‹ Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1759-1791 [microforme]Chapitre 27 sur 517 · ETAT DES FORTIFICATIONS, — QUÉBEC · texte numérisé non relu

ETAT DES FORTIFICATIONS, — QUÉBEC

La configuration naturelle du terrain sur lequel est construit le front des fortifications du côté des terres, est fort désavantageuse. Le cap Diamant est l'endroit le plus rapproché Ju tleuve Saint-Laurent, et, en méme temps, le point le plus élevé, à parti duquel une pente continue, quelques fois très à pie et abrupte, s'étend vers la sie Saint Charles. En conséquence, les murs n'étant pas sur un niveau égal, mais #aptant à la nature du sol, les flancs des bastions sont impuissants à défendre leurs £ es de manière efticace, car les flancs des bastions supérieurs doivent faire feu au-dessor de it ligne horizontale, comme les flancs des bastions inférieurs sont obligés de tirer au- les: Pour obvier à cet inconvénient les Français érigèrent deux contre-vurdes ou faussesbraies à flancs casematés en avant de la face droite et des flancs du bastion LaGlacière et de la face et du flanc gauches du bastion Saint-Louis. Cependant cela offrait un autre inconvénient dont ils parurent se rendre compte lorsque M. de Lévis assiégea la ville en 1760, car il dirigea son feu vers cet endroit, ce qui eut un effet tel que les débris du mur remplissant la contre-garde et le fossé, quelque profond qu'il fut, une ascension aurait pu se faire très vite et facilement jusqu'à cette brècke.

Les hauteurs en face du cap Diamant et du bastion LaGlacière commandent toutes les fortifications d'en bas vers la rivière Saint-Charles. Des batteries peuvent être érigées n'importe où pour battre en brèche ces dernières, car les murs sont élevés et en

plusieurs endroits l'on peut les apercevoir jusqu'au fond du fossé vu qu'il n'y a ni chemin couvert ni ouvrages avancés et mème le mur de la contrescarpe n'est pas convenablement parachevé. Un chemin couvert ne pourrait étre construit que moyennant de grandes dépenses à cause de la rareté de la terre et des accidents du sol ; de plus il faut prévenir les feux d’entilade,

Pour remédier autant que possible, à l'absence d'ouvrages avancés et en vue de protéger la place contre des surprises, J'ai fait construire durant l'hiver de 1759, une ligne de blockhaus à une portée de mousquet du mur de la capitale : mais ces derniers ne sont à l'épreuve que de la mousqueterie.

es murs ont été construits avec de la pierre brute et à plusieurs endroits les traraux ont été très mal exécutés, comme les ravages causés par le feu des batteries francaises en 1760, l'ont suflisarmment démontré

Les portes sont mal situées et ne sont pas défendues. La porte Saint-Louis est tellement rapprochée du côté droit du bastion qui porte le méme nom, qu'elle se trouve au dessous de la portée de ses projectiles, tandis que le flane opposé du bastion ne peut la défendre que très faiblement. La porte Saint-Jean trop rapprochée du flanc gauche du bastion du même nom, n'offre pas de meileures garanties,

La porte du Palais n'est guère mieux construite et en général tout ce front de la place qui est en réalité le seul fortifié, est exposé à un feu d'enfilade partant de l’autre côté de la rivière St Charles.

Le mur qui s'étend du bastion La Potasse jusqu'à la porte du Palais est percé de meurtrivres et ne manque pas d’une certaine valeur.

Les casernes contruites contre ce mur sont également percées de meurtrières. Ce mur construit sur le roc tend jusqu'à l'endroit indiqué par la lettre K.

Une mauvaise palissade a été érigée depuis K jusqu'à L sur le sommet d'un rocher accessible ; on y a aussi installé une petite enceinte palissadée. Cet endroit de la ville est le plus exposé à un coup de main.

jusqu’à T s'étend un mur élevé auquel est adossé une galerie en bois, destinée à servir de banquette : au-dessous se trouve une poterne qui communique avec la basse ville.

Depuis T jusqu'au sault au Matelot, s'étend un mur inachevé sur lequel un homme

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DOC. PARLEMENTAIRE No 18

peut facilement sauter ; sur ce mur se trouvent quelques plate-formes por- l'installation de canons et de mortiers. Depuis M jusqu'à M (sic) se trouve la . .tterie royale commandant la rivière Saint-Laurent, placée sur un rocher inaccessible et contigu au palais épiscopal. On s'est servi d'une partie de cette batterie ainsi que de quelques canons de l'endroit O pour défendre, durant le dernier siège, les communications entre la basse ville et la haute ville.

