Sermo, XI. Migne, CLVII, p
lièrement à noter dans le sermon de Geoffroi sur S. Benoît. Rappelant à sa congrégation l'histoire du fondateur de l'ordre, le prédicateur raconte comment un moine secourut Beuoit à Tinsu de son abbé. Aussitôt, et comme craignant pour ses auditeurs l'effet de cet exemple, Geoffroi s'empresse de commenter cette action. « Elle n'était point blâmable, dit-il, car alors beaucoup de choses étaient permises aux moines qui leur sont maintenant défendues. Certains actes, d'abord justes et légitimes, peuvent devenir illicites par la suite. Les moines de ce temps avaient le droit de se livrer à ces œuvres d'humanité, n'ayant point promis de s'en abstenir. Il en est autrement pour les moines modernes qui ont fait vœu de ne point accomplir ces œuvres, ni d'autres bonnes œuvres, sans la volonté de leur père spirituel*. » L'abbé expose la règle bénédictine dans sa rigueur ; il pousse la subordination du moine jusqu'à lui refuser l'initiative dans le bien.
S. Benoît avait apporté un tempérament à l'autorité abbatiale dans le contrôle capitulaire^ L'ensemble des moines et des dignitaires monastiques, constitués en chapitre, connaissait de la question abbatiale, assistait à la conclusion des matières importantes et les confirmait. Une renonciation faite par Oderic, abbé de Vendôme, fut attaquée par Geoffroi son successeur, comme n'ayant point été consentie par le chapitre de la Trinité \ Quand le monastère de Vendôme se fut entendu avec l'évêque d'Angers sur cette affaire, l'acte de concorde, rédigé au chapitre de Saint-Maurice, fut porté à Vendôme et ratifié par les religieux en séance capitulaire\ Ce qui arriva pour la possession de la Toussaint d'Angers, s'était produit à Saint-Aubin lorsque Otbran, abbé de ce lieu, avait vendu aux Vendômois les droits de sa congrégation sur Saint-Clément de Craon. Une partie de ses moines s'étant opposés à la décision abbatiale, on dis-