589.
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Frère convers doit autant que possible faire en sorte de servir la Messe qu'il entend, et se montrer jaloux de ne pas laisser à d’autres un office aussi honorable et aussi méritoire.
D. À quoi un Frère convers doit-il faire attention en servant la sainte Messe ?
R. Il doit : 4° traiter avec précaution les ornements et les autres objets appartenant au culte, car c'est une coulpe légère de les traiter avec négligence (1) ; 2° ne jamais toucher les vases sacrés avec la main nue (2), à moins qu'il ne soit chargé par le Supérieur du service de la sacristie; 3° servir à l’autel avec une grande modestie et un grand recueillement, pour ne pas mal édifier les assistants; 4° demander au Prêtre après la Messe sa bénédiction en se mettant à genoux, et disant: Benedictus Deus (3). |
D. Qu'y a-t-il de prescrit sur l'adoration du trèssaint Sacrement ? |
R. Il nous est prescrit de demeurer continuellement en oraison, chacun à son tour, devant le saint Sacrement avec beaucoup de dévotion et de respect, le Jeudi et le Vendredi saint tout entiers, tandis qu’on le garde dans le tombeau, et de même toutes les fois qu’il est exposé dans nos églises à la vénération des
(1) Constit. de notre Ordre, p. 417.
(2) Chap. gén., 1291. (3) Rubriques du Missel.
=. EU fidèles (1). Hors ces circonstances, il n’y a rien de prescrit, ou plutôt on laisse à notre piété et à notre reconnaissance le soin de nous suggérer, de nous exciter avec plus de mérite que ne le pourrait faire une ordination, à aller visiter chaque jour au moins pendant quelques instants cet adorable Sacrement.
$ VI. — De la dévotion à la très-sainte Vierge et à notre Père saint Dominique.
Demanpe. Quelle est la dévotion de notre Ordre pour la sainte Vierge?
Réponse. Notre Ordre professe envers la sainte Vierge une dévotion toute particulière; puisqu'il reconnaît que c’est elle qui en a obtenu de son divin fils l'institution, qu’elle l’a protégé dans tous les temps et l’a comblé d'innombrables bienfaits, qu’elle a daigné désigner elle-même la forme de l'habit qu'on devait y porter ; enfin, qu’elle voulut choisir notre saint Patriarche pour instituer et notre Ordre pour propager son très-saint Rosaire. En reconnaissance de toutes ces faveurs de la Reine du ciel, nous célébrons la fête de son Patronage le second dimanche de novembre, nous lui promettons obéissance dans l'acte de notre Profession , nous nous préparons par le jeûne à ses principales solennités, nous portons son Rosaire
(1) Déclar. des Constit., p. 25.
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suspendu à notre ceinture (1), et nous l’honorons chaque jour par plusieurs exercices de piété. Ce fut à cause de la grande dévotion qu'ont toujours professée nos Pères envers elle , que les peuples leur donnèrent le beau nom de fils de Marie (2). |
D. Quelle dévotion doit avoir pour la sainte Vierge chacun de nous en particulier ?
R. D’après l'esprit de notre Ordre, chacun de nous doit professer pour cette Mère si puissante et si miséricordieuse une dévotion toute spéciale, l’affection la plus tendre. Cette dévotion d’ailleurs, lorsqu'elle est véritable , est un des signes les plus certains de prédestination et un moyen très-efficace pour obtenir de Dieu tout ce que nous pouvons légitimement désirer. Nous devons surtout être dévots à son très-saint Rosaire, parce que c’est la dévotion dont s’honore Mau : rement notre Ordre, et qui l'a rendu si glorieux dans toute l'Église. |
D. Après la très-sainte Vierge, à quels autres saints devons-nous, comme Religieux, professer une dévotion spéciale ?
R. A saint Dominique, notre Père et Patriarche. Mais notre dévolion envers lui ne sera sincère et ne pourra lui plaire qu’autant que nous nous efforcerons
(1) Cette pratique remonte aux commencements de l'Ordre. Voyez la Règle du Tiers-Ordre imprimée à Rome en 4821, ch. 11, à la note (e).
(2) Annales de notre Ordre, p. 394.
d’imiter ses vertus, et d'observer les règles qu’il nous a prescrites.
& VII. — De la fréquentation des Sacrements.