Depuis O jusqu'à P se trouvent le fort St-Louis et une batterie de neuf canons. C’est un endroit inaccessible, excepté par deux petits sentiers indiqués sur le plan, qui y conduisent. Le fort Saint-Louis, restes des premières fortifications érigées là, ne vaut rien comme moyen de défense.

Depuis P jusqu'a Q. se trouve la citadelle ou redoute du cap Diamant, qui consiste en une élévation plutôt escarpée défendue uniquement par une palissade. Entre la redoute, le bastion de La Glacière et le cap Diamant, s'étend un terrain qui commande toute la ville et les fortifications. Je crois que ce terrain serait très propre à la construction d’une citadelle,

La mème palissade se continue de Q jusqu'a R ; et de R jusqu'au cap Diamant s'étend un nur percé de meurtrières et défendu par deux flancs munis de canons. Le rocher au-dessous est très élevé à cet endroit ; mais il est accessible car des broussailles qui y poussent cà et là pourraient permettre à un faible détachement de l'escalader et d'arriver jusqu'aux palissades elles-mêmes.

La basse ville n’est protégée que par une palissade et quelques batteries. Les batteries indiquées par la lettre Q, ont pour objet de défendre le chemin et de harasser les vaisseaux lors de leur passage en face de la ville. Les batteries indiquées par la lettre T ont été érigées pour le même motif. En plus, ces batteries servent à flanquer la basse ville et les autres batteries.

Le rapport ci-dessus et le plan annexé démontrent que l'enceinte de Québec est considérable et qu’il faudrait pour la défendre, méme si elle était suttisamment fortitice, une très forte garnison... Pour le présent, elle est ouverte de deux côtés, sans ouvrage avancé et sans même un chemin couvert; il s'y trouve à peine un fosse et la base des murs en décripitude peut-être aperçue de presque tous les environs à une distance de 500 verges. Tout le rempart est exposé à un feu d’enfilade dirigé de l'autre côté de la rivière Naint-Charles, et dans son état actuel, une garnison de 3000 hommes ne serait pas sûre de repousser un coup de main bien dirigé. Tous les travaux temporaires qui pourraient être ajoutés, ne produiraient guère de résultats dans les circonstances actuelles : et fortifier la place d'après les vieux plans n'est pas à conseiller, car la position ne peut jamais être rendue forte, et de plus la tentative coûterait une somme immense, Aussi dans le cas où Sa Majesté croirait à propos d'encourir des dépenses pour fortifier Québec, à mon sens, la méthode ia plus effective serait d'ériger sur le terrain élevé du cap Diamant une citadelle qui ferait de Québec une place sûrement fortifiée. Cette citadelle pourrait être défendue pendant quatre mois par une faible garnison ; elle inspirerait de la crainte aux habitants sur la tidélité desquels, advenant une attaque, nous ne pouvons compter d'ici à quelques années et assurerait la protection de nos magasins. Le terrain sur lequel je conseille d'ériger cette citadelle commande toute la ville et n’est dominé par aucune partie de la campagne : bref, cet endroit offre tous les avantages que l'on peut désirer et peut être fortifié sans encourir de grandes dépenses, car les travaux peuvent être exécutés gratuitement en temps de paix, par les habitants de la contrée et par les troupes. Ces habitants qui autrefois, étaient astreints au service militaire et ne recevaient que leur nourriture, ne peuvent avoir d’objection à cela.

J'ai donné ordre au capitaine Hollan 1 d’arpenter soigneusement le terrain et j'ai l'honneur de vous transmettre ci-inclus tous les plans qu'il a préparés.

Je ne puis laisser échapper l’occasion d'attirer l'attention de Votre Seigneurie sur ce gentilhomme. Il est venu au Canada en 1756, et depuis le siège de Louisbourg, j'ai toujours été moi-même témoin de son infatigable dévouement au service du roi; en sent désireux d'obtenir

soline, c'est un officier laborieux et brave, un ingénieur inteiti une promotion et qui la mérite par se: nombreuses qualités.

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