Documents authentiques et inédits pour servir à l'histoire de la marine normande et du commerce rouennais pendant les XVIe et XVIIe siè cles [microforme]
M. Gosselin (Édouard-Hippolyte) naquit à Paris, le 830 novembre 1811, de parents originaires de Rouen.
Après sept années de service actif, dont trois furent passées en Afrique, dans un bataillon de zouaves, il vint se fixer à Rouen, auprès de sa mère qui était devenue veuve et qu'il entoura toujours de la plus tendre vénération. Il entra d'abord, comme simple employé, dans les bureaux de la Préfecture, et, deux mois après, au greffe de la Cour d’Appel, où il se fit remarquer par son caractère franc et ouvert et par sa grande application au travail. Il eut le bonheur d'y rencontrer des chefs bienveillants, d'obligeants camarades et un véritable ami dans la personne de M. Lintot, qu'il remplaça comme greffier audiencier en 1849. Plus tard il obtint la fonction de secrétaire de la questure de la Cour et le titre de conservateur des registres de la Chambre des Notaires. :
Cette position modeste suffit à son ambition, et
l'on peut dire que, s’il en a tiré quelques avantages, il l'a singulièrement relevée par son inérite personnel et par les travaux auxquels il a attaché son nom.
Une circonstance que nous devons rappeler décida sa vocation pour les études historiques, auxquelles il paraissait assez mal préparé par ses occupations antérieures.
I y a une trentaine d'années, il existait, sous les combles du Palais-de-Justice, un amas considérable de papiers dont la destruction était depuis longtemps instamment réclamée. Dès 1840, le Conseil Général du département avait émis le vœu que le gouvernement pût accorder une allocation afin de procéder au classement, devenu indispensable, des archives de la Cour Royale. Le 12 février 1848, le doyen des présidents signalait aux commissaires inspecteurs de ka Cour « ces tas de papiers en pourriture, qui étaient en même temps qu'un foyer d'infection un sujet d'inquiétude, » Il les pressait d'aviser « à l'enlèvement de ces chiffons presque sans valeur. » Une commission nommée par le préfet, le 7 novembre de la mème année, prit en considération la demande de la Cour, et-exprima le vœu que les papiers en question « fussent mis à la disposition du Domaine, pour la vente en être faite sous le contrôle et la surveillance de personnes qui seraient désignées dans l'intérêt de la Cour et du département. » Les mesures de précaution proposées pour assurer la conservation des documents utiles parurent mal définies et insuffisantes, et cet avis ne fut point suivi.
es, il nnel
écida elles tions
s les rable emps néral
erne-
ler au es de 0) pré-
de à :
taient sujet ement mismême our, fusvente
a per-
Cour
pronents pt cet
vu
Une nouvelle commission fut nommée par le préfet en 1851. Voici ce qu’on lit dans le rapport de Fun de ses membres, lequel avait été chargé de remplacer M. Auguste Le Prévost, membre de l'Institat, avait consacré plusieurs journées à l'examen des papiers de rebut entassés dans les greniers dw Pulais-de- Justice:
« C'est an pèle-mêle qu'il faut avoir vu pout s’en faire une juste idée, tant l’amas est considérable, poudreux, putréflé et nauséabond. Nous en avons évalué le volume à 75 ou 80 mètres cubes. La poussière, l'humidité, la chaleur excessive qu'il fait dans ce lieu pendant l'été, l'espèce de décomposition qui se produit par suite de l’entassement, ont amené la perte de plus de la dixième partie des pièces qui composent cet énorme dépôt. Il importe qu'un tel état de choses ait un terme, et cela pour plusieurs raisons. M. Boivin-Champeaux, conseiller à la Cour, nous a entretenus des craintes qu'’ilavait éprouvées lorsqu'on s’oceupait de renouveler la couverture du Palais-de- Justice. Une étineelle échappée de la pipe d’un ou vrier pouvait causer un incendie dont il eût été fort difficile de combattre la violence, et dont les eonséquences eussent été irréparables. Ne seraitil pas
très imprudent de laisser «subsister un danger aussi sérieux pour un édifice que l’on considère à bon droit comme l’un des plus beaux monuments de la ville de Rouen. Si ces pièces, d'ailleurs, devaient demeurer ainsi entassées, à quoi pourraient-elles servir? De jour en jour elles se détériorent, et se détruisent par
SM ion des + nt en So sa ne
l'effet des causes que nous venons de mentionner ; elles n'auront aucun intérêt pour la science, tant qu'elles resteront dans un état de confusion tel qu'il
n'est possible ni de les signaler ni de les consulter. Les proscrire en bloc, sans un examen préalable,
serait, qu'il me soit permis de le dire, un parti peu
digne d'une grande ville où les études historiques sont depuis longtemps en honneur, un acte de vandalisme dont personne, nous le croyons, ne voudrait accepter la responsabilité. Il faut donc qu'un triage et
un classement aient lieu le plus promptement pos-.
sible. Tous les départements de l’ancienne Nor-
mandie sont intéressés à cette mesure, puisque le:
ressort du Parlement, de la Cour des Aides et-de la Chambre des Comptes s’étendait à toute la province, et que les fonds de ces Cours souveraines, joints aux procédures qui se trouvaient, à l'époque de la Révolution, dans les mains des procureurs et des conseillers rapporteurs, composent. la majeure partie de ce dépôt. Il est juste, toutefois, de reconnaître que la Seine-Inférieure y est tout particulièrement intéressée, parce que ce dépôt contient, en outre, un résidu des fonds des bailliages, des amirautés, des
maitrises des eaux et forêts, des greniers à sel et des
hautes justices établis dans la circonscription de ce département. »
Les conclusions de ce rapport furent adoptées à l'unanimité. Sur la demande du préfet, le gouvernement accorda 3,000 francs pour le dépouillement de papiers entassés dans les combles du. Palais-de-Jus-
M Qu
Pom na ren a rie eu in 7 NN 2 ET TE TT da ns enr
tice; le Conseil général de la Seine-Inférieure vota, do son côté, 2,000 francs, et celui du département de l'Eure, 1,000 francs, en conséquence du vœu par lui émis en 1850, « que les départements composant l’anciennè Normandie associassent leurs efforts pour le classement des archives de toute nature qui seraient amoncelées dans les greniers des édifices publics de la ville de Rouen. »
M. Gosselin fut chargé de ce travail par arrêté préfectoral du 1° juillet 1853, et, sans se laisser rebuter par les difficultés de la tâche, il le mena avec une telle activité, que le triage fut achevé et l'opération terminée avant le terme prévu, dès le mois de février 1859. Grâce à ses soins, les collections des archives du Palais-de-Justice furent complétées dans une certaine mesure. Des registres égarés reprirent leur place sur les rayons ; bon nombre de documents intéressants, parmi lesquels une longue lettre autographe de Pierre Corneille, furent déposés aux Archives départementales de la Seine-Inférieure et de l'Eure.
L’attrait que les savantes publications de M. A. Floquet avaient inspiré à M. Gosselin pour les recherches historiques se trouva naturellement excité par les découvertes auxquelles ce dépouillement donna lieu, et ce fut à partir de là qu'il se dévoua complétement à l'exploration des archivés du Palaisde-Justice.
Indépendamment des notes manuscrites très nombreuses qu'il a laissées et qui sont devenues, fort heureusement pour le public, la propriété de la Cour
tm
EE mm