EDOUARD VII, À
autre, l'expédition semble suspe:due, sinon complètement abandonnée, ce qui me parut plus probable que de croire qu'ils ont l'intention de prendre avantage de l'hiver } traverser le lac,
Je n'ai pu m'empêcher de craindre que Votre Seigneurie n'ajoutât pas foi à ce : j'ai atlirmé au sujet de l'indolence des Canadiens lorsqr : tes circonstances ici ont fr. le général Carleton à déclarer la loi martiale! Malheu-eusernent chaque jour nous «1 fournit des preuves trop nombreuses et me fait comprendre que les Canadiens ont caractère bien différent de celui que je leur attribuais et dont j'ai constamment fait part à Votre Seigneurie lorsque J'ai eu l'occasion de parler d'eux. Votre Seigneuri: rappellera combien il a été parlé de leur loyauté, de leur soumission et de leur gratit comme de leur respect envers le gouvernement et de leur manière d'agir polie, er nable et respectueuse à l'égard de ceux qui en étaient chargés. Or, le temps et événements ont démontré que la crainte seule les maintenait dociles, et avec cette craint qui n'existe plus (depuis que les troupes ont été retirées) sont disparues les bonnes «| sitions dont nous avons si souvent et si constamment fait l'éloge et sur lesquelles : avons affirmé pouvoir compter longtemps. Cependant, je suis quelque fois porté à croire que ce peuple n'est ni ingrat ni rebelle et que les ruses et les assiduités des agent. de quelques colonies q''i ont passé l'hiver dernier ici, ont eu raison de sa crainte join à une ignorance et à une crédulité qu'il est diflicile de soupçonner chez un peuple. I peut être possible encore de le ramener à la conscience de son devoir et de ses véritih}: intérêts en usant de modération à sin égard et de méthodes propres à le persuader «1 à l'instruire ; et lorsque les Canadiens auront compris que le danger consi-te à 1 -ter impussibles à l'heure présente et à ne pas se preparer pour la défense, ils prendront les armes non seulement pour se défendre dans le moment même, mais s'ils sont appuyes par des troupes du roi, ils prendront part volontiers à toute manœuvre offensive, Ce qui, à mon humble avis, —et je n'ai pas la moindre prétention quant aux connaissances militaires, —inspirerait plus de crainte aux colonies que l'armée du général Gage à os con doublée ou triplée, car la topographie de cet endroit et mille autres circonstances portent à croire qu’il faut peu compter sur un effet décisif de ce côté, Quoiqu'il en -uit, je profite de la liberté que Votre Seigneurie m'a accordée d'exprimer ma manière de voit à l'égard de ceite contrée, dans les circonstances moins graves, pour me permettre d'apprévier ce qui me paraît un fait si essentiel, bien que mes attributions ne se pri tent guère à cette tâche qui appartient au gouverneur dont je me plais à reconnaitre la circonspection et le jugement.
Il me semble qu'aussi longtemps que l'Angleterre tiendra fermement cette citrie ce qu’elle ne fera qu'au moyer d’un corps de troupes et pas autrement—sa cause avec les colonies ne sera pas désespérée, même si elle n'y possède plus un pouce de terrain, car il est plus facile d'atteindre la population de la Nouvelle-Angleterre par le nyen de cette contrée (bien que cela puisse sembler paradoxal) que par Boston même : rt je crois au-si fermement qu'il est possible de croire quelque chose auquel il manque un: preuve absolue, que lors de la dernière guerre, cette province aurait soumis les colonies du nord au sud si celles-ci n'avaient été sontenues par l'Angleterre. Les colonie- ‘Îles. mêmes l'ont compris, et l’arrivée de troupes d'Angleterre réduirait bientôt à néant les efforts qu’elles ont faits pour maintenir les Canadiens inactifs. Ces efforts me donnent la conviction que les colonies entretiennent des crainte à l'égard de cette province à l'heure présente, et je crois fermement que le transfert de l’armée de Boston ici en vue de commencer les opérations au printemps et le maintien de la flotte (si la chose etait possible) pour bloquer ieurs ports et empêcher leur commerce, auraient de mei!leurs résultats et vraisemblablement leur ferait accepter plus sûrement les conditions d'un accommodement que tout autre moyen auquel on aurait recours, sauf la mise su: pied de toutes les troupes de terre et de mer de la Grande-Bretagne en vue de semer !1 des truction et la ruine à travers toutes les parties accessibles des provinces. S'il on est ainsi, et s'il ya quelque chose de vrai dans cette observation, on ne saurait considere sans regret la situation pr * de cette province aujourd’hui privée des quelques
! Cette proclamation fut lancée le 9 juin, deux jours après la dépêche à Dartmouth, publiée ç: dessu Cette proclamation se trouve dans ‘ Pièces supplémentaires concernant la province de Québec ”, de \aseres p. 170 ; elle autorisait la mise sur pied de toute la milice de la province.
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DOCUMENTS cos TITUTIONNELS DOC. PARLEMENTAIRE No 18
régiments qu'elle possédait avant le j mmencement des troubles et dont la préservation pour l'avantage de la couronne, dépend plutôt de nos ennemis que de nous-mêmes, Nous n'avons que 500 hommes à Saint-Jean où se trouve le passage le Plus exposé à défendre ; nous devons négliger complètement plusieurs autres endroits et l'expérience n demontré que l'on ne peut guère compter sur les Canadiens. Ceux-ci sont terrifiés où pervertis au-delà de ce que V Seigneurie peut se l'imaginer et ils sont imbus des plus étranges idées qui aient Pénétré dans le cerveau de quelqu'un. Quelquefois ils “imaginent qu'ils vont être transportés à Boston et il est alors uinpossible de les con vaincre que les quelques transports qui attendent des Provisions, n'ont pas été envoyés dans cette intention ; d'autres fois on leur dit que la population de Boston lutte uniquement pour smpêcher le retour des timbres, ce qui leur semble une question de pure courtoisie et une tache louable qui ne devrait pas rencontrer d'obstacles, Quelques uns parmi € « croient qu'ils sont vendus aux Espagnols (qu'ils ont en horreur) et que le général Carleton en a déjà reçu le Paiement, En somme, je ne crois pas que jamais il ait été donné de voir des hommes en proie à une telle confusion d'ignorance, de crainte, de crédulité, de Perversion et de Préjugé qui, dans les circonstances, rend si :liflicile notre conduite à leur égard, : Votre Seigneurie ne Manquera pas de comprendre que dans une telle situation, tous nos efforts doivent avoir pour objet d'empêcher ces brigands de nous envahir durant l'hiver et d'attendre une époque plus favorable et plus calme peur appliquer le nouvel Acte du parlement dans cette province. Néanmois il doit être fait quel que chose en ce sens, ne serait-ce'que provisoirement : et, de fait, ce sujet est présentement sur le tapis et ce qui a été entrepris a démontré d'une manière surprenante la folle et ‘tonnante prévention des Canadiens quant à la disposition relative à la milice,
Quel ne sera pas l'étonnement de Votre Seigneurie en apprenant qu'un Acte adopté uniquement pour favoriser les Canadiens et élaboré Pour répondre à leurs désirs et à leur besoins est devenu le principal sujet de leur mécontentement et de leur aversion, Le vu général semble indiquer qu’il faille des officiers anglais pour les commander en
temps de guerre et des lois anglaises pour les régir en temps de paix ; vœu qu'ils savent impossible de réaliser, quant aux officiers, (du moins Pour le moment) et quant aux lois, je comprends leur intention de n'avoir ni lois ni Souvernement d'aucune sorte. n attendant, il peut être vrai de dire que le se Carleton s’est mépris sur l’influence
exercée par les seigneurs et le clergé sur le bas peuple dont la conduite, depuis qu'il s’est affranchi de la crainte et de la rigueur de l'autorité qui pesait sur lui, n’a plus de frein et inlique en toute occasion, son aversion et sa haine ur ceux qu'il avait l'habitude de considérer avec terreur et qui, bien des fois lui ont É rom lieu de trembler. D'autre Part, ceux-là se sont trop enorgueillis et s’enorgucilli antages dont ils espérent bénéficier de la restauration de ‘ges et coutumes et ils se sont permis à ce sujet, des réflexions e sser non seulement les Canadiens mais aussi les marc'ands an . ns que j'ai eu avec eux x Conseil ne m'a Pas permis de urs Capacités ou de leur modération ; ils ne cèdent à aucun arg t de justice qu'il soit et ne veulent consentir à aucune modifie anciennes lois, surtout en matière Commerciale. J’insiste sur 1n nécessité de faire des modifications à ce sujet, de façon à favoriser les warchands anglais auxquels nous sommes redevables de presque tout le COMiierce qui se fait dans Ja province et sans lesquels celle-ci, sauf quelques articles en quantité peu considérable, deviendrait en somme une colonie où il ne se ferait pas de Commerce,
Pour détourner l'attention de Votre Seigneurie de l'aspect peu encourageant de la Situation exposée en détail, je dois dire que cette province en général, au point de vue de la sécurité si l'on considère Je Mauvais caractère et les dispositions perverses de ses habitants, offre à celui qui comme moi désire In Prospérité des nôtres que l’état de choses actuel affecte sensiblement, le Spectacle le plus triste qu'il soit possible d'imaginer. Quant à la tâche qui m'a été assignée et que j'ai si peu ambitionnée je ne regrette pas de l'avoir assumée : AU contraire, je serai heureux d'apprendre que j'ai pu co:tribuer à “pecher que la situation ne devint encore plus déplorable où que mes efforts pourront Avoir pour effet de l'améliorer. C'est ma seule consolation aujourd'hui, dans l'exercice
une charge pour laquelle je ne me reconnais ni aptitude ni inclination et j'attends ds
HN dit anni RS FERRER A dd