Demanpe. Devons-nous nous approcher souvent des Sacrements ?
Réponse. Nous devons nous approcher du Sacrement de Pénitence toutes les semaines (1). Pour la sainte Communion, suivant les Constitutions, nous devons la faire en Avent eten Carême tous les dimanches; le reste de l’année, tous les quinze jours et aux fêtes qui seront indiquées par le Supérieur (2). Ces fêtes, du reste, sont suffisamment déterminées par la Rubrique du Missel, qui dit expressément qu’il faut communier : 4° à Noël, à la Circoncision et à l'Épiphanie de Notre- Seigneur, le Jeudi saint, à Pâques, à l’Ascension, à la Pentecôte, à la Trinité et à la Fête-Dieu; 2° à toutes les fêtes de la très-sainte Vierge qui se trouvent marquées dans notre Calendrier, et principalement à celles de son très-saint Rosaire x de son Patronage, de son Immaculée Conception (3), de sa Nativité, de l’Annon-
(1) Constit. de notre Ordre , aux Déclar., p. 83.
(2) Constit. de notre Ordre, aux Déclar., p. 22.
(3) Depuis plusieurs années déjà, cette fête se célébrait dans l'Ordre avec une grande solennité. Le mystère qui en fait l’objet ayant été reconnu récemment comme dogme de foi, et pour nous conformer à l'esprit de l'Église et de l'Ordre, dès lors pour montrer en même temps combien, en vrais fils de Marie, nous nous réjouissons d’une prérogative aussi glorieuse pour elle,
ciation, de la Visitation, de la Purification et de l’Assomption ; 3° à la Toussaint, aux fêtes de saint Pierre et de saint Dominique et de chacun des saints de notre Ordre; 4° les dimanches auxquels est accordée l’Indulgence plénière pour les Confrères du saint Rosaire et du très-saint Nom de Dieu (1). Or, à tous ces jours de Communion, la Rubrique suppose qu’il y a eu une pieuse exhortation adressée à toute la communauté ou bien une absolution générale; elle suppose aussi que tous ceux qui ne disent pas la Messe communient ensemble (2).
D. À qui pouvons-nous nous confesser ?
R. Quand nous sommes au couvent, nous devons nous confesser aux Pères qui ont été désignés par le Supérieur pour confesser les Religieux (3). S’il n’y en a pas de désignés, nous pouvons choisir à notre gré, pourvu que celui que nous choisirons soit approuvé dans l'Ordre pour confesser, et qu’il ait permission de le faire du Supérieur du lieu où nous voulons nous confesser (4). Quand nous sommes hors du couvent avec la permission du Supérieur, si nous n’avons pas de con-
et combien nous sommes heureux de la reconnaitre avec la certitude attachée à un article de foi, il est bien évident que nous devons considérer cette fête comme une des principales fêtes de la très-sainte Vierge, et en conséquence la célébrer le plus dignement qu'il nous sera possible, particulièrement en recevant la sainte communion.
(4) Rubriques du Missel.
(2) Rubriques du Missel.
(3) Décrets de Clément VIII.
(4) Constit., Déclar. p. 82.
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fesseur de l’Ordré, nous pouvons nous adresser à des confesseurs séculiers approuvés dans le diocèse où nous nous trouvons, ou à des confesseurs réguliers approuvés au moins dans leur Ordre (1).
D. Quelle attention faut-il avoir relativement à la Confession ?
R. Avant tout, il faut tâcher que celui à qui nous voulons confier le soin de notre âme soit le meilleur parmi les bons, qu’il soit un homme suivant le cœur de Dieu, plutôt que suivant notre goût. Le meilleur sera celui qui à la science et à la prudence joindra une conduite tellement irréprochable, que toute seule elle nous montre déjà le véritable sentier de la perfection chrétienne et religieuse. Ensuite il faut nous ouvrir si bien à notre confesseur, qu’il puisse pénétrer jusqu'aux plus secrets replis de notre cœur.
D. Avec quelles dispositions faut-il approcher des Sacrements?
R. Avec une volonté sincère et une ferme résolution de nous corriger de nos défauts et de travailler sérieusement à notre sanctification, et, autant que possible, avec toutes les dispositions avec lesquelles nous voudrions les recevoir aux derniers moments de notre vie.
D. Quel est le moyen de nous faciliter l'examen de conscience qui doit précéder la Confession ?
R. C’est l'examen quotidien. Il nous rendra très-fa-
(1) Privilége accordé par le S. P.
cile la préparation à la Confession, et, ce qui vaut mieux encore, il nous aidera grandement à nous corriger de nos défauts et à nous perfectionner dans la vertu.
D. Comment faut-il fuire l'examen quotidien ?
L'examen quotidien se divise en examen particulier et en examen général, Dans l'examen particulier, nous considérons si nous avons usé de diligence suffisante pour arracher de notre cœur le défaut dominant, et pour acquérir la vertu qui nous est le plus nécessaire. Dans l’examen général, nôus cherchons si nous nous sommes laissé aller ce jour-là à quelque manquement dans nos devoirs de Religieux ou de chrétiens, principalement en ce qui regarde la pauvreté, le bon emploi du temps, lobservance régulière et le devoir de travailler à notre perfection. Ensuite il faut nous exciter à la Contrition, et faire un ferme propos de nous amender.
ART. Il. — DES ACTES EXTÉRIEURS DE RELIGION.
DEmanpe. Quels sont les actes extérieurs par lesquels nous avons coutume dans notre Ordre de manifester le culte que nous rendons à Dieu ?
Réponse. Ils sont au nombre de six : la Venia, la Prostration sur les formes, la Génuflexion , et les trois Inclinations, profonde, moyenne, et de tête. En cela nous imitons Netre-Seigneur, qui a prié à genowæ, proslerné profondément, et enfin étendu par terre,
D. Comment devons-nous faire ces actes extérieurs de Religion ?
R. Avec un véritable esprit d’humilité et de dévotion. Sans cela, ils n’ont que peu ou point de valeur : il faut ensuite tâcher d’y mettre beaucoup d’exactitude et de précision, pour qu’on ne puisse pas dire que les gens du monde sont plus entendus dans les politesses qu’ils se font entre eux, que nous ne le sommes dans l'honneur que nous rendons à Dieu (1).
S L. — De la Venia.
Demanpe. Comment se fait la Venia ?
Réponse. La /’enia se fait en s’étendant à terre tout de son long, sur le côté, la jambe gauche posée sur la droite (2).
D. Quand doit-on faire la Venia dans un Office public?
B. 1° Aux veilles de Noël et de l’Annonciation de la
(1) A ce sujet, il est bon d'observer que, quand on écrivait dans nos Constitutions que nous devons, quant aux inclinations, nous conformer à l'usage des lieux où nous sommes. (Constit. de notre Ordre, p. 39), l'observance régulière était florissante presque partout, et il ne pouvait y avoir dans les usages de différence notable ; peut-être aussi la manière dont ces inclinations devaient se faire n'était-elle pas suffisamment déterminée, comme elle l’est maintenant.
(2) Constit. de notre Ordre, aux Déclar., p. 41.
très-sainte Vierge, quand on annonce au Martyrologe ces fêtes, qui sont comme l’exorde et les commencements de notre Rédemption (1). C’est une coulpe légère de ne pas se trouver avec la Communauté en ces occasions pour rendre grâces à notre divin Rédempteur de ses bienfaits (2); 2 en récitant le Confiteor avant de communier (3).
D. Quelles sont les autres circonstances où il faut encore faire la Venia?
R. 1° Dans le chapitre des coulpes, avant de nous accuser de nos, fautes; 2° quand le supérieur nous impose quelque obédience, quelque office ou ministère, ou nous fait quelque reproche; 3° quand nous sortons du couvent, si nous avons à demeurer dehors plus d’une nuit, et quand nous arrivons dans un autre couvent ou que nous rentrons dans le nôtre, en recevant la bénédiction du Supérieur; 4° lorsque nous avons offensé ou scandalisé quelqu'un, pour lui en demander pardon (4); 5° aux pieds du Prêtre dont nous venons de servir la Messe, si nous avons manqué en quelque point (5); 6° après le repas, si nous y avons commis quelque faute notable en mangeant, en servant ou de quelque autre manière que ce soit (6).
(1) Constit. de notre Ordre, comme ci-dessus.
(2) Constit. de notre Ordre, p. 116.
(3) Rubriques du Missel.
(4) Conitit. de notre Ordre, p. 116. et Déclar., p. 41 et 42. (5) Rubriques du Missel.
(6) Constit. de notre Ordre, comme ci-dessus.
mé. PNe
$ II. — De la Prostration sur les formes.
Demanpe. Comment se fait la Prostration sur les formes ?
Réponse. En s’agenouillant à deux genoux et en appuyant les coudes et le corps sur les formes, c’està-dire sur les appuis placés devant les siéges, quand on est au chœur; hors du chœur, il faut appuyer les coudes sur les genoux même (1).
D. Quand est-ce que les Frères convers doivent faire cette Prostration ?
R. Ils la doivent faire : 4° lorsqu'ils passent devant un autel où est exposé le saint Sacrement, lorsqu'ils arrivent devant cet autel ou qu’ils le quittent; 2° quand le saint Sacrement est transporté d’un lieu à un autre ou que l’on donne la communion aux fidèles ; 3° quand le Süpérieur donne l’absolution générale; 4° quand, se trouvant au chœur ou au réfectoire avec la Communauté, ils voient les autres Religieux faire celte Prostration (2).
$ III. — De la Génuflexion.
Demanve. Comment fait-on la Génuflexion?
Réponse. La Génullexion se fait en fléchissant le ge-
(1) Constit. de notre Ordre, aux Décl., p. 85. (2) Constit, de notre Ordre, p, 327, et aux Décl., p. 35 et 36, 2%
Ve
nou droit ou les deux genoux jusqu’à terre, et en maintenant droit le reste du corps (1).
D. Quand est-ce que les Frères convers doivent faire la Génuflexæion ?
R. Ils doivent faire la Génuflexion simple : 1° lorsqu'ils entrent au chœur ou lorsqu'ils en sortent, lorsqu'ils passent devant l'autel où se trouve renfermé le saint Sacrement, lorsqu'ils y arrivent et lorsqu'ils le quittent, et dans tous ces cas, ils doivent faire précéder la génuflexion d’une inclination profonde ; 2° quand au chœur ou ailleurs ils voient faire la Génuflexion , Soit simple, soit à deux genoux, aux autres Religieux, ils doivent les imiter (2).
$ IV. — De l’Inclination profonde.
DEMANDE. Comment se fait l'Inclination profonde ?
Réponse. L’Inclination profonde se fait en abaïissant la tête et le corps de telle sorte que les coudes arrivent à s'appuyer sur les genoux (3).
D. Quand les Frères convers sont-ils tenus à faire l'Inclination profonde ?
R. Is doivent la faire : 1° lorsqu'ils entrent au chœur et lorsqu'ils en sortent; 2° à l’oraison Retribuere et à tous les Pater qui se disent avant et après la table; 3° quand
(1) Constit. de notre Ordre, aux Déclar., p. 40. (2) Constit. de notre Ordre, p. 427, et Déclar., p. 34 etsuiv. (3) Constit, de notre Ordre, aux Déclar., p. 36.
ni
ils se trouvent au chœur pour l'Office, à tous les Pater, Credo, Confiteor, elc., et au premier Oremus de chaque heure canoniale, comme aussi au premier des Oremus qui se disent au commencement et à la fin de la grand’ Messe; 4° enfin quand ils la voient faire aux autres (1).
8 V.— De l'Inclination moyenne.
D. Comment se fait l'Inclination moyenne ?
R. L’Inclination moyenne se fait en abaissant la tête et le corps de manière que les mains viennent s'appuyer sur les genoux (2). Une ancienne coutume, qu’on peut dire universelle (3), veut que les mains se mettent en croix, c’est-à-dire la main droite sur le genou gauche, et la gauche sur le genou droit.
D. Quand est-ce que les Frères convers doivent faire cette Inclination ?
R. Ils doivent la faire : 4° à tous les Gloria Patri qui se disent et à toutes les bénédictions qui se donnent soit au chœur, soit au réfectoire; 2° quand, dans les Oremus, on prononce le nom de Jésus, de Marie ou de saint Dominique ; 3° enfin toutes les fois que les autres la font (4).
(1) Constit. de notre Ordre, aux Déclar., p. 36 et 37.
(2) Constit. de notre Ordre, aux Déclar., p. 38, et dans un Directoire des novices imprimé à Cologne en 1670.
(3) Confirmée, dit-on, par une apparition de la sainte Vierge.
(4) Constit. de notre Ordre, p. 88, et aux Déclar,