RELATIONS DE GEOFFROI AVEC LES ABBES DE SON TEMPS
Les confraternités monastiques étaient nées de la recherche de l'union ; cette recherche n'était pas superflue ; les membres du clergé régulier, d*accord pour s*opposer à l'Église séculière et à la société laïque, s'entendaient médiocrement entre eux. Les intérêts particuliers de chaque congrégation étaient plus puissants pour diviser les religieux que Tesprit monastique et les pactes d'alliance pour les rapprocher. Les relations de Geoffroi de Vendôme avec le plus grand nombre des chefs d'abbaye, ses confrères, ne témoignent pas d'une concorde inébranlable.
Il n'y a rien à ajouter à ce qui a été dit sur Cluny. Allié de cette congrégation, Geoffroi en redoutait assez la puissance pour apporter plus de susceptibilité que de confiance dans l'estime qu'il lui accordait. La communauté qui, moins puissante que Cluny, mais placée dans la même situation et travaillant à la même œuvre que le monastère bourguignon et le monastère vendômois, semblait devoir toujours s'accorder avec la Trinité, était celle de Marmoutiers. Non seulement cette abbaye était fille immédiate du Saint-Siège, mais elle avait fourni à Vendôme ses premiers moines*. Elle avait été désignée avec Cluny par Geoffroi Martel, comte d'Anjou, pour suppléer par l'envoi d'un abbé à l'indignité de la congrégation vendômoise, au cas où il serait nécessaire.
Le premier abbé de la Trinité, Réginaud, avait été religieux à Marmoutiers ^ Le monastère de Tours avait donc servi celui
1. Cf. Chronicon Turonense magnum, « Idem cornes... construxit ec- ' clesiam Trinitatis et de Majori monasterio monachos ibi posait » (A. Salinon, Becueil des Chroniques de Touraine, p. 122).