Au COMTE DE PROVENCE ( LoUIS XVIII
Paris, 20 fructidor an VIII <7 septembre 1800). J 'Ai reçu, Monsieur, votre lettre ; je vous remercie des choses honnêtes que vous m'y dites.
Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France; il vous faudrait marcher sur 100 000 cadavres. Sacrifiez votre intérêt au repos et au bonheur de la France . . . l'histoire vous en tiendra compte.
Je ne suis pas insensible aux malheurs de votre famille ... je contribuerai avec plaisir à la douceur et à la tranquillité de votre retraite.
1 12. Allocution au tribunat,
en réponse au discours de son président 1
Paris, 24 vendémiaire an IX <16 octobre 1800). Je remercie le Tribunat de cette preuve d'affection. Je n'ai point réellement couru de dangers. Ces sept ou huit malheureux, pour avoir la volonté, n'avaient pas le pouvoir de commettre les crimes qu'ils méditaient. Indépendamment de l'assistance de tous les citoyens qui étaient au spectacle, j'avais avec moi un piquet de cette brave garde. Les misérables n'auraient pu supporter ses regards.
La police avait pris des mesures plus efficaces encore. J'entre dans tous ces détails, parce qu'il est peut-être nécessaire que la France sache que la vie de son premier magistrat n'est exposée dans aucune circonstance. Tant qu'il sera investi de la confiance de la nation, il saura remplir la tâche qui lui a été imposée.
Si jamais il était dans sa destinée de perdre cette confiance, il ne mettrait plus de prix à une vie qui n'inspirerait plus d'intérêt aux Français.
113. Paroles du premier consul au ministre de l'intérieur, en remettant au général moreau des pistolets enrichis DE DIAMANTS paris> 29 vendémiaire an IX <21 octobre 1800).
Citoyen Ministre, faites-y graver quelques-unes des batailles
qu'a gagnées le général Moreau; ne les mettez pas toutes, il
faudrait ôter trop de diamants ; et, quoique le général Moreau
n'y attache pas un grand prix, il ne faut pas trop déranger
le dessin de l'artiste.
1 Le président du Tribunat, venait de féliciter le Premier Consul d'avoir échappé à la conspiration d'Arena, Ceracchi et Demerville.
1 14. Proclamation à l'armée d'orient
Paris, 1er ventôse an IX <20 février 1801). Ooldats, le peuple français triomphe en Europe; son armée d'Orient ne trahira jamais ses destins ! Vous défendrez contre tous cette terre, objet de tant d'espérances et fruit de tant de travaux !
Vous êtes nombreux, tous braves, tous couverts de blessures et échappés aux hasards de cent combats ! Aux Pyramides, à Sédiman, au mont Thabor, à Aboukir, à Héliopolis, vous étiez un contre dix.
Si la bravoure est la première qualité du soldat, la constance est la seconde.
A cette méprisable armée du grand vizir se joint aujourd'hui une armée européenne, déshonorée en Batavie, au Ferrol, à Cadix. Elle erre depuis neuf mois sur les mers; elle prétend vous combattre en vous séduisant par ses émissaires. Les mers d'Egyte ont été funestes à nos marins; qu'elles soient témoins de la honte et de la défaite des bataillons anglais; que tout ce qui débarquera reste mort ou captif; que les déserts de Qatyeh soient le tombeau du grand vizir, et que tant de hauts faits attestent aux siècles futurs la gloire du grand peuple, et vous méritent de nouveaux témoignages de la reconnaissance de la patrie.