G. Vind. ep., I
d'abord d*une manière directe et personnelle : « Souvenezvous, très pieux père et seigneur, dit Tabbé dans une de ses lettres au pape, combien je vous ai aimé avant de vous connaître et comment je vous ai servi avec dévouement avant de voir votre cher visage*.» Geoffroi rappelle qu'il s'était employé auprès d'Urbain II en faveur d'un envoyé de Tarchevêque de Vienne et (ju'il avait pu rendre service à Guy par son crédit à Rome*. Ces premiers rapports, (|ui remontaient à plus de vingt ans de date lorsque l'abbé en évoquait le souvenir, avaient dû s'augmenter de beaucoup d'autres par la suite ^.
Calixte II fit comme ses prédécesseurs un lf)ng voyage en France*. En septembre et en octobre 1119 Geoffroi put le voir et plaider devant lui la cause du monastère de Vendôme. L'abbé paraît auprès du pape à Angers. Le 7 septembre, Calixte y ayant consacré l'église Notre-Dame de Ronceray, le nom de Geoffroi se trouva parmi les témoins de cette cérémonie"'. A Tours, le pape eut le malheur d'être attaqué et dépouillé de nuit, l'abbé le secourut do ses ressources : (( Quand vous fûtes assailli une nuit à Tours et mis à nu par des voleurs, je ne vous donnai pas une moitié de vêtement comme saint Martin ; mais je fournis une pelisse grise et des fourrures variées à mon Père que j'aime et que j'ai toujours aimé d'une affection extraordinaire ^ » Calixte s'avanrant vers Paris, l'abbé fut de sa suite. Tant de zèle n'allait pas sans récompense. A Ktampes d'abord, puis à Paris, Geoffroi obtint du pontife un privilège en faveur de la Trinité"; cette confirmation ne différait en rien des autres qui l'avaient précédée, mais il y était dit qu'elle était faite à la demande
3. Gooffroi a adressé deux de ses écrits théolo^i<|ues (Opusc. III et V) à Calixte II ; rune do ces dissertations est détliée : universali papae <]alixto, huno domino swt et pr accord iali a/nico.
4. V. l'itinéraire de Calixte dans: I . lîobert, Etude sur les actes du pape Calixte II (in-8, Pnris. 1874). j). 39.
5. Rec. I/ist. /•>., XIV, 199. L . Hubert, op. cit., Append. p. xxiv, n. 43.
7. Mijrne, P. lut.. riAIII, p. 1125 ; Sirmond, n. 166 à II, 28.
expresse de Geoffroi : » Quoique nous devions notre bienveillance à tous les fils de la sainte Eglise, puisque nous occupons le siège apostolique, néanmoins il convient que nous veillions avec une sollicitude particulière à ceux qui tiennent d'une manière plus spéciale et plus familière à l'Église romaine. C'est pourquoi, très cher fils dans le Christ, abbé Geoffroi, nous avons pensé devoir nous rendre à tes prières et accorder un privilège apostolique au monastère de Vendôme. » C'est cette confirmation qui excita les craintes de l'évêque de Chartres, ce prélat redoutant de voir amoindrir encore son autorité par l'extension des droits vendômois *. Le pape ne s'en tint pas à la charte de Paris ; Geoffroi avait été invité à Rome par Calixte pour que « de cher qu'il lui était déjà il lui devînt plus cher encore, et d'intime avec lui plus intime* » ; une bulle datée de Rome, le 6 avril, et qui a été donnée entre l'année 1121 et l'année 1124, contient des expressions semblables ^ On y trouve, outre une ratification générale des privilèges vendômois, une mention particulière delà personne de l'abbé que le pape désire « honorer » en même temps qu'il « assistera et favorisera » son monastère*. Peut-être Calixte entendait-il par cet honneur singulier l'investiture de l'église de Sainte- Prisque que Geoffroi réclamait ^
Le pape suivit la môme conduite bienveillante dans les détails particuliers de son ingérence. Il confirma à Geoffroi la possession de la chapelle Saint-Nicolas de Craon qui avait été reconnue à Vendôme par Pascal II*. Il fit plus, car il écrivit à la congrégation et à l'abbé de la Roë pour leur ordonner de cesser toute réclamation sur Saint-Nicolas, dépendant, disait Calixte II, du droit du monastère de la