INTRODUCTION XXXIII
permettent d'étudier le système de recrutement des troupes navarraises sous Charles le Mauvais, elles ne fournissent pas de renseignements sur leur discipline intérieure.
Mais on peut voir, par les documents que renferme' ce dépôt, comment, en présence d'une invasion, était organisée la défense. En dehors de la convocation du ban et deTarrière-ban de son armée, Charles le Mauvais prit encore des mesures énergiques pour résister aux Grandes Compagnies, qu'il redoutait à son tour après en avoir fait le cruel instrument de son ambition et de ses vengeances. Il fit reconnaître les places en état de tenir contre l'ennemi et ordonna d'urgence des réparations : il nomma à cet effet des commissaires. A l'approche des routiers, les habitants des villages devaient se réfugier dans la ville forte voisine, avec leurs meubles et leurs provisions. La frontière du Nord, les ports ou passages des montagnes étaient surveillés. Des règlements sur la fermeture des portes, sur l'entrée des étrangers, etc., mirent les places à Tabri des coups de main.
Parmi ces places de guerre, celles qui avaient quelque importance se composaient de deux parties: la ville, le château. L'enceinte de la ville, destinée à protéger la population tout entière, était réparée par cette population et à ses frais ; c'était là primitivement et pour toute l'Espagne une obligation essentielle : le célèbre concile de Léon l'imposait aux habitants de cette ville en 1020*, et le for de Cuenca, qui abolissait tous les impôts, maintenait celui qui était levé pour l'entretien des murs*. Le château était réservé à la garnison ; si les gens des environs y travaillaient, c'était a pan d'almut, aux frais du Roi.
Le chef militaire de la ville était plutôt appelé capitan et caudillo ; celui du château, alcaïd. Le premier com-