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COMMANDANT LE CAMP D'UTRECHT

La Malmaison, 21 ventôse an XII <1 2 mars 1804). . . Voyez beaucoup le soldat, et voyez-le en détail. La première fois que vous arriverez au camp, bordez la haie par bataillon, et voyez huit heures de suite les soldats un à un; recevez leurs plaintes, inspectez leurs armes, et assurez-vous qu'il ne leur manque rien. Il y a beaucoup d'avantages à faire ces revues de sept à huit heures; cela accoutume le soldat à rester sous les armes, lui prouve que le chef ne se livre point à la dissipation et s'occupe entièrement de lui ; ce qui est pour le soldat un grand motif de confiance. Laissez-les donc dans

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la croyance qu'avant l'embarquement je me rendrai au camp, et que je viendrai les voir manœuvrer et leur donner des drapeaux.

139. Paroles de napoléon à l'occasion du mariage de jérôme avec mlle patterson rapportees par le contreamiral decres

Saïnt-Cloud, 30 germinal an XII <20 avril 1804).

Jérôme a tort de penser qu'il trouvera en moi des sentiments

qui se prêtent à sa faiblesse; le titre auquel je lui appartiens

ne comporte pas de condescendance paternelle, car, n'ayant

point sur lui les droits d'un père, je ne puis en éprouver le

sentiment; un père s'aveugle, se plaît lui-même à s'aveugler,

parce que son fils et lui s'identifient; ils se sont tant donné et

ont tant reçu l'un de l'autre qu'ils ne font qu'un; mais moi,

que suis- je à Jérôme? Quelle identité peut exister entre

nous? Seul instrument de ma destinée, je ne dois rien à mes

frères; dans ce que j'ai fait pour la gloire, ils ont trouvé de

quoi faire eux-mêmes récolte abondante ; mais pour cela il ne

faut pas qu'ils abandonnent le champ où il y a à recueillir;

il ne faut pas qu'ils m'y laissent isolé et privé de l'aide et

des soins que j'ai le droit d'attendre d'eux. Ils cessent d'être

quelque chose pour moi s'ils ne servent pas près de ma

personne et s'ils prennent une route opposée à la mienne.

Si j'exige autant de ceux de mes frères qui ont déjà rendu

tant de services, si je livre à un entier abandon celui qui, dans

la maturité de l'âge, a voulu se soustraire à mes intentions, à

quoi doit s'attendre Jérôme, tout jeune encore, et qui n est

connu que par l'oubli de ses devoirs? Certes, s'il ne fait rien

pour moi, j'y vois l'arrêt du destin qui a décidé que je ne devais

rien faire pour lui ! . . .

